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Henda Gafsi (urbaniste) : « Le citoyen, la ville et la démocratie participative »
Les Champs du Possible

Et si le mal de citoyenneté venait lui-même du mal de la ville ? Et si la liberté et la dignité revendiquées passaient d'abord par une juste réappropriation de l'espace public ?... Sur Les Champs du Possible, l'urbaniste Henda Gafsi dépeint l'étroite implication de l'aménagement urbain dans la démocratie participative.
La ville aujourd'hui, celle de la transition démocratique, va dans tous les sens : saleté, désordre, anarchie, transgression des codes de l'urbanisme et de la circulation... Que peuvent les urbanistes devant ce triste état de fait ?
Il est des choses qui sont de notre ressort, d'autres pas. Il y a actuellement en Tunisie un problème de restauration de l'autorité de l'Etat, de la société et du comportement, ce qui est du ressort de l'Etat et des lois. En dehors de cela, les urbanistes peuvent contribuer au niveau de l'action citoyenne en vue de travailler notamment sur la notion d'intérêt collectif qui est en train de se diluer et de se perdre.
On s'engage en tant que citoyens pour faire changer les choses auprès des décideurs, des faiseurs d'opinion et de la société civile. Les urbanistes sont surtout outillés pour révéler des faits urbains avec réalisme, en évitant la généralisation et en respectant les diversités locales, intra-locales et intra-urbaines. On constate, certes, la dégradation de l'hygiène de vie, des espaces publics, des infrastructures. Cela ne nous empêche pas de reconnaître qu'il y a des îlots de dynamisme. Le rôle des urbanistes c'est justement de faire l'état des lieux avec réalisme, parce qu'on ne peut pas bâtir à partir des dysfonctionnements. Troisième rôle des urbanistes : ils peuvent tirer des sonnettes d'alarme et faire partie des dispositifs de vigilance dont les médias aussi font partie. Ils peuvent également faire du lobbying professionnel et des plaidoyers sur l'état de la ville et sur les politiques publiques urbaines.
Concrètement, sur quelles institutions et dans quels domaines exercez-vous votre lobbying ?
On a notamment fait des plaidoyers auprès de l'ANC au moment de la rédaction du chapitre 7 de la Constitution consacré au pouvoir local. On fait aussi du lobbying auprès du ministère de l'Intérieur (direction générale des collectivités publiques locales) et d'autres départements concernés comme le ministère de l'Equipement, ainsi qu'auprès des organismes de coopération, des fondations, des médias...
La révolution nous a amenés à remettre les pendules à l'heure ! Désormais, les urbanistes s'engagent auprès des communes et les coachent. C'est la nouvelle approche de l'Association tunisienne des urbanistes (ATU). On va, par exemple, appuyer les communes de Jendouba et Siliana pour lancer un débat sur la ville, à travers ce qu'on appelle les stratégies de développement des villes (SDV). On les a accompagnées dans l'animation de ces stratégies, à travers les forums urbains. A Sidi Bouzid, on a notamment appuyé l'organisation d'un concours d'idées pour le projet de réaménagement de la place Mohamed-Bouazizi. Il y a, par ailleurs, le travail des urbanistes enseignants et chercheurs à l'université, les concours d'idées lancés sur l'aménagement des places de la révolution... Sur le terrain, le métier d'urbaniste se développe : outre son caractère purement technique, il devient un métier de médiation entre les acteurs urbains et les citoyens, entre les décideurs et les techniciens.
Le 14 janvier est aussi un événement urbain. Avec la révolution, les Tunisiens ont réinvesti la rue sans plus aucune peur ; manifestations, revendications, forums politiques, prières, expressions artistiques, tags... Quelles interventions urbanistiques faudrait-il programmer pour accompagner cette appropriation de l'espace public ?
