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La sagesse de Salomon
Marges spirituelles
Publié dans La Presse de Tunisie le 23 - 11 - 2012

Le langage est le propre des humains, est-il convenu de dire. Les expériences sont pourtant nombreuses qui nous montrent certaines personnes entrer en communication avec des animaux : chevaux, dauphins, chiens et chats... Il existe, c'est vrai, des formes de complicité entre l'homme et l'animal qui peuvent laisser penser que nous pourrions aller très loin sur ce terrain particulier, pour peu que nous nous débarrassions de nos préjugés réducteurs concernant les capacités de l'animal.
Pourtant, et dans le même temps, il faut bien avouer qu'aussi loin que nous pourrions aller dans le développement d'un échange riche et complexe avec la bête, nous ne pouvons pas sortir d'un certain cadre qui est celui de l'apprivoisement ou du dressage. Donc du conditionnement, qui est le contraire de la libre inventivité. Or, précisément, le langage dépasse ce cadre. Il met en scène deux capacités de produire du sens : capacités telles que chaque interlocuteur est confronté à la possibilité d'être désarçonné par la parole de l'autre, obligé de se ressaisir dans son discours, amené à redéfinir son propos... Entre humains, l'échange par les mots prononcés nous fait traverser cette expérience périlleuse au cours de laquelle nous courons constamment le risque de perdre le sens, de tomber dans le « non-sens ». Expérience, par conséquent, qui nous condamne au sursaut grâce auquel on reconquiert le sens, on l'arrache des ténèbres et, finalement, on goûte à l'éclat de sa lumière native. Cela se passe même entre deux jeunes enfants, lorsqu'ils se mettent à échanger à propos de choses et d'autres.
Nulle épreuve analogue avec l'animal : quand il nous étonne dans ses « réponses », c'est de façon accidentelle et involontaire. On en rit, le plus souvent, parce qu'on lui prête mentalement l'initiative de l'originalité, tout en sachant bien que cela n'est pas vrai.
Maintenant, cette vision des choses qui écarte l'animal du domaine du langage se heurte à une objection, car certaines traditions religieuses nous rapportent une expérience de langage qui exclut que les animaux avec lesquels il y a échange de parole soient apprivoisés. Dans la Bible, le récit du prophète Daniel est édifiant de ce point de vue, puisque ce dernier est livré à des lions dans la fameuse fosse. Certes, il n'y a pas échange de paroles sonores : le langage avec les lions emprunte une voie autre. Mais il est suffisamment puissant pour que ces bêtes sauvages, de carnassières qu'elles sont et portées d'instinct à déchiqueter et à dévorer, deviennent douces et prêtes à l'obéissance... Quelque chose les a touchés, qui relève de la parole.
On peut douter de la véracité du récit, on ne peut manquer de relever ce vers quoi il nous fait signe : la possibilité d'un langage avec l'animal, en tant qu'il est sauvage... En tant qu'il échappe à l'univers de l'homme, de ses coutumes et de ses normes !
Dans la tradition monothéiste, la figure de Salomon est unanimement associée à celle d'une grande sagesse, malgré des écarts de conduite et des errements. Cette sagesse elle-même nous est présentée, à travers son étendue, comme une connaissance couvrant le règne des animaux... Mais Salomon ne connaît pas les animaux à la manière des zoologistes : il les connaît selon une approche plus intime. Le texte coranique est sans doute plus explicite : il parle d'une « connaissance du langage des oiseaux »... Et la question se pose de savoir si cette connaissance est un élément parmi d'autres dans cette sagesse de Salomon ou si elle n'est pas plutôt logée en son cœur, en sa profondeur.
En fait, il est bien question du cœur de la sagesse. Ce type de connaissance des animaux n'est pas périphérique. Dans la mesure où elle se confond avec une capacité de parler avec les animaux, elle se situe dans un mouvement de ressouvenir, de retour vers l'ordre d'une communauté primordiale qui unit l'homme et l'animal dans un même geste de création, dans un même élan de fécondité divine...
Ce qui signifie que, de son côté, l'animal, dans son mutisme, ramène l'homme à cette parole ancienne qui précède le langage humain et ses conventions. Il le rappelle à l'ordre d'une commune appartenance où le langage est vibration : vibration avec le mouvement créateur.


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