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Démocratie flageolante
Point de mire
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 08 - 2014


Par Abdelhamid GMATI
Depuis hier, samedi, et aujourd'hui, on commémore le 2.828e anniversaire de la fondation de Carthage (en 814 av. J.-C. par la Reine Didon) et dans la même foulée la victoire d'Hannibal Barca à Cannes le 2 août 2016 av. J.-C. Organisée par plusieurs associations de la société civile, la manifestation a proposé des conférences, un carnaval de guerriers carthaginois et romains, une visite guidée sur le site de la cité punique, etc. Parmi les participants, on cite le professeur Mhamed Hassine Fantar, l'historien Mourad Jebali et les écrivains Abdelaziz Belkhodja et André Abitbol. Pas de tapage autour de cette manifestation. Et pourtant... L'occasion était belle pour rappeler à tous ce que l'on veut dire par «3.000 ans» d'histoire tunisienne et surtout la Constitution de Carthage dont le philosophe Aristote avait affirmé qu'elle était «supérieure à d'autres sur bien des points...
Malgré une classe populaire nombreuse, Carthage reste attachée à son gouvernement, et c'est la preuve d'une bonne Constitution». Le professeur Fantar précise : «Grâce à sa Constitution équilibrée, Carthage n'a connu ni sédition ni tyrannie. Mais, dans la métropole punique, la vie sociale fit en sorte que tantôt on penchait vers un régime démocratique où le peuple pesait de tout son poids, auquel cas, mutatis mutandis, on parlerait aujourd'hui de la gauche au pouvoir, tantôt on penchait vers un régime oligarchique sans pour autant exclure le peuple, et alors c'était le tour de la droite au pouvoir, pour utiliser notre jargon actuel». Qu'a-t-on fait de cet héritage et de bien d'autres qui ont suivi ?
Aujourd'hui, la Tunisie n'est pas paisible et son peuple n'a pas droit au chapitre alors qu'il est persuadé avoir fait une révolution censée lui restituer la souveraineté et lui permettre un mieux-vivre. Tous les jours, les unités policières et militaires font face aux activités mortelles d'un terrorisme qu'on ne connaissait pas. Jeudi dernier, des groupes terroristes échangeaient des tirs avec nos unités sécuritaires dans le gouvernorat de Jendouba, alors que nos militaires pourchassent les terroristes à Kasserine, au Kef et ailleurs. Ces derniers jours, 221 personnes impliquées dans des activités terroristes ont été arrêtées et 80 mandats de dépôt ont été émis contre de présumés terroristes. Il se trouve qu'à ce niveau, il y a comme un cafouillage : certains de ces terroristes arrêtés par les forces de l'ordre, se trouvent relâchés par les juges d'instruction. Tel le cas du porte-parole de l'organisation, déclarée terroriste et interdite, Ansar Echaria, Seïfeddine Raïs, arrêté puis relâché, et de nouveau arrêté en l'espace de trois jours.
Les Tunisiens s'inquiètent de ce qui se passe à la frontière avec la Libye, où un flux de personnes (plusieurs milliers) fuient la guerre qui sévit dans ce pays voisin et qui veulent entrer par la force dans notre pays. La situation est chaotique et gabegique, ce qui a amené le gouvernement à décréter l'état d'alerte maximale et même à fermer, provisoirement, le poste frontalier de Ras Jedir. Lors d'une bousculade, le chef du district de la garde nationale de Ben Guerdane a même été blessé à la jambe par balle en provenance du territoire libyen. C'est dire si la situation est grave, et ce que l'on craint, c'est l'intrusion de terroristes qui viendraient renforcer les cellules existantes sur notre territoire. Et selon certaines sources, parmi les islamistes terroristes qui sévissent en Libye, il y aurait des Tunisiens. Et on s'inquiète de l'incapacité des autorités à éradiquer ce fléau. On a parlé de manque de moyens et il n'est pas question de douter de l'engagement et de la détermination de nos militaires dans la guerre qu'ils livrent au terrorisme. Reste le commandement et la volonté politique. La démission surprise du chef d'état-major de l'armée de terre, quoique non expliquée, révèle pour le moins un malaise au niveau du commandement. On nous parle de divergences entre la présidence de la République et les autorités militaires. Le président provisoire Marzouki est chef des armées et le ministre de la Défense intervient également dans la conduite des affaires militaires; s'y ajoutent le ministre de l'Intérieur qui a son mot à dire et la garde nationale. Sans parler du chef du gouvernement, également responsable, et cette ANC, illégitime, qui n'adopte pas encore la loi antiterroriste et dont certains membres trouvent le moyen de défendre les terroristes. La question est de savoir si tous ces responsables poursuivent la même stratégie ? Et ont-ils la même volonté politique de venir à bout de ce fléau ?
Et pendant ce temps, le processus de wahabisation de la société tunisienne se poursuit avec des imams qui prêchent un islam étranger à nos croyances, et appellent au jihad. Et les mosquées ne leur suffisent plus puisqu'ils prêchent dans la rue et les places publiques, au cœur même des villes et dans la capitale. Les politiques, eux, islamistes ou progressistes, sont étrangers à tous ces fléaux et continuent à ne se préoccuper que des postes qu'ils espèrent décrocher à l'issue des élections. Et qui ne comprennent toujours pas qu'ils sont responsables de l'abstention et de la désaffection des Tunisiens qui hésitent à aller s'inscrire sur les listes électorales, malgré les prolongations des délais. Le président provisoire de la République ne pouvait pas ne pas se mettre en évidence : il a signé deux arrêtés républicains appelant les Tunisiens à participer aux prochaines élections. Selon le professeur de droit constitutionnel Amine Mahfoudh : «Ces deux arrêtés représentent une violation flagrante des dispositions de l'article 101 de la loi électorale qui stipule qu'une convocation du corps électoral doit se faire par un décret présidentiel et non par un arrêté républicain.
Nous avons eu Carthage et sa Constitution, citée en exemple. Maintenant, nous avons une démocratie flageolante.


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