J'apprécie cette question. Je pense que le développement des projets urbains doit réserver une grande part à la valorisation des espaces publics parce qu'ils sont fondateurs de citoyenneté. Ce sont des espaces repères où il y a sédimentation de la mémoire collective. Aujourd'hui, les projets d'urbanisme concernent soit des villes entières soit les grands projets urbains qu'on développe plus comme des lotissements immobiliers que comme des morceaux de ville. Les plans d'urbanisme pour les centres urbains sont quasiment absents ! Ces derniers sont en train d'évoluer en l'absence des interventions de mise en cohérence urbanistique. On a raté la connexion entre l'hypercentre de Tunis et le Lac nord. Il y a aussi une partie de la mémoire et des référents culturels urbains qui devraient s'organiser autour d'un espace central recomposé. Aujourd'hui, la lecture des référents culturels est très difficile. On ne sait pas, par exemple, ce qui fait l'identité du Lac nord comme espace central de la capitale Tunis. C'est très anonyme au niveau des espaces emblématiques et des espaces repères. Tout cela doit être pensé par les urbanistes, mais aussi par les citoyens, les collectivités locales, les artistes. Il est aussi primordial de faciliter l'accès de tous et de toutes aux espaces publics, de valoriser tous les espaces centraux, mais aussi les espaces emblématiques, porteurs d'identité, les espaces pour les jeunes, des forums, des commémorations...
Pensez-vous que le 14 Janvier a marqué l'identité des villes qui en ont porté la première étincelle ?
Non. A Sidi Bouzid et Kasserine, les citoyens ne disposent toujours pas d'espaces pour commémorer les martyrs de la révolution ni, d'ailleurs, ceux de la lutte pour l'indépendance! Ils ne disposent que d'espaces interstitiels. Il faut aménager des espaces à la hauteur de l'histoire de la ville et de la mémoire des évènements qui s'y sont déroulés. A Kasserine, cela fait des mois qu'on essaie d'aménager la petite place de trois mille mètres carrés qui se trouve devant la municipalité. A Sidi Bouzid, il faut absolument réaménager tout le centre-ville et pas seulement la place Mohamed-Bouazizi qui a été faite dans la précipitation. Sidi Bouzid est, désormais, une ville de renommée internationale qu'il convient de valoriser. C'est le travail des collectivités locales, aidées par l'Etat et par la société civile. Avec la décentralisation, la coopération décentralisée, la solidarité intervilles, les municipalités doivent redevenir les maîtresses de la ville. Les gouvernorats doivent être autonomes et disposer de finances régionales. Favoriser la réappropriation de la ville passe aussi par la création des associations de protection des espaces publics, à l'instar des «Amis du Belvédère», des associations de sauvegarde de la Médina, de la protection des musées, des jardins, des parcs...
Comment faire des villes participatives ? Comment mettre le citoyen au cœur du projet de la ville, y compris ces villes les plus enclavées d'où est partie la révolution ?
A la base de toute démocratie participative, il y a les collectivités locales et des représentants démocratiquement élus. Mais aussi, entre les élections, les citoyens doivent avoir la possibilité de participer dans la durée aux grands choix qui font le développement d'une ville. Pour cela, il y a des outils connus. En Tunisie, par exemple, quand il y a un plan d'aménagement, une enquête publique est affichée pendant deux mois à la municipalité pour que les citoyens puissent prendre connaissance de l'affectation des terrains qui constituent leur cadre de vie et puissent donner leur avis. Les enquêtes publiques devraient être élargies à toutes les politiques publiques ; notamment les politiques de la ville en matière d'égalité femmes-hommes, la participation des jeunes, l'action municipale, l'intégration des personnes âgées...
Côté juridique, il est urgent de promulguer une charte de la ville et de réviser la loi organique sur les collectivités locales. On ne peut plus se contenter du Code de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire ! Ce sont juste des règles d'inscription dans l'espace d'un projet de ville. Or, il faut reconnaître que la ville est une entité sociale. On a donc besoin d'une loi organique de la ville qui dépasse l'aménagement du territoire. Il y a, enfin, des outils institutionnels comme les ateliers urbains permanents, les observatoires de la ville, les musées de la ville où il y a en permanence des gens qui expliquent aux citoyens le plan d'aménagement, les projets d'urbanisme, l'histoire de la ville... Un travail de pédagogie.
Dans les quartiers à forte présence salafiste (Ettadhamen, le Kram-Ouest, Raoued...), nous remarquons une absence totale d'équipements culturels, sportifs et de délassement. Les seuls repères sont les mosquées. Avons-nous, sans le vouloir, fabriqué des cités pour l'extrémisme, l'exclusion et la marginalisation ?
