Les facteurs naturel et humain contribuent à l'appauvrissement de la terre agricole et forestière Plusieurs terres dans les régions dans le Nord et le Centre du pays connaissent un appauvrissement de leurs éléments biologiques à cause de plusieurs facteurs dont celui de l'érosion. Malgré les travaux effectués depuis des années par les commissariats régionaux au développement agricole (Crda) depuis des années déjà pour la conservation de l'eau et du sol, un certain nombre d'habitants nous révèlent que des zones agricoles et forestières à Jendouba, le Kef, Sidi Bouzid et Kasserine, entre autres, souffrent d'une dégradation des terres qui étaient autrefois caractérises par leur richesse végétale et florale. Ce qui est grave ce quand cette dégradation rampante touche les terres agricoles qui constituent une source de revenu pour ces habitants et un appui important à l'économie nationale grâce aux ventes des produits sur les marchés local et étranger. Si les conditions climatiques participent dans une large mesure à l'érosion, un nombre d'agriculteurs pourtant bien rodés, n'appliquent pas strictement les conseils qui leur sont donnés par les services compétents. Des pluies en grandes quantités peuvent ainsi s'abattre près des zones agricoles fertiles. Les techniques pertinentes du labour dans les zones élevées peuvent détourner les eaux pluviales vers les milieux réceptifs vierges afin qu'elles ne touchent pas les périmètres plantés. Ceux-ci ont besoin d'une quantité précise d'eau après la période des semences, avant et après la fertilisation, sinon la production peut être compromise. Reconstituer la diversité biologique Parfois, les agriculteurs se trouvent désarmés et impuissants lors des averses intenses qui causent des inondations. Cet événement naturel constitue une véritable calamité qui endommage les plantations. La terre aura besoin d'une longue période pour reconstituer sa diversité biologique. Car les pluies sont à l'origine de l'érosion qui emporte tous les éléments nutritifs de la terre. Souvent, l'agriculteur qui engage des ouvriers saisonniers n'est pas en mesure, à lui seul, d'effectuer les travaux de labour destinés à contrecarrer l'érosion, surtout si la terre se trouve près des zones montagneuses. Il sollicite alors les services publics concernés pour qu'ils effectuent ces travaux dans les délais impartis avant les grandes averses. Quand les inondations emportent toute la production agricole, l'agriculteur est obligé alors de tout recommencer en enregistrant une année blanche qui correspond à un manque à gagner important. Il doit attendre aussi une période assez longue, qui peut être un semestre, pour voir la terre reprendre ses éléments nutritifs. Ces phénomènes naturels défavorables ne sont pas toujours maîtrisables. La fragilisation des terres peut être due aussi à une sécheresse prolongée. Si l'agriculteur n'assure pas une irrigation régulière, la terre peut souffrir de la désertification qui nécessite, pour reconstituer des éléments biologiques, plusieurs années. Mais les phénomènes naturels ne sont pas les seuls responsables d'une telle dégradation des terres fertiles. Le facteur humain contribue lui aussi à l'appauvrissement de la terre agricole ou forestière. Certains agriculteurs vont jusqu'à collecter les herbes sauvages et le reste des récoltes pour les brûler dans un coin de la terre. Cette action endommage une partie de nos réserves biologiques et nécessite des mois pour reconstituer les éléments biologiques perdus. Les terres vertes et agricoles ne doivent en aucun cas servir — même en partie — de dépotoir pour y jeter et brûler les déchets. Certaines zones abandonnées Des études scientifiques menées par de grandes institutions de recherches internationales ont montré clairement que des terres non entretenues périodiquement peuvent être touchées par l'ensablement. Cette situation est de plus en plus remarquée dans certaines zones abandonnées. Les familles qui y vivent ont un revenu modeste qui ne leur permet pas d'intégrer de nouvelles techniques de production. Alors, les jeunes vont à la recherche d'un emploi bien rémunéré dans les grandes villes et laissent ces terres à leur sort. Les phénomènes naturels pèsent de tout leur poids sur ces parcelles qui auraient pu être plantées et valorisées par leurs propriétaires. D'où la nécessité de prendre les mesures qui s'imposent afin d'encourager les jeunes à exploiter leurs parcelles en leur facilitant l'accès au financement pour pouvoir traiter ces terres vierges, les réhabiliter et les planter. Un accompagnement de ces jeunes est également nécessaire pour fertiliser la terre en utilisant, de préférence, les fertilisants de production locale. Des unités de production d'engrais à partir des déchets ménagers peuvent être créées près de ces terres agricoles et forestières afin de les utiliser en cas de besoin en grandes quantités. Les agriculteurs doivent bénéficier également, de temps à autre , de sessions de formation relatives notamment aux techniques du labour avec l'intervention de l'Etat dans les grands travaux.