Le club du Bardo a vécu une saison cauchemardesque. Paradoxalement... C'est un titre qui revient depuis près de 40 ans, quand il s'agit de parler du club du Bardo. «Où va le Stade Tunisien?!». On sait aujourd'hui, et depuis quelque temps déjà, que le Stade Tunisien peut aller en Ligue 2. Et pour les plus pessimistes, jusqu'à connaître le même —triste— sort que le COT, le SRS et d'autres encore qui ont —presque— disparu de la grande circulation. Ce qui l'a sauvé? La tradition. Un grand club ne meurt jamais. Son malheur a ému toute la Tunisie, politiques compris. Entendons-nous bien : si le club du Bardo a fini par sauver sa peau, c'est bien grâce aux joueurs, à l'entraîneur, à Anouar Haddad et à quelques personnes autour de lui, mais aussi à des sympathisants qui se sont investis et mis la main à la poche pour que le Stade Tunisien ait une chance de survivre. Car, en dépit d'une campagne de dénigrement, le club du Bardo n'a bénéficié d'aucune faveur, aucun cadeau, comme en témoignent ses défaites face au CSHL, au Club Africain et son nul à domicile face au CSS. Ce qui l'a également sauvé et qu'on n'a pas vu depuis de longues saisons, ce sont les retrouvailles avec un public, des supporters, qu'on croyait à jamais disparus. On le sait à présent : le Stade Tunisien bénéficie encore d'une véritable cote d'amour qui s'est manifestée lors des toutes dernières journées. 40 ans que ça dure ! Jeunes, moins jeunes et même des supportrices ont répondu présents à l'appel du club. Et maintenant que tout ce beau monde est de retour, il faut faire en sorte qu'il ne laisse plus tomber le club et qu'on le retrouve la saison prochaine et dans le futur. Car, c'est aujourd'hui, et non demain, que tout se reconstruit à travers une campagne d'abonnement, un véritable projet sportif qui colle à l'identité du club et, surtout, une assemblée générale dans les plus brefs délais pour bénéficier de l'effet-sauvetage et de l'énorme mouvement de sympathie et de solidarité qui s'est créé autour du club. En termes plus clairs, battre le fer tant qu'il est chaud et chercher à saisir ce signe du destin pour mettre fin à de ridicules querelles de clocher qui minent le club depuis trois décennies et brisé l'envol du club depuis plus de quatre décennies. Faut-il rappeler à ce propos, qu'hormis les neuf premiers titres récoltés lors des dix premières années de l'Indépendance du pays (4 championnats et 5 coupes), le Stade Tunisien a très peu gagné. 1 coupe (2003) et 2 coupes arabes (1989 et 2001), soit trois titres en... 48 ans! Et encore, puisque ces trois titres ont coûté beaucoup d'argent au club et une ardoise qui se chiffre à près de 4 milliards de nos centimes. Encore impayée et que le Stade Tunisien traîne encore comme un boulet de canon. C'est dire que le double malaise sportivo-financier ne date pas d'aujourd'hui et encore moins d'hier ou d'avant-hier. Alors, pour relancer le club, il faudra regarder la réalité bien en face. Pour un état des lieux financier et sportif Le Stade Tunisien sait ce qui l'attend sur le plan financier, mais ne sait pas exactement ce qu'il vaut sur le plan sportif. Aujourd'hui, seul Lassaâd Dridi est capable de dresser un véritable état des lieux. Il y a du talent dans cette équipe (certains joueurs sont même sollicités) et il faudra savoir et avoir les moyens d'empêcher certains éléments de répondre aux sirènes. Par ailleurs, on sait que d'autres, qui vont se révéler non moins importants, sont au Stade Tunisien dans le cadre de prêt. C'est le cas de Chehoudi, Awadhi, Abdi, Ernest, Marzouki, etc. Plus tôt on clôt ce double dossier, et mieux ça vaut pour le club. Ceci passe par la confirmation de Anouar Haddad ou alors par la tenue rapide d'une assemblée générale et de l'élection d'un nouveau bureau. L'idéal serait que le noyau de personnes qui ont «guidé» le sauvetage du club continue à accompagner cette œuvre. On doit agir vite et bien, sinon on reparlera rapidement du Stade Tunisien dans la rubrique des... faits divers!