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De la vitalité de notre ruralité !
ANTHROPOLOGIE
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 04 - 2014

Découvrir la Tunisie profonde, c'est exaltant, mais encore faut-il savoir donner à la richesse de son terroir et à sa diversité rurale la place qui leur sied pour en faire des atouts économiques
Il est rare de trouver dans le voisinage de notre pays une ruralité aussi riche et diversifiée que la nôtre. Diversité naturelle, richesses historiques, héritage artisanal et grande créativité humaine là où on se déplace dans ce petit pays qu'est la Tunisie. Du Nord au Sud, on ne croise que des merveilles, œuvres de la nature, mais aussi de l'homme.
Des montagnes aux forêts denses et à la flore des plus variées avec ses chênes, ses pins maritimes (variété rare et noble), ses pins d'Alep, ses grottes numides du côté de Chaouach, Bezina au Nord, ses troglodytes dans l'Atlas saharien du côté de Matmata, notamment en passant par la plaine et les hauts plateaux du Nord et du Centre ouest surtout où nombre de vestiges vous rappellent l'histoire trois fois millénaire d'une Tunisie qui a vu défiler tant de peuples avec leurs cultures et leurs civilisations dont témoignent avec éclat la diversité du produit artisanal et certains métiers qui ont résisté au temps, préservant ainsi intactes beaucoup de nos traditions.
Une vraie symbiose
La nature, d'un côté, l'homme, de l'autre, ont façonné ce beau tableau qu'est la Tunisie, dont la ruralité avec sa vitalité nous fournit la preuve. Mais cette œuvre grandiose, avec ses richesses et sa diversité, demeure en grande partie méconnue ou si elle ne l'est pas, elle demeure mal ou sous-exploitée.
Un site naturel et historique à la fois comme celui de Bulla Reggia au gouvernorat de Jendouba, ou le village de Djebba du côté de Téboursouk, allient la beauté naturelle à la bonne touche humaine bien marquante, sont-ils exploités à bon escient, et avant tout a-t-on fait le nécessaire pour les faire connaître aux Tunisiens, dont la majorité écrasante n'en a jamais entendu parler. Et encore du côté du Mogod en allant vers Sejnane à partir de Bizerte, cette magnifique forêt du côté de Cap Serrat, et de Sidi Mechreg qui finit sur les rivages de la Méditerranée a-t-elle jamais été découverte pour déceler les riches traditions artisanales qu'elle recèle, avec sa poterie bien typique de cette région où la touche berbère avec ses motifs et figurines qu'on retrouve incrustés sur les ustensiles de cuisine et les objets décoratifs? Un tourisme bien particulier pourrait être développé pour sa mise en valeur. Il existe une petite unité d'hébergement sur la route, œuvre d'un privé mais elle est insuffisante pour espérer attirer suffisamment de visiteurs qui en seront sans doute charmés. On s'est certes intéressé à la Kroumirie (Tabarka et Aïn Draham), mais encore faut-il qu'on parvienne à accrocher et fidéliser les visiteurs. D'ailleurs, l'aéroport de Tabarka est quasiment fermé le plus clair de l'année et les unités hôtelières sont désertes au point que l'un des investisseurs a mis récemment tous ses hôtels en vente! Pourtant, un tourisme de montagne et de mer pourrait être développé dans cette partie du nord-ouest, en réhabilitant la ligne de chemin de fer Tunis-Tabarka et en revoyant les programmes d'animation mornes jusque-là et peu attrayants.
Le centre et le centre-ouest du pays ne manquent pas pour leur part de véritables richesses que cela soit en sites romains et byzantins ou en traditions vestimentaires à partir de la laine. On met souvent au-devant les tapis kairouanais, mais jamais les belles couvertures en laine ou encore ces nattés, toujours en laine, d'une beauté inégalable.
Au Sud à l'Est comme à l'Ouest, une multitude de produits aussi beaux et utiles les uns que les autres font de ces contrées les plus riches en la matière, le margoum, le burnous confectionnés à partir de la laine de mouton ou du poil de chameau. Eventails, couffins, chapeaux fabriqués à partir des feuilles de palmier à Gabès comme à Jerba sont-ils labellisés pour être protégés et ensuite exploités non comme ils le sont aujourd'hui ?
Une foire du terroir ?
Toutes ces richesses méconnues en matière d'artisanat et de sites, si on leur ajoute les variétés culinaires multiples, dont notre pays regorge, cela fait des atouts économiques insoupçonnables dont on peut tirer les meilleurs profits et des dividendes, tout en contribuant à les préserver des aléas du temps.
Quelques idées simples accompagnées d'initiatives audacieuses ne manqueraient pas de faire valoir ce patrimoine à nos yeux, en premier lieu, et aux yeux de l'étranger. Dans le salon agricole de Paris organisé chaque année, on n'expose pas seulement les machines agricoles (tous les deux ans), les différentes races d'animaux et les produits de la terre mais une grande partie est consacrée aux richesses du terroir français, telles que la peausserie et ses multiples dérivés, la ferronnerie, la sellerie et tout ce qui est en rapport avec l'attelage des équidés. La cuisine du terroir occupe elle aussi une place de choix dans cette foire internationale visitée de partout dans le monde.
En Tunisie, une multitude de foires ont lieu dans le pays, dont certaines sont consacrées aux produits artisanaux.
Quelques petites foires agricoles sont aussi organisées, mais les unes comme les autres sont non seulement sélectives et catégorielles, mais elles manquent surtout d'attrait et sont géographiquement mal réparties.
De véritables foires du terroir périodiquement tenues à proximité de sites en mal de «reconnaissance» et dans les différentes régions du pays ne manqueraient pas de susciter de l'intérêt chez les gens, tout en leur permettant de découvrir que le pays recèle comme richesses inestimables et tout en donnant l'occasion aux visiteurs étrangers de connaître une autre Tunisie à part celle de la mer et du soleil.
Le ministère du Tourisme, celui de la Culture et bien sûr celui de l'Agriculture, les corporations artisanales et des métiers, les associations de tous genres peuvent et doivent jouer les premiers rôles dans la promotion de la Tunisie profonde.


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