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Sihème Bensedrine rompt le silence
Enregistrement de la rencontre de passation Essebsi-Jebali
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 10 - 2012

«En matière de débat, la Tunisie mérite mieux que ces fuites organisées», écrit-elle
J'ai été triste pour mon pays en écoutant l'extrait sonore de la conversation privée qui a eu lieu le 26 décembre 2011 lors de la passation des pouvoirs à la Kasbah entre messieurs Caïd Essebsi et Jebali. Et j'ai eu honte pour le niveau de dégradation du débat public en Tunisie. Notre pays a connu mieux et mérite mieux particulièrement en ce moment où nous devons nous unir contre la violence politique.
Je reviendrai sur le contenu ; mais la première interrogation qui vient à l'esprit est «qui est derrière et pourquoi maintenant» ? Si la partie qui a rendu public cet entretien était soucieuse de dire la vérité aux citoyens, pourquoi ne l'a-t-elle pas fait en décembre dernier, au moment des faits ? Et qui a pu être dans la confidence de cet entretien privé ?
Pour des personnes averties, il est clair que d'après la qualité de l'enregistrement, il a été fait à partir d'un micro professionnel, probablement l'un parmi les nombreux dispositifs des services qui truffent les bureaux des décideurs. Et sur ce plan, je suis encline à penser qu'il s'agit d'une source sécuritaire dont le dessein est de faire échouer la transition et préparer le terrain à quelque coup de force. S'agit-t-il d'une source régulière ou d'officines parallèles au service d'obscurs acteurs ? L'enquête promise, si elle a lieu, nous le révèlera.
C'est la raison pour laquelle je m'abstiendrais de tomber dans leur piège et foncer droit sur le chiffon rouge tendu par le toreador. Je garde suffisamment de lucidité pour comprendre que le marionnettiste n'est ni Caïd Essebsi ni Jebali qui font plutôt office de marionnettes dans l'opérette de quat' sous qui est en train de se jouer.
Pour revenir au contenu, la vraie victime des propos orduriers que l'on a pu entendre, ce n'est pas moi, mais la personne qui les a proférés, comme celle qui les a écoutés en approuvant. Ils sont indignes d'hommes d'Etat qui sont censés être à la hauteur de leur charge républicaine et qui devraient être exemplaires dans leur comportement et leurs propos. Faut-il leur rappeler que l'un des motifs de mépris du peuple tunisien pour Ben Ali était son langage ordurier ?
Je n'ai pas été surprise par cette misogynie primaire, également partagée entre le laïc et l'islamiste, dans l'appréciation sur l'intelligence politique de deux figures féminines de la résistance à la dictature. Si notre cerveau féminin est si inférieur, quel intérêt y a-t-il à nous évoquer lors d'un entretien de passation de la primature ? En quoi ces femmes les dérangent tant ? Elles ne sont pas dans la course au pouvoir qui les obsède. Est-ce parce qu'elles ne les craignent pas et osent dire la vérité qui fait mal ?
Quant aux faits relatés, je regrette vraiment que Caïd Essebsi ait été conduit à compenser l'amnésie par de l'affabulation. Je voudrais ici lui rafraîchir la mémoire et lui rappeler que l'entrevue qu'il m'avait accordée avait eu lieu en mai, bien après le limogeage de Rajhi qui avait eu lieu en mars 2011 et au lendemain de la tentative de levée de l'immunité judiciaire favorisant les poursuites par l'armée contre lui ; j'étais venue dans une mission de médiation en tant que porte-parole du Cnlt (j'ai une qualité pour agir Monsieur Jebali !) en vue d'aboutir à la suspension des poursuites en échange d'excuses publiques que ferait l'ancien ministre de l'Intérieur. Ces poursuites nous auraient mis, nous défenseurs de droits humains ainsi que le corps des juges, en position de le défendre et auraient abouti à une crise ouverte entre le gouvernement et la société civile.
Vous paraissiez très affecté en évoquant les mots durs qu'il avait eus pour vous et je n'en avais parlé à personne jusqu'à ce jour ; ma morale m'interdit d'étaler les moments de faiblesse de mes interlocuteurs ; votre conseiller politique, présent à l'entretien, pourra dire qui de nous avait pleuré ce jour-là et vous m'aviez émue !
En sortant de votre bureau, j'ai croisé le bâtonnier Kilani ainsi que le président de la Ltdh, maître Trifi, venus tous deux pour la même tentative de médiation que moi. Votre préposé à la communication, un certain Sinaoui, avait décidé de passer l'information au JT de la Nationale en m'élaguant des images, sexisme oblige !
Quant au chantage sur la sécurité publique que je vous aurais fait, j'ai déjà répondu à cela dans la lettre ouverte que je vous avais envoyée avant la fin de votre mandat, je constate que vous restez soumis à l'intoxication des services.
Je passe sur les accusations cancanières, dignes de concierges, sur mes prétendues relations avec Rajhi, passibles de poursuites judiciaires ; ils ne font que reprendre dans les mêmes termes et le même style, la basse propagande des services de Ben Ali. Une chose est sûre, Caïd Essebsi a réussi à convaincre l'opinion qu'il était plus à l'aise dans l'habit du courtisan à la cour de Wassila Bourguiba que dans celui d'un prétendant à la magistrature suprême.
Quant à moi, je reste convaincue que ces manières de rabaisser le niveau du débat public visent à éluder les questions qui sont au cœur de la transition démocratique, notamment celles relevant du règlement du passé, l'établissement de la vérité, la sécurisation des archives, la lutte contre l'impunité, le démantèlement des organes de la dictature, le droit à une vraie justice ainsi que le processus des réformes tant attendues.


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