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Société civile : L'indignation est générale
Assassinat de Chokri Belaïd
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 02 - 2013

Des personnalités de différentes tendances politiques et des composantes de la société civile ont dénoncé, dans des déclarations à l'agence TAP, l'assassinat du secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, Chokri Belaïd, survenu, hier matin, devant son domicile dans la banlieue de Tunis.
Le président du mouvement Ennahdha, principal parti au pouvoir, Rached Ghannouchi, a dénoncé ce qu'il appelle «une lâche agression d'une personnalité politique et un leader national», estimant que ce meurtre ne vise pas une personnalité, un leader ou un parti en particulier. Il s'agit, a-t-il dit, d'une atteinte à la stabilité en Tunisie et à la transition démocratique dont l'intention est de perturber l'agenda de l'action nationale.
Il a mis en garde contre ces actions qui, selon ses propos, «ouvrent grande la porte devant l'assassinat politique», qualifiant leurs auteurs «d'ennemis de la nation et de la démocratie».
Ghannouchi a appelé le peuple tunisien à «faire preuve de calme et à ne pas verser l'huile sur le feu ou prendre position qui pourrait faire monter la tension», soulignant la nécessité d'œuvrer à «délimiter ces dépassements et ces actions criminelles et tout ce qu'elles pourraient engendrer comme discours incitant à la violence, laquelle n'est pas dans l'intérêt de la nation».
Il a appelé le gouvernement à décréter cette journée «journée de deuil national en solidarité avec le disparu et sa famille ainsi que pour dénoncer l'assassinat politique».
Révéler la vérité et arrêter les criminels
Le membre du bureau politique du parti Nida Tounès, Mohamed Lazhar Akermi, a, de son côté, estimé que l'assassinat de Belaïd constitue «un lâche assassinat politique prévu et un crime ignoble». Il a ajouté que «ce coup dur met fin à la transition démocratique qui s'est enlisée depuis l'apparition des milices».
Il a fait remarquer que l'assassinat constitue «un avertissement adressé aux personnalités politiques et aux partis d'opposition, ce qui confirme la possibilité de l'existence d'une liste de personnes à abattre», affirmant que le commencement des assassinats est, d'après lui, «une des répercussions de la mainmise sur l'appareil de l'Etat».
Akremi a appelé le ministre de la Justice, Noureddine El Bhiri, a quitté le ministère après cet accident qui a édifié le système judiciaire à l'image de celui adopté par Béchir Tekkari (ministre de la Justice sous Ben Ali). Il s'agit «d'un système incapable de révéler la vérité», selon ses dires.
Pour sa part, le porte-parole d'El Massar Samir Bettaieb a indiqué : «Des actes pareils à celui dont a été victime Chokri Belaïd étaient prévus», notant que l'attention du gouvernement a été attirée, depuis des mois, sur les actes de violence qui pourraient aller jusqu'au meurtre. Il a accusé directement le président du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi qui «considère ces assassins parmi ses fils et porteurs d'un projet culturel».
La dernière déclaration du Conseil de la choura (du 2 fevrier) qui a soutenu les détenus impliqués dans l'assassinat de Lotfi Naguedh (responsable régionaldu parti Nida Tounès tué à Tataouine) a donné le feu vert à ces groupes pour poursuivre leurs desseins.
Bettaieb a exhorté les militants du mouvement Ennahdha à faire face à cette orientation suicidaire que dirige, selon ses propos, «Rached Ghannouchi et certains extrémistes au sein du mouvement».
Il a également appelé le gouvernement à assumer pour une fois ses responsabilités totales dans la révélation de la vérité et l'arrestation des criminels et de tous ceux qui sont impliqués dans cette affaire.
Pour un gouvernement de crise
«Aujourd'hui, il importe de faire une lecture approfondie de ce crime», a indiqué Hamma Hammami, secrétaire général du Parti des travailleurs et porte-parole officiel du Front populaire, estimant que «le but de cet assassinat est de terroriser et de faire taire les Tunisiens, notamment les forces démocratiques appelées, aujourd'hui, et plus que jamais, à unifier les rangs contre les forces obscurantistes qui prônent la violence et la mort».
M. Hammami a imputé au gouvernement la responsabilité de ce crime, affirmant dans ce sens: «Le gouvernement aurait dû écouter les voix ayant appelé, à maintes reprises, à stopper la violence politique qui sévit jusque dans les mosquées et les établissements éducatifs».
Il a rappelé que Chokri Belaïd avait reçu des menaces écrites et directes, «mais le gouvernement n'a pris aucune mesure».
M. Hammami a, dans le même cadre, déclaré que «des parties tentent de faire glisser le pays vers l'inconnu», ajoutant que «ces parties ne veulent pas que la Tunisie progresse mais qu'elle s'effondre totalement».
«Avec cet assassinat, le gouvernement perd aujourd'hui toute légitimité. Il a encore une fois prouvé son incapacité et doit démissionner pour laisser la place à un gouvernement de crise», a-t-il conclu.
Le coordinateur général de l'Alliance démocratique, Mohamed Hamdi, a, pour sa part, affirmé que l'assassinat de Chokri Belaïd fera l'effet d'un «électrochoc» qui réveillera les politiciens et tous les Tunisiens afin qu'ils s'unissent pour préserver les acquis du pays et faire aboutir le processus de transition démocratique.
