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Marseille, c'est au poil
Autrement dit...
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 06 - 2013


Par Bady Ben Naceur
Non, chers lecteurs, je ne vais pas vous parler de «Marseille, capitale culturelle de l'Europe», vous pouvez, si l'envie vous chante, aller la découvrir — ou la redécouvrir — dans son nouveau décor, plutôt futuriste : ses espaces, aux architectures inouïes, gagnés sur certains tissus urbains anciens, ses percées à la Haussman, ses docks plus aérés, respirant à pleins poumons le large, son Mucem, ses musées, ses théâtres, ses concerts de musique... et puis, surtout, cette merveilleuse population, résultat d'un brassage de civilisations méditerranéennes, de métissage des cultures, fruit de contacts entre l'Afrique, l'Orient et «l'Europe aux vieux parapets» (dixit Rimbaud). Toute la fraternité humaine, quoi!
Le Marseille dont je voudrais vous parler, ici, est celui que j'avais découvert (vraiment) la première fois, au début des années quatre-vingt-dix quand Léo Ferré y donnait encore du refrain «Ô Marseille on dirait/que ta voix a changé» et quand Bernard Tapie — qui s'en tape encore dans le business !— faisait les beaux jours de l'OM.
C'était du côté du Vieux Port et qu'un ami, graphiste de talent, avait reproduit sur des tee-shirts blancs — des milliers de tee-shirts vendus — à l'image d'une boîte de sardines ouverte avec ces poissons bleus alignés comme des gisants déplacés du Grand Bleu...
Grâce à mon pote Richard Martin, fils spirituel de Léo, archer libertaire avec son réseau de camarades qui faisaient naviguer le théâtre Toursky comme sur un bateau (pour la cause du peuple), je séjournais à la Résidence du Vieux Port, un hôtel qui était passé de main en main, m'avait-on dit, de Fernandel à Gabin, en passant par Delon. C'était à l'époque de Pagnol «avé l'assen de Marseilleuu...» et des polars des parigos quand la ville des Phocéens était une «plaque tournante». L'est-elle encore ? Dans ce milieu, surtout, ne vous posez pas la question...
De jour, mais surtout le soir tombé, tout le port était illuminé de mille feux sous un ciel de velours et auquel Notre Dame de la Garde, dans ses ors, apportait toute sa bénédiction.
C'est dans ce 1er arrondissement que je fis la connaissance d'Alain Timerman — on l'appelait Tim —, un Normand quadragénaire comme moi et qui vivait depuis quelques années dans un petit bateau amarré au quai parmi les yachts cossus et, surtout, le fameux galion de Tarak Ben Ammar qui fut la «vedette» du film Angélique, Marquise des Anges. Tim, l'année précédente, avait fait un tabac en créant «Marseille, c'est au poil».
Un slogan qu'il avait imaginé dans l'un des bars célèbres du Vieux Port que fréquenta le célèbre Ali Douagi lors de son périple méditerranéen et qu'il mit en pratique. Cela avait consisté à l'obtention amicale ou forcée d'épilation ou d'arrachage de poils de personnalités célèbres de Marseille. Cela allait de Vigouroux, le maire d'alors, en passant par d'autres élus, des artistes, des écrivains, des marins, des patrons de bars, etc. Et il avait dans un ouvrage, que je possède encore, consigné des chapitres pour décrire les situations souvent rocambolesques de l'arrachage de ces poils. Bernard Tapie, notamment avec lequel Tim allait presque se faire tabasser, mais qui le lui pardonna quand il vit le gai Normand, marseillais de cœur, venir lui offrir l'ouvrage et l'inviter à l'exposition des cent-onze poils encadrés et où figurait l'anecdote de l'arrachage en question. Tim avait même sérigraphié des tee-shirts semblables à ceux de la boîte de sardines, mais avec les personnalités conquises, enserrées dans le bassin du port.
Nous nous somme quittés et revus plusieurs fois et, un jour, il me dit : «Après "Marseille c'est au poil", j'ai envie d'aller chez toi». C'est ce qu'il fit en juin 1995 et que j'allais le chercher au port de La Goulette. Nous avons essayé de faire «Tunis, c'est au poil». Mal nous en a pris avec des citoyens tunisiens récalcitrants qui pensaient que l'on bafouait leur honneur, le côté macho, eh oui !
J'appris beaucoup plus tard, presque vers l'an 2000, que Tim Alain s'était noyé à Madagascar lors de son périple avec son bateau. Aujourd'hui encore, quand je vais à Marseille, je vais aux bars qu'il fréquentait et il y a toujours quelqu'un qui se rappelle de lui.
Et cela me donne la larme à l'œil d'entendre sa voix: «Marseille c'est au poil ! Tunis, c'est au poil ! Allez, on y va...».


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