Le départ du buteur prive le nouvel entraîneur Ben Sassi de son meilleur atout. «Au même titre qu'un club, un joueur doit de son côté respecter son contrat jusqu'au bout». Khaled Ben Sassi, le nouvel entraîneur de la Palme de Tozeur qui s'exprime ainsi, ne croyait pas si bien dire quand on mesure l'étendue de l'exode qui accable le club depuis le premier jour du mercato hivernal. «J'ai discuté dernièrement avec Slim Bacha afin de le convaincre de rester, et voilà qu'il a repris. Parmi les cinq partants, seul Ali Ben Naceur joue régulièrement. Mais voilà que Nizar s'en va», constate-t-il, ulcéré par la saignée qui continue d'affliger son effectif. La plus grosse perte concerne le départ vendredi dernier de Nizar Aissaoui pour l'Union Sportive Monastirienne avec laquelle il a signé un contrat de 18 mois. Car tout le jeu de la Palme tournait autour de l'ancien avant-centre de Grombalia Sport, 3e au classement des buteurs avec cinq réalisations. «Nous devons nous adapter et améliorer notre maîtrise du jeu, suggère Ben Sassi. Le club pratiquait un même schéma qui avait fait en début de saison ses preuves avant de voir les adversaires s'y préparer en conséquence et le neutraliser assez facilement: celui d'un jeu direct à la recherche de la tête de pont Nizar Aïssaoui: on met quelqu'un avec lui sur le front offensif, et quelqu'un derrière, et le tour est joué ! Maintenant, ce stéréotype grince. Il faut jouer rapide et en déviations et investir suffisamment de qualités techniques afin de construire le jeu. Jadis, toute la pression pesait sur le pilier offensif Aïssaoui. A domicile, notamment, on doit jouer un foot mieux élaboré, capable de surprendre. Mon prédécesseur, Lotfi Kadri, a fait un excellent travail, mais à un certain stade, il faut savoir évoluer. Nous ne possédons pas la qualité technique du Club Sfaxien pour chercher à imposer notre supériorité à tout prix. Les petits clubs, on le sait, jouent avec leurs armes. Le changement reste inévitable, nous ne pouvons plus bénéficier de l'effet de surprise et devons réinventer un autre schéma», insiste-t-il. Bhar et Bahri engagés Le club du Djérid tente de remédier à l'exode massif. L'alerte a été donnée. Le président Tarek Maâmoum et le maître d'œuvre de la campagne de recrutements, Ali Hafsi Jeddi, ancien président de la FTF, ont mis la main à la poche pour faire signer sous forme de prêt l'arrière central de l'Espérance Sportive de Zarzis, Malek Bhar. Hier, devait être conclue l'arrivée dans le Djérid de Mohamed Amara (ex-ES Béni Khalled) et Blaise Kouassy et Moez Aloulou (ex-CS Sfaxien). «L'entraîneur n'a pas de baguette magique», rappelle Ben Sassi dans une lapalissade qui n'en exprime pas moins toute son inquiétude quant à la qualité du potentiel humain dont il va hériter pour le reste de la saison par suite des va-et-vient de ce mercato très agité au Djérid. «C'est un moment charnière dans la vie du club, fait remarquer le successeur de Lotfi Kadri. Je n'ai pas exigé de me recruter 20 joueurs. J'ai donné aux dirigeants une liste comprenant un défenseur axial, un arrière-droit (où nous avons pris Wael Bahri, ex-ST, ESHS...), deux pivots récupérateurs-relanceurs et un attaquant. Toutes les lignes sont ainsi concernées. Nous avons en tout cas la chance de ne pas jouer ce dimanche. Ce répit doit nous permettre de compléter notre marché et d'intégrer un tant soit peu les nouvelles recrues», souligne Ben Sassi qui se prépare à tous les scénarios. Y compris celui de s'en aller si satisfaction n'est pas apportée avant mardi prochain à sa demande de booster l'épine dorsale de l'équipe. L'argent étant le nerf de la guerre, on a beau éviter d'y penser, les ressources financières reviennent régulièrement au galop. La Palme va mettre à profit la trêve forcée en disputant ce dimanche un match amical face à Kawkab Deguech ou Wahet Nafta. «Ce test va me permettre de voir où nous en sommes au niveau de l'effectif à quelques jours de la clôture du mercato», conclut le coach «Jaune et Vert».