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Comment juguler la violence politique ?
Question de l'heure
Publié dans Le Temps le 26 - 12 - 2012

«On dirait que nous vivons dans un manège et que nous tournons en rond», déclare Houda Chérif
«Nous proposons la tenue d'un congrès national contre la violence», affirme Chokri Belaïd
«Lorsqu'on commencera à parler de notre développement, je crois que la violence s'estompera», précise Mohammed Bennour
Des actes de violence émaillant, l'année dernière, l'enceinte de la Faculté des Lettres et des Humanités à La Manouba, d'autres au Palais El Ebdellia à La Marsa,
des journalistes sont attaqués, une tentative d'invasion de la place Mohamed Ali, le 4 décembre courant, précédée de manifestations qui ont dégénéré entraînant la mort tragique de Lotfi Naguedh à Tataouine, une réunion politique de Nida Tounes à Djerba fut gâchée et ses participants attaqués et séquestrés durant des heures... Les scènes d'agression et de violence deviennent monnaie courante contre les manifestations et meetings politiques. Quelles sont les raisons qui poussent ces matraqueurs à infester l'environnement politique? Qui en est responsable ? Serait-ce dû à une question de mentalité à un manque de culture sociale et politique ou à une défaillance en matière d'éducation ? Comment y remédier et dompter ces fauteurs de trouble ? Que faire pour éradiquer la violence politique ?
Mohamed Bennour, porte parole d'Ettakatol, pense que « la violence politique est la résultante de la violence verbale qui s'installe sur les plateaux de télévision. La provocation qui tend à ridiculiser l'adversaire touche le prestige de l'Etat. Il n'y a aucune ligne rouge à observer qui touche à l'autorité de l'Etat et le respect des institutions ». Il déplore que « tout soit permis ». Il prévient que « ça nous conduira petit à petit à l'anarchie, puis au chaos ». Il invite la classe politique à se remettre en question. Il pense qu'un autre dialogue doit s'installer. Un vrai dialogue, non un dialogue de sourds, dont l'objectif est l'intérêt supérieur à l'Etat. L'Etat, aujourd'hui est en danger. Beaucoup d'armes circulent dans le pays. Des organisations terroristes menacent la sécurité du pays, alors que la classe politique est en train de se chamailler autour de choses futiles. Alors que le pays est en danger, je déplore le comportement irresponsable de certains gens inconscients qu'ils sont à d'alimenter des discussions byzantines sans intérêt et délaissent les vrais problèmes à aborder comme le chômage et le développement qui servira le pays. Au lieu de perdre son temps à se chamailler, il aurait été plus utile d'inviter les grandes compétences du pays. Elles ont beaucoup d'idées et peuvent être très utiles. « Il faut s'entendre sur ce qu'on peut faire à court, moyen et long terme. Lorsqu'on commence à parler de notre développement, je crois que la violence s'estompera », dit-il. Il recommande d'attendre la campagne électorale pour la faire. « J'ai l'impression que nous sommes dans une campagne électorale depuis la parution des résultats des élections du 23 octobre. Personne n'est en train de construire. Le Tunisien moyen le pense et les gens sont excédés par ce qu'ils entendent et ce qu'ils voient comme combats de coqs qui n'avancent à rien ».
Houda Chérif, une des dirigeants du Parti Républicain, plus connu sous le nom Al-Joumhouri, pense que la violence a dépassé toutes les limites, qu'elle soit au sens physique, émotionnel ou verbal du terme. Elle considère que « le manque de consensus est derrière cette montée de la violence ». Elle déplore une certaine arrogance de la classe politique qui a la prétention d'avoir une certaine légitimité. Elle ne regarde pas autour d'elle. Elle explique la montée de la violence aussi par une défaillance dans l'éducation. « Tous les problèmes du pays trouvent leur essence dans le manque d'éducation. Il manque aux personnes violentes l'éducation adéquate pour faire la part des choses. Par conséquent on devient facilement influençable et irritable », dit-elle en ajoutant que « si la Justice transitionnelle avait commencé, les régions marginalisées n'auraient pas eu le sentiment de désespoir. Elles ont le droit au développement. Même si l'argent manque, des promesses honnêtes et réalistes auraient apaisé les tensions sociales ». Elle est sidérée par ce qu'elle a vu du débat de lundi dernier sur Attounissya. « Il n'y a plus de dialogue. On dirait que nous vivons dans un manège et nous tournons en rond », dit-elle. Elle espère que les forces démocrates s'unissent. « C'est le moment. Espérons tout de même que la société civile agisse davantage pour encadrer un peu les citoyens. Elle ne doit pas se cramponner dans l'apolitisme, car tout le monde fait de la politique. Faire de la politique est une cause noble dans le sens où l'on se met au service du peuple et du pays et non dans un esprit restreint se limitant à exercer le pouvoir. Lorsque le politicien a la pleine conscience et la profonde conviction qu'il est au service du peuple, tout s'arrangera par la suite. Mais tant qu'il se limite à la compréhension de la politique dans le sens de l'exercice du pouvoir, nous n'avancerons pas ».
Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti des Patriotes Démocrates Unifié et un des dirigeants du Front populaire, n'y va pas du dos de la cuillère. « Pour sortir du cercle vicieux de la violence politique, il faut la définir et en chercher les responsables. C'est une violence exercée par les milices et des groupes opposés à la vie civile et aux valeurs démocratiques. Ils veulent imposer leur volonté aux Tunisiens en utilisant la violence ». Il en impute la responsabilité fondamentale à Ennahdha qui offre « la couverture politique aux groupes salafistes et aux milices des comités de protection de la Révolution en mobilisant les mosquées pour en faire des tribunes pour des discours agitateurs semant la discorde et instrumentalisant les sentiments religieux des citoyens. Rached Ghannouchi a donné une couverture politique à ces milices. La violence a touché tous les Tunisiens, individus, femmes, étudiants, artistes, hommes de médias et partis politiques. L'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), a été lâchement agressée le 4 Décembre la veille du jour anniversaire de l'assassinat de Farhat Hached ». Quelle est la solution pour mettre fin à la violence ? Chokri Belaïd, pense que la solution se situe à deux niveaux. Le premier est le niveau juridique. « Le chef du Gouvernement est appelé à geler les activités des comités de ces milices et transmettre leurs dossiers à la Justice afin qu'elle suive ceux qui ont commis des crimes ». Le 2ème niveau est politique. « Nous proposons la tenue d'un congrès national contre la violence, pour imposer un climat politique civil, pacifique et démocratique. Les forces de la société civile élaboreront un manifeste contre la violence. Il servira de plate-forme politique et morale. Nous appelons à la mobilisation de la Rue et des masses dans toutes les villes du pays, contre la violence, car elle fait partie d'un plan méthodique de certaines parties d'Ennahdha, pour pousser le pays vers la violence, l'anarchie et les assassinats. L'Etat et ses institutions sont visés. La lutte contre la violence est une mission unificatrice qui concerne tous les Tunisiens».
La frange modérée d'Ennahdha aura-t-elle compris le message ?


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