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Le dilemme eau-énergie (II)
Tarification de l'eau potable en Tunisie
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 02 - 2014

La seule tarification ne fait que masquer d'autres problèmes de gestion des ressources en eau
Le sort de l'eau et celui de l'énergie sont intimement liés. D'ailleurs, cette année, la journée mondiale de l'eau organisée sous l'égide de l'Unesco le 22 mars de chaque année est consacrée au thème «Eau-Energie». L'énergie est utilisée pour pomper l'eau brute que ce soit au niveau des barrages ou des nappes souterraines, la transporter aux sites des stations de traitement, pour la stocker dans des réservoirs et pour la distribuer jusqu'aux robinets des usagers. Des centaines de stations de pompages sont installées sur l'ensemble du réseau de production de l'eau potable.
En 2011, pour les 390 Mm3 d'eau facturés, la facture énergétique de la Sonede a été de 44 millions de Dinars (électricité et carburant), soit environ 15% du chiffre d'affaires. Ceci correspond à un coût énergétique d'environ 113 millimes pour chaque m3 d'eau facturé. Ce coût énergétique représente 73% du coût de la facturation de l'eau potable pour la tranche inférieure à 20 m3/trimestre à 42% pour la tranche inférieure à 40 m3/trimestre. Un coût énergétique très élevé.
L'optimisation de l'énergie
est bénéfique
Les réseaux d'approvisionnement en eau potable sont de gros consommateurs d'énergie. Le coût de la facture énergétique pourra être divisé par deux si la Sonede opère par l'optimisation systématique de la consommation d'énergie à tous les niveaux. Compte tenu de l'augmentation des besoins en eau potable, de l'évolution de la température et de la dégradation de la qualité de l'eau brute, conséquence du changement climatique, les coûts énergétiques pour le traitement ne pourraient qu'augmenter. Pour cela, une nouvelle politique énergétique devra être développée par la Sonede en opérant par :
l'analyse énergétique au prélèvement, à la production et à la distribution de l'eau
l'optimisation du fonctionnement des pompes ;
la réduction des fuites et des pertes d'eau dans les réseaux ;
la production d'électricité « courant vert » ou de chaleur sur les réseaux d'eau potable.
Le dessalement de l'eau de mer : une production d'eau potable extrêmement énergivore
Selon les données de la Sonede de 2012, la consommation énergétique spécifique a été de 0,580 kwh/m3. Cette consommation semble selon la Sonede avoir amorcé une phase de stabilisation prouvant l'efficacité de la politique énergétique de le Sonede. Or, on a oublié que cette consommation énergétique va augmenter énormément par la mise en place de nouvelles stations de dessalement d'eau de mer. En effet, le dessalement d'eau de mer à Djerba engendrera des coûts supplémentaires puisque la consommation énergétique serait comprise entre 3 et 4 kWh/m3 et donc un coût du m3 d'eau potable avoisinant 1 euro sans compter les coûts relatifs à la dégradation de l'écosystème marin par le rejet de la saumure.
Sans une augmentation supplémentaire et consistante de la tarification de l'eau potable, la Sonede ne pourra pas absorber le déficit encore plus important lorsque la station de dessalement de Djerba de capacité 50 000 m3/jour sera mise en exploitation suivi de celle de Zarrat à Gabès (100.000 m3/jour) et de celle de Sfax (100.000 m3/jour en première phase).
Transfert des eaux du Nord
ou dessalement, quelle priorité ?
Recourir au dessalement d'eau de mer alors que nous disposons de plusieurs centaines de millions de m3 d'eau stockés dans nos barrages et rejetés en mer ceci nous semble peu admissible pour un pays qui est sous stress hydrique et qui doit gérer de façon optimale ses ressources. En effet, le barrage Sidi El Barrak de capacité 270 Mm3 et celui de Barbara de capacité 70 Mm3 sont inefficacement gérés puisque ces barrages sont constamment pleins depuis leur date de mise en eau (2000-2001) avec des volumes d'eau rejetés en mer pour celui de Sidi El Barrak et en Algérie pour celui de Barbara.
En effet, rien que pour le barrage Sidi El Barrak, les volumes d'eau rejetés (entre déversement et dévasement) ont été de 476 Mm3 en 2002-2003, de 493 Mm3 en 2004-2005 et de 246 Mm3 avec un barrage totalement plein.
Depuis 2000 à nos jours, seuls 141 Mm3 ont été transférés vers le barrage de Sejnane.
On n'a cessé de nous expliquer que la raison majeure de ce transfert «timide» des eaux du Barrage Sidi El Barrak vers Sejnane est le coût d'énergie évalué par la Secadenord en 2011 à 43 millimes le m3 alors que l'eau est vendue par la Secadenord à 14 millimes le m3. Compte tenu du coût énergétique du dessalement de l'eau de mer, est-ce que ce justificatif demeure valable ? Est-il concevable de garder des barrages pleins avec des rejets considérables d'une eau d'excellente qualité (0,5 g/l) et opter pour le dessalement de l'eau de mer ? Le volume des trois stations de dessalement d'eau de mer représente environ 30% de la capacité du barrage Sidi El Barrak.
Le prix de la mauvaise gouvernance dépasse de loin le prix de l'eau
Compte tenu de ce qui précède, la bonne gouvernance du secteur de l'eau potable ne peut pas se limiter à une révision constante des prix de vente de l'eau potable pour que celui-ci couvre le prix de revient surtout avec la tendance à la baisse de la consommation d'eau potable des gros consommateurs (industriel et touristique) qui pour réduire leurs factures se rabattent massivement sur l'usage des eaux souterraines. Une révision profonde de la politique nationale de gestion des ressources en eau intégrant aussi bien les eaux conventionnelles que non conventionnelles doit être initiée. Le transfert d'eau des eaux excédentaires des bassins du Nord doit être considéré en priorité devant le dessalement de l'eau de mer, trop énergivore surtout pour un pays importateur d'énergie.
La seule tarification de l'eau potable ne fait que masquer d'autres problèmes de gestion de la ressource en eau. Compte tenu de ce qui précède et si aucune révision de la politique actuelle de gestion des ressources en eau n'est envisagée, le prix de l'eau potable ne cessera d'augmenter non pas par manque d'eau, mais à cause d'une mauvaise gouvernance des ressources en eau largement en amont de la production de l'eau potable. En effet, nous risquons de payer très cher l'eau potable non pas par manque de ressources, mais à cause d'un mode de gouvernance inadapté. Eh oui, la mauvaise gouvernance a un prix qui dépasse de loin celui de la ressource en eau. Le barrage Barbara a coûté 190 Millions de Dinars et celui de Sidi El Barrak 300 Millions de Dinars pour une exploitation quasiment nulle. N'oublions pas non plus que le coût du dessalement de l'eau de mer néglige trop souvent le coût de dégradation de l'écosystème marin par le rejet de la saumure, un coût parfois largement supérieur au coût de production de l'eau potable.
Enfin, le droit à l'eau tel que mentionné dans la nouvelle Constitution tunisienne ne semble pas une garantie pour l'accès à l'eau potable qui sera largement freiné par le coût de production de l'eau potable.


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