La situation des cités «périurbaines», le terme même contient une notion de marginalisation, est indépendante, à mon avis, de la volonté des pouvoirs publics, ni des collectivités locales. Elle est due aux phénomènes d'urbanisation et de spéculation foncière qui ont poussé ces quartiers à se développer à la vitesse grand V, sans que l'Etat puisse suivre cette évolution au niveau des infrastructures. Mon premier travail d'urbaniste a, d'ailleurs, porté sur la programmation des équipements publics à Ettadhamen. Je me rappelle comment nous sommes passés de zéro école à vingt en cinq ans, seulement. Il est clair que l'effort était insuffisant. Il faudra y ajouter le manque d'innovation des politiques urbaines. Et puis la nature ayant horreur du vide, certains espaces et structures, dans le passé domaine réservé du parti au pouvoir (RCD), ont été réinvestis par Ansar Echaria, Ennahdha et les Ligues de protection de la révolution. Mais il y a d'autres quartiers où vous avez des phénomènes qui se développent beaucoup, tout en échappant au salafisme : la délinquance, les enfants des rues, la prostitution... D'autre part, à cause de la spécificité de chaque quartier, les choses se passent beaucoup mieux dans certaines cités que dans d'autres. Probablement à cause des politiques sociales de la municipalité de Tunis élaborées à la fin des années 1980 et derrière lesquelles il y avait un personnage important, Hasna Hamdani, qui a beaucoup travaillé avec les jeunes sur des programmes d'éducation par les pairs. A El Hafsia par exemple ou à El Agba-Zahrouni, nous n'avons pas enregistré de détérioration des équipements sociaux après la révolution, les jeunes s'étant réappropriés ces espaces, se sont mobilisés pour les défendre contre les attaques des milices. Les choses ne se sont pas aussi bien déroulées à Sidi Hassine Sijoumi, parce qu'il y a eu également ici création d'une nouvelle commune. Sidi Hassine a dû quitter le périmètre de la commune de Tunis. Ce moment de passage à vide institutionnel, a été préjudiciable au quartier.
Vous êtes depuis 2012 consultante en gouvernance locale innovante. Quels sont les champs et les horizons de la gouvernance locale en Tunisie, notamment après l'adoption du principe de la décentralisation dans la nouvelle Constitution?
Les processus de décentralisation demandent beaucoup de moyens et de temps : entre 10 et 15 ans. Il va falloir renforcer les champs du pouvoir local à travers des municipalités plus fortes et mieux outillées, dotées de nouveaux dispositifs et compétences, notamment dans les domaines des finances communales mais aussi de la transparence, de la redevance, de l'accès à l'information par rapport aux marchés publics, notamment. Attention, la décentralisation ne se réduit pas à un processus technique ! On veut doubler le nombre des communes dans l'objectif de municipaliser tout le territoire, mais il faudra, dans le climat insurrectionnel actuel, prendre beaucoup de précautions par rapport au découpage territorial, recourir à une démarche ethnologique et sociologique, afin de ne pas réveiller les susceptibilités micro-locales, voire tribales. Mais la gouvernance locale n'est pas que l'affaire des municipalités. Elle consiste également à relayer ce concept sur le terrain, en lançant des associations de quartiers, des syndicats de copropriétaires qui pourront gérer les espaces collectifs, comme cela se passe dans les groupements de maintenance industriels, des associations de commerçants, de vrais conseils municipaux animés par les jeunes. Il faudra que les usagers de la ville réfléchissent et s'organisent sur des questions aussi vitales que le transport, la circulation, le stationnement, la propreté, la culture et le loisir.
La nouvelle Constitution consacre la démocratie locale et la parité hommes-femmes. Vous travaillez depuis plusieurs mois avec le Centre international de développement pour la gouvernance locale (CILG) à rendre ces principes opérationnels. Quelle est votre stratégie ?
