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Le désir d'un monde meilleur
Cinéma
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 04 - 2014

Der Himmel über Berlin (Les ailes du désir) de Wim Wenders était projeté mercredi dernier à la Maison de la Culture Ibn-Rachiq dans le cadre du cycle des films allemands (Une valise à Berlin), organisé par le Goethe Institut et l'Office allemand d'échanges universitaires (lectorat du DAAD à l'Université de La Manouba).
« On peut encore changer les images du monde, sinon le monde lui-même », disait Wim Wenders, réalisateur du long métrage franco-allemand Der Himmel über Berlin (Les ailes de Berlin) (Titre français: Les ailes du désir), en recevant le prix de la mise en scène à Cannes en 1987.
En effet, à travers cette œuvre cinématographique et littéraire, où les mots prennent vie et sens, le réalisateur dessine un paysage poétique oublié, défiguré par la guerre. Il redessine Berlin comme il a toujours voulu le voir, à travers l'assemblage d'une multitude de pensées fragmentées.
En se basant sur l'histoire d'un ange qui tombe amoureux d'une trapéziste et qui sacrifie ses ailes pour devenir humain et la rejoindre, le film raconte l'histoire de toute une ville : Berlin. Que ce soit Berlin sous les Nazis ou Berlin divisé par le mur. Deux moments clés de la ville, que le film évoque soit par des images d'archives, soit par de longs travellings ou de longs plans sur mur.
Dès les premiers plans, le film s'ancre dans un style poétique qui le marquera jusqu'à la fin et qui lui donnera tout son sens et toute sa symbolique. Cette poésie commence avec les mots prononcés en voix off : «Als das Kind Kind war...» (Lorsque l'enfant était enfant). Ces mots, nous les voyons simultanément écrits avec une belle encre sur la première page d'un carnet au papier blanc, comme s'il s'agissait d'un commencement, d'une nouvelle genèse, comme si un nouveau scénario optimiste était encore possible à écrire pour cette ville.
La langue allemande dans le film — langue des plus grands poètes, mais aussi langue du troisième Reich —, retrouve ici une identité poétique qui la libère de son contexte historique. Elle véhicule des sentiments, de la réflexion, comme si Wim Wenders cherchait à lui redonner une autre dimension, peu connue : une dimension poétique et philosophique qu'elle a eue, à un moment clé de l'Histoire.
Le film fonctionne comme une reconstruction de la ville par les anges d'un côté et les êtres blessés que sont les Berlinois de l'autre. Reconstruction d'une vision de la ville, mais surtout reconstruction d'une vision de la vie. Le film nous montre ces anges invisibles incarnés par Bruno Ganz et Otto Sander, parcourant Berlin, à l'écoute des pensées humaines. Que ce soit chez eux, dans la rue, dans le métro ou dans une bibliothèque, nous entendons les pensées de chaque personnage comme un murmure plus ou moins compréhensible, comme un courant de pensées. Lorsqu'une personne a des idées sombres, l'ange pose sa main sur l'épaule, non pas pour le transformer par magie, mais en le sortant de ce cercle vicieux des idées noires : ce n'est pas une aide extérieure, mais bien une volonté de donner à l'être en détresse le moyen de trouver en lui la volonté de s'en sortir.
Les deux acteurs jouent parfaitement ces rôles avec une sorte de froideur extérieure qui contraste avec leur intérieur, que seul l'ange Damiel, incarné par Bruno Ganz, dévoilera peu à peu pour devenir humain, entrant alors dans un monde de couleurs. Qui est subtilement réalisé dans le film par une sorte de glissement du noir et blanc vers la couleur. Il s'agit, d'ailleurs, d'un va-et-vient permanent qui traduit, d'un côté, la vision des anges (décolorée, dénuée de « psychologie ») et de l'autre, la vie humaine (colorée, dotée des cinq sens).
Lorsqu'il voit la trapéziste, et qu'il écoute ses pensées, on assiste à son émotion, comme si l'ange avait le droit au coup de foudre. Ce qui lui donne l'envie et la volonté d'être humain et de vivre ce à quoi il n'a accès que par les mots. Vivre ce que les personnages qu'il entend «penser» vivent, vivre son propre désir, celui de retrouver la femme qu'il aime.
Sur fond d'une chanson « From her to eternity » (D'elle à l'éternité), la chanson nous révèle le destin que les protagonistes vont avoir. Comme si l'ange échangeait une éternité contre une autre : d'une éternité froide et distante à une éternité de désirs et d'incertitudes, mais pleine de vie.


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