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Indécision et perplexité face au puzzle syrien
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 05 - 2013


Par Hmida BEN ROMDHANE
Y a-t-il eu usage d'armes chimiques en Syrie ? Cette question ne cesse de faire l'objet de larges spéculations sur la scène internationale. Les contradictions et l'absence de preuves qui ont marqué le traitement de cette question ont engendré un état de perplexité et d'indécision dans les centres de décision internationaux.
La perplexité et l'indécision sont particulièrement visibles à Washington où le président Obama est désorienté et ne sait pas quelle décision prendre. Il a certes affirmé que l'usage des armes chimiques est «une ligne rouge» dont le franchissement entraînerait une réaction américaine. Mais jusqu'à maintenant, les Etats-Unis ne savent «ni comment, ni où, ni qui a utilisé ces armes chimiques».
Au mois de mars dernier, des services de renseignements américains ont laissé entendre que l'opposition armée au régime de Bachar Al-Assad a utilisé des armes chimiques, donnant comme preuves deux éléments concrets : 1- les victimes sont parmi l'armée gouvernementale ; 2- le type d'armes utilisé est «primitif» et «ne fait pas partie de l'arsenal syrien».
L'opacité qui entoure l'usage d'armes chimiques et l'incertitude de leur sort dans un conflit qui ne cesse de s'intensifier nourrissent de grandes inquiétudes à Washington. Le représentant démocrate au Congrès, Jan Schakowsky, estime que «si le président Assad quittait le pouvoir, ses opposants s'empareraient des armes chimiques qui pourraient se retrouver entre les mains des ennemis des Etats-Unis. Dans l'après-Assad, cet arsenal serait en danger et nous serons confrontés à un trouble beaucoup plus grand.»
Les inquiétudes de Jan Schakowsky, exprimées face à ses collègues du Congrès, mettent en évidence l'impasse dans laquelle se trouve l'administration américaine vis-à-vis du conflit syrien. Aux Etats-Unis, c'est connu, il y a des forces qui poussent énergiquement vers une intervention armée en Syrie. Elles sont attirées par les troubles dans le monde arabe, comme les terroristes d'Al Qaida le sont par la présence américaine. Les uns comme les autres se soucient très peu des conséquences de leurs conduites, le but étant pour les extrémistes américains d'élargir au maximum la sphère de «l'anarchie créatrice» dans le monde arabe, et pour les extrémistes islamistes de s'assurer une place au paradis en combattant, à travers les forces américaines, «l'Occident impie».
Le président Obama fait sans aucun doute l'objet de pressions de la part de ces forces extrémistes américaines en vue d'une intervention militaire en Syrie. Jusqu'à présent, il résiste. Sa résistance s'explique par sa conscience aiguë des dangers immenses qu'engendreraient la répétition du scénario irakien pour la Syrie.
L'Irak de 2003 était dépourvu d'armes de destruction massive et l'intervention américaine n'a pas provoqué d'élargissement du conflit en dehors des frontières irakiennes. Les choses sont très différentes pour la Syrie de 2013. L'arsenal d'armes chimiques est entre les mains des forces gouvernementales, seules à pouvoir en assurer la sécurité. Et une intervention des forces étrangères dans ce pays entraînera inéluctablement un élargissement du conflit au-delà des frontières syriennes.
Les forces de l'Otan ont détruit le régime de Kadhafi et elles sont parties, livrant le pays à une anarchie indescriptible où l'Etat s'éclipse là où les milices armées font leur apparition. Toutefois, cette anarchie est restée circonscrite dans le cadre libyen, sans possibilité de débordement au-delà des frontières avec la Tunisie, l'Algérie et l'Egypte. De même, l'anarchie libyenne ne peut franchir les sables mouvants du Sahara pour toucher le Tchad, le Niger ou encore le Soudan.
Les choses sont très différentes pour la Syrie. Si l'Otan ou les forces américaines rééditaient l'erreur commise en Libye et infligeaient à Bachar Al-Assad le même sort que Kadhafi, c'est toute la région qui brûlerait. Si le régime tombait et la Syrie entrait dans une anarchie généralisée, il est impensable que l'onde de choc que libèrerait la chute du régime syrien n'atteindrait pas le Liban, la Jordanie, la Palestine, et même l'Irak et la Turquie.
Ce scénario cauchemardesque est ce que désirent ardemment les extrémistes de tous bords, et en particulier les terroristes d'Al Qaida qui quitteraient l'Irak, le Mali, l'Afghanistan, le Pakistan et la Tchétchénie pour converger vers une plus grande aire d'anarchie où ils seraient comme un poisson dans l'eau.
Et l'on arrive ici à la question fondamentale relative à la réaction d'Israël une fois ce pays se trouve entouré de pays instables et menacé par des vagues humaines lâchées par cet état d'anarchie généralisé ? Il faut rappeler qu'Israël est assis sur deux cents têtes nucléaires au moins. Et dans le cas où ce pays se sentirait menacé dans sa survie, hésiterait-il à recourir à ses armes de destruction massive ?
La Syrie a toujours été une pièce maîtresse dans les calculs faits par les uns et les autres avant de décider de la politique à suivre au Moyen-Orient. Les troubles que vit ce pays depuis plus de deux ans n'ont en rien affecté cette vérité. Stable ou instable, anarchique ou sécurisée, la situation en Syrie a toujours affecté toute la région. Le président américain serait bien inspiré de dépasser l'état d'indécision et de mesurer l'ampleur des dangers pour toute la région en cas d'intervention étrangère contre le régime syrien. Peut-être la décision désastreuse de son prédécesseur et ses conséquences terrifiantes pour l'Irak et pour les Etats-Unis l'aideraient-elles à prendre la bonne décision, au risque de décevoir les extrémistes de tous bords.


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