D'abord, nous faisons du lobbying auprès des instances chargées des affaires locales, comme la commission du pouvoir local à l'ANC dont le président a pris part à la rencontre organisée par le CILG le 8 mars dernier, sur la promotion de l'égalité femmes-hommes dans les villes. Nous participons aussi aux travaux de la Haute commission de décentralisation, qui prévoit de lancer des commissions spécialisées thématiques sur le découpage territorial, la fiscalité locale, les ressources humaines...Nous leur avons proposé de créer également une commission genre ou au moins élaborer des directives genre, sur la loi électorale municipale, par exemple, à l'image des directives sur l'environnement. Un autre élément de la stratégie consiste à mettre en place un comité de pilotage femmes-hommes dans la gestion des affaires locales, parce que c'est dans la proximité qu'on peut infléchir les choses. Nous voudrions également dans le cadre de tables rondes périodiques, organisées chaque deux ou trois mois, élaborer une charte nationale de l'égalité, qui pourrait être déclinée par les différentes municipalités, en collaboration avec la société civile. Nous pourrions accompagner les 12 villes partenaires dans cette opération de réappropriation des chartes et mettre en place un observatoire qui aura pour mission de suivre la mise en pratique des principes de la parité et de la décentralisation. La stratégie prévoit le renforcement des capacités des acteurs locaux pour intégrer au niveau de la conscience genre des outils de promotion de l'égalité femmes-hommes par rapport au recrutement, à la planification, à la programmation des investissements communaux. Si nous cherchons à assurer le Smig de l'égalité femmes-hommes dans la gestion des villes, je pense qu'il y aura à ce sujet des communes pilotes. Celles-ci s'engageront plus que d'autres sur ces questions ; ce qui deviendra pour elles un label...Un motif de visibilité !
Est-il possible de rêver aujourd'hui en Tunisie et à moyen terme de villes partagées, dignes, solidaires, équitables et citoyennes ?
Il y a déjà quelques signaux politiques, incarnés par la Constitution, qui ouvrent des perspectives d'avenir. Il y a aussi des lueurs d'espoir au niveau local et national. C'est vrai, cela n'est pas suffisant. Il faut créer plus de forums sur la ville partagée, digne et durable. Plus d'évènements également. Et plus d'information, plus de tribunes sur nos espaces de vie, qui traversent aujourd'hui une crise morale, sociale et politique. Toutefois, des lueurs d'espoir proviennent de la société civile. Des associations travaillent actuellement sur l'amélioration du cadre de vie, comme l'initiative Houmti Tayara («Mon quartier est top») ou Fix Kairouan, qui permet aux Kairouanais, grâce à un dispositif spécial, de signaler un dysfonctionnement dans la ville, directement sur le serveur de la municipalité. Sayada, dans le gouvernorat de Monastir, avec l'appui d'une association, a de son côté mis en place un portail de la ville pour lancer un forum de discussion sur l'aménagement d'une place publique. Ce qui lui a permis d'ouvrir encore le champ du forum en y publiant le budget de la ville, le plan d'investissement communal et d'y sonder les avis des citoyens sur les futurs projets municipaux. Les stratégies de développement des villes (SDV) sont des processus intéressants qui permettent de construire des projets de villes ensemble, au moins en rêvant, en identifiant les atouts et les problèmes d'une cité et en dessinant en commun les contours du futur. Sousse est concernée aujourd'hui par une telle stratégie. Mais encore une fois, il faudrait sortir du travail purement technique de l'urbaniste ou du représentant d'une commune pour projeter la ville au cœur du débat public.
Les questions de la démocratie locale, de la décentralisation et de parité femmes hommes dans les cités sont au centre de la transition. Et si un pays arabe peut sauver la mise sur ce plan, c'est bien la Tunisie !
Henda Gafsi, en bref
1951 : Naissance à Givet (Ardennes), France
1979-1980 : Après sa licence de lettres françaises, elle obtient son diplôme de troisième cycle de l'Institut de l'urbanisme de Paris, ensuite son DEA de l'Institut de géographie de Paris
1980- 1990: Planificateur urbain au District de Tunis
1990-1996 : Chargée de mission auprès du ministre tunisien du Plan et du Développement régional dans les domaines du développement urbain et régional, du genre et des questions de génération d'emplois dans les zones déshéritées
2005-2011 : Consultante auprès de la Banque mondiale sur le volet « participation communautaire et associative » du projet « Patrimoine », financé par la Banque mondiale en Tunisie.
2012 à ce jour : Senior advisor en gouvernance locale à CILG-VNGi (Centre international de développement pour la gouvernance locale innovante de l'agence de coopération internationale de l'Association des communes néerlandaises)
2011-2013: Présidente de l'Association tunisienne des urbanistes (ATU), qu'elle avait également dirigée de 1987 à 1989.


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