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Les Bizertins veulent un pont !
Réflexions sur la Campagne électorale
Publié dans La Presse de Tunisie le 13 - 10 - 2014

Le consensus tunisien qu'on doit refonder devra se faire sur le mérite, le travail, l'efficacité, l'esprit pratique. Il ne s'agit pas de dire, de revendiquer et de faire plaisir à son électorat par des discours populistes.
Les Bizertins veulent un pont, un autre. Le pont mobile existant, opérationnel depuis les années 80, est dépassé. Il occasionne des bouchons à des kilomètres. A lui seul, il représente une source de problèmes pour la ville. Malgré les restrictions faites aux poids-lourds et quelques aménagements d'horaires, Bizerte suffoque. Il faut trouver une solution.
Les candidats à la députation originaires de la région, et qui font leur campagne en ce moment, connaissent bien le problème. C'est une des principales revendications des Bizertins, leur électorat.
Maintenant que le problème est posé, il faut trouver des réponses. Quelles sont les possibilités qui existent ? Car il va sans dire que tous les candidats promettent de faire le pont. Mais comment ? Personne ne répond à cette question décisive. Or tout est là. En politique, en gestion, mais aussi en matière de gouvernance et d'équité, tout est là. Comment construire un pays plus juste et géré d'une manière plus efficace. On va voir pourquoi.
Les différentes possibilités
Première possibilité : c'est l'Etat qui prend en charge la construction du pont. Ce qui veut dire que tous les contribuables vont y participer. Dans ce cas, des gens qui vivent à l'autre extrémité du pays, qui utiliseront rarement le pont ou jamais, seront obligés d'y contribuer. Ce n'est pas juste.
Deuxième possibilité : la ville de Bizerte paie. Les habitants de la ville prennent en charge leur pont. On peut penser qu'une partie des Bizertins ne sont pas des usagers de ce pont. Mais on peut leur répondre qu'ils vont en récolter les retombées. La question, déterminante, est la suivante: la ville aura-t-elle les moyens de prendre en charge un projet aussi coûteux ? Non, évidemment.
Troisième possibilité : faire un montage financier avec des fonds publics. L'Etat finance une partie, la ville de Bizerte une partie et les différents ministères, une troisième. C'est une possibilité mais qui reste compliquée, voire non efficace. Nous revenons en fait à la case numéro 1, mais diluée car il y a une participation plus forte des Bizertins.
Quatrième possibilité : faire appel à un partenariat public-privé. Cela peut prendre diverses formes et, par exemple, une concession au privé avec de vrais appels d'offres. L'Etat facilite les procédures, le pont sera construit par le concessionnaire selon un cahier des charges. Une fois construit, le pont devient un péage. C'est normal, il faut que le concessionnaire rentre dans ses frais et que le pont soit rentable. Cela signifie, en d'autres termes, que le pont coûtera très peu au contribuable et qu'il sera payé par les seuls usagers, chacun au prorata de son utilisation.
Service public
La quatrième solution représente admirablement le partenariat public-privé. Un schéma qui a prouvé son efficacité dans des pays similaires au nôtre. L'ex-ministre des Finances, Jaloul Ayed, avait fait de l'élaboration des textes relatifs au partenariat public-privé l'un de ses chantiers prioritaires. Pour rendre à César ce qui est à César.
Seulement, il faut prévoir une alternative pour les usagers qui ne veulent pas payer, c'est leur droit : les routes relèvent du service public.
L'autoroute Tunis-Sousse est payante. L'usager qui décide de ne pas l'emprunter lui reste la route nationale. Elle est fatigante, plus longue, plus chère en gasoil, voire dangereuse la nuit, mais elle existe. Idem pour le nouveau pont de Bizerte payant. Il faudra prévoir une autre solution en parallèle; laisser le pont mobile et gratuit, remettre des bacs, construire un détour par Menzel Bourguiba. La voie gratuite doit exister en parallèle, c'est le droit du citoyen au service public.
La métaphore du ballon
En Tunisie, après la révolution, un débat essentiel n'a pas eu lieu.
Prenons le cas d'un ballon de football que chacun réclame. Un footballeur vient le réclamer, au nom du fait qu'il saura mieux l'utiliser puisqu'il est le meilleur footballeur tunisien : c'est la vision utilitariste. Le syndicat du peuple propose de couper le ballon en morceaux entre 10 millions de Tunisiens, ou seulement 1 million pour les Tunisiens les plus pauvres. C'est la vision égalitariste. Celui qui a fabriqué le ballon le réclame aussi, au nom du fait que le produit doit aller à celui qui le fabrique. Un autre vient dire, il faut demander au mufti qui nous dira lequel est plus habilité d'entre nous à prendre le ballon. Un populiste dira que nous donnerons un ballon gratuit à chaque Tunisien. Un capitaliste dira qu'il faut le vendre au prix du marché ou au plus offrant, etc.
La Tunisie est à ce stade : nous sommes à la recherche de l'équité entre les citoyens et les moyens pour mettre le pays sur les rails, par le biais de projets porteurs et de solutions efficaces. Nous sommes à la recherche de solutions et de réponses. C'est quoi la justice, l'égalité des chances ? Comment répartir l'existant? Quels sont les droits de chacun ? Que faire lorsque les droits réclamés s'opposent au mérite individuel ?
C'est le consensus que les Tunisiens doivent trouver. Un consensus avec un premier étage de solidarité transversale pour tous ceux qui sont dans la misère. Oui, il y a un niveau de misère qui est intolérable. La communauté nationale doit verser de l'argent aux plus démunis, aux veuves, aux orphelins. Pour le reste, l'équité doit être une méritocratie doublée d'égalité des chances et de défense des droits individuels. Car c'est le système le plus juste et le plus efficace. Répandre les promesses irréalisables et la mentalité d'assisté ne mène nulle part. Tout comme partager la pauvreté.
Le consensus tunisien qu'on doit refonder devra se faire sur le mérite, le travail, l'efficacité, l'esprit pratique. Il ne s'agit pas de dire, de revendiquer et de faire plaisir à son électorat, par des discours populistes. Il s'agit de sélectionner les priorités nationales, de trouver l'argent et de faire en sorte que les projets soient réalisés et rentables.
Nous voulons un pont, une faculté de médecine, une ligne TGV, une ville propre, un travail pour tous, des augmentations. Soit ! Il faut trouver les moyens et la manière de faire. Faute de quoi, à la liste on ajouterait un château en Espagne, en Andalousie si possible !
C'est le débat qui n'a pas eu lieu après la révolution. Une révolution qui a généré trop de demandes de rentes et relégué les valeurs du travail et du mérite au second rang.


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