«Ce qui est arrivé aujourd'hui était prévisible à cause du climat tendu et de l'escalade de la violence dans le pays», a-t-il soutenu.
Mohamed Hamdi a appelé le gouvernement et les forces de sécurité «à assumer leur responsabilité en maîtrisant la situation générale, la libre circulation des armes et la prolifération des groupes terroristes» dans l'objectif de préserver l'unité et la sécurité du pays qui se trouvent aujourd'hui menacées.
Pour sa part, Tarek Kahlaoui, membre du bureau politique du Congrès pour la République (CPR), a qualifié l'assassinat de Chokri Belaïd «de crime ignoble qui a visé une personnalité connue pour son combat militant sous la dictature et pendant la Révolution».
Il a, en outre, appelé «à l'arrestation des criminels afin de permettre aux Tunisiens en général et les politiciens en particulier de retrouver la paix».
La Tunisie est entrée dans une impasse
De son côté, Houcine Abassi, secrétaire général de l'Ugtt, a déclaré : «Nous avons depuis longtemps tiré la sonnette d'alarme quant au danger de la violence dans lequel s'enfonce le pays. Aujourd'hui, nous sommes parvenus jusqu'à la liquidation physique». C'est pourquoi, a-t-il précisé, «on a besoin aujourd'hui plus que jamais d'un dialogue global entre les Tunisiens en dépit de leurs divergences d'opinions pour faire face aux forces qui adoptent un discours de violence qui ne peut entraîner que des tragédies».
Il a tenu à signaler que l'initiative lancée hier par Chokri Belaïd en faveur de la tenue d'un congrès contre la violence a eu la réponse: «Faire taire quiconque essaie de réunir les Tunisiens autour d'une table de dialogue».
De son côté, Maya Jribi, secrétaire générale du Parti républicain, a souligné que l'assassinat de Belaïd vient de prouver que «la Tunisie est entrée dans le tourbillon de la violence». Elle a dans ce sens relevé que «l'escalade des événements qui ont abouti à la liquidation physique est le résultat naturel du silence sur ce fléau qui a commencé à heurter la scène publique et politique».
Elle a, par ailleurs, indiqué que son «parti avait averti dès le début quant aux conséquences tragiques de la violence politique qui a commencé à toucher des personnalités politiques». Cependant, «nos appels répétés n'ont pas été pris au sérieux», a-t-elle fait remarquer.
Mohamed Bennour, porte-parole du Forum démocratique pour le travail et les libertés Ettakattol, a déclaré que ceux qui se cachent derrière «ce crime planifié, exécuté ce matin», ne «croient nullement à la liberté ni à la démocratie».
A son tour, Mohamed Brahmi, coordinateur général du mouvement Echaâb, a déclaré que «la Tunisie est entrée dans une impasse», ajoutant que «la stratégie politique d'Ennahdha est susceptible de pousser le pays vers une tourmente» en essayant, selon lui, «de dissimuler sa crise interne ainsi que sa crise au sein de la Troïka». Une crise qui se traduit, selon ses propos, «dans son échec jusqu'à aujourd'hui à fixer la nouvelle composition du gouvernement». Il a, dans ce sens, imputé la responsabilité notamment au «ministre de l'Intérieur, pour identifier dans les plus brefs délais les criminels car tout retard est susceptible de compliquer la situation et de raviver le climat haineux et la violence».
Pour sa part, Jounaydi Abdeljawed, dirigeant au parti El Massar, a indiqué que «ce crime odieux rappelle celui du syndicaliste Farhat Hached», faisant observer que son parti «avait alerté quant au tournant dangereux vers lequel s'engouffre le pays».
Il a appelé le gouvernement «à assumer son entière responsabilité et à reconnaître son échec en vue de faire face à la prolifération du fléau de la violence et à tous ceux qui visent à imposer par la force un certain mode de vie».
Quant à Mehdi Ben Gharbia, du parti de l'Alliance démocratique, il a fait remarquer que «certaines parties veulent aborder les élections en attaquant des partis d'opposition et des personnalités politiques». Dans ce sens, a-t-il signalé, «le gouvernement n'a que deux choix: mettre fin radicalement à ces parties ou démissionner».
Le bureau politique du Parti des forces du 14 janvier 2011 a considéré que «l'assassinat de Belaïd est un acte criminel horrible», faisant part de sa crainte que «ce crime odieux ne soit une menace pour la sécurité du pays et sa stabilité».
Dans une déclaration écrite dont l'agence TAP a obtenu une copie, Mohamed Hachmi Hamdi, dirigeant de la Pétition populaire, a souligné que l'assassinat de Chokri Belaïd marque «le plus grand crime dans l'histoire contemporaine de la Tunisie», mettant l'accent sur «la nécessité pour les Tunisiens de s'unir en un seul front en condamnant cet assassinat». Il a ajouté que «les terroristes qui ont commis cet acte ignoble n'est qu'une traîtrise de la révolution et de ses valeurs de liberté et de démocratie».
Il a, par ailleurs, indiqué qu'il est du «devoir du gouvernement aujourd'hui et plus que jamais de démissionner immédiatement et de laisser à l'Assemblée nationale constituante (ANC) les prérogatives de choisir un nouveau gouvernement pour protéger les citoyens dans leur sécurité et barrer la route devant le terrorisme», selon ses propos.


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