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Priorité du prochain gouvernement ?
Monde rural et cités populaires
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 11 - 2014

Une stratégie globale de sauvetage des jeunes vivant dans les campagnes ne manquera pas de changer la donne, guère reluisante en ces temps-ci avec cette violence et cette terreur qui ne peuvent trouver mieux qu'un tel terreau oublié et abandonné.
Les laissés-pour-compte des dernières décennies sont le monde rural et les cités populaires qui cernent nos grandes villes.
Le soulèvement de 2010/2011 est né parmi les habitants de ces coins oubliés des plans de développement depuis l'Indépendance. Ils sont le vivier naturel de la délinquance, de la violence et, récemment, du terrorisme. Ce n'est pas un hasard si la plupart des cellules terroristes ayant été débusquées ou celles qui sont passées à l'action ont choisi comme bases les coins perdus de notre campagne (Rouhia, Bir Ali Ben Khlifa, Ali Ben Aoun, Goubellat, etc.) ou certains quartiers populaires (Raoued, Douar Hicher...). C'est là où la misère sévit parmi des dizaines de milliers de Tunisiens entassés souvent dans des conditions de vie inhumaines. La pauvreté, l'insalubrité et la promiscuité engendrent toutes les formes de désespoir et d'égarement, notamment parmi les jeunes pour la plupart désœuvrés.
Le chômage dans le monde rural pousse les jeunes vers l'exode pour aller chercher un emploi dans les grandes villes. Ces jeunes, qui trouvent le gîte chez des parents qui vivent eux-mêmes dans le dénuement, perdent très vite leurs illusions pour se retrouver nez à nez avec une réalité qui déchante. Ils finissent toujours par tomber dans l'interdit pour gonfler le lot des délinquants qui habitent ces quartiers et qui opèrent partout où il y a de l'activité.
Entre le monde rural et les cités populaires, c'est une sorte de vases communiquants, dans la mesure où le premier fournit les contingents des futurs braqueurs, receleurs, dealers et les candidats au terrorisme dans le pays et hors de nos frontières (Libye, Irak, Syrie, Afghanistan et même Tchétchénie et Cachemire).
Ils se comptent par milliers ceux qui ont cru fuir l'enfer terrestre pour le «paradis céleste» que leur promettent des enturbannés, passés maîtres dans l'art du lavage de cerveau, des hypocrites sans foi ni loi qui embrigadent des jeunes désorientés pour empocher ensuite les millions de dollars qui pleuvent de partout dans cet espace moyen-oriental embrasé et ensanglanté.
Vivier de délinquance et de terrorisme
Quand la misère s'installe, c'est le désespoir qui en découle et qui mène vers tous les excès. L'origine du mal est donc cette misère qui n'en finit pas. Et c'est à ce niveau-là que le prochain gouvernement, issu des récentes législatives, devra concentrer ses efforts pour s'attaquer au mal à la racine. La tâche sera on ne peut plus rude, surtout par ces temps de crise économique qui s'abat sur le pays. Mais cela, et en dépit de ces handicaps, devra figurer comme la priorité des priorités pour stopper cet élan dévastateur. Il faudrait d'urgence un plan de sauvetage pour les milieux ruraux les plus touchés par la misère et le chômage afin de faire face à l'exode rural qui n'a de cesse de s'amplifier, surtout ces quatre dernières années. Il n'y a de solution que de mobiliser toutes les énergies, notamment du côté des hommes d'affaires afin qu'ils prennent la mesure du danger qui guette le pays et leurs fortunes à eux. Ils doivent s'associer aux efforts du gouvernement pour investir dans ces régions, tout en les dotant d'une infrastructure à même de permettre la fixation des habitants chez eux et surtout les plus jeunes d'entre eux.
Investir dans ces contrées difficiles aujourd'hui c'est s'immuniser contre les dangers qui y couvent. Cette première action devra être suivie par une autre de grande envergure et qui devra toucher les cités surpeuplées du Grand-Tunis et des autres villes du pays. Des cités où la mal-vie saute aux yeux, avec des rues et ruelles où l'âne trébucherait, tellement elles sont crevassées et jonchées de gravats, souvent sans éclairage la nuit avec des égouts à ciel ouvert qui empestent l'air et charrient les vecteurs des maladies les plus dangereuses. En été comme en hiver, la vie dans ces quartiers est tout simplement indigne de l'espèce humaine.
Toutes ces conditions ne peuvent que favoriser l'émergence d'une violence aux expressions multiples et variées allant des vols aux crimes les plus crapuleux, en passant par les menus trafics de toutes sortes pour aboutir au stade suprême de la violence qu'est le terrorisme qui n'est d'ailleurs qu'un aboutissement logique de l'abandon dans lequel vivent ces centaines de milliers de citoyens. Dans ces quartiers où les gros caïds du terrorisme ont élu domicile pour appâter et former les futurs exécuteurs de leurs plans destructeurs et sanguinaires, le besoin d'une autre perception pour les arracher des griffes malfaisantes se fait sentir et n'autorise aucun retard. Sauver les jeunes de ces cités et en faire des citoyens responsables impliquent impérativement une stratégie qui allie l'économique, le social et le culturel dans un programme qui s'étalerait sur des années et dont l'objectif est de redonner de l'espoir à cette frange de la société pour l'initier à la vie civique constructive et en faire une partie prenante de la reconstruction de la nouvelle Tunisie.
Cette œuvre salvatrice ne pourra être du seul ressort du gouvernement, elle doit nécessairement impliquer la société civile, appelée à y mettre du sien pour accompagner ces jeunes désorientés, désabusés et gagnés par le désespoir.
Son rôle est aussi déterminant que celui des pouvoirs publics par la voie de ses associations, ses hommes et ses femmes prêts à prendre en main des jeunes en manque de repères et qui sont la cible idéale des obscurantistes et des bandits aigris. Une telle action qui se situe dans le temps et dans l'espace aura à n'en point douter son impact positif sur la vie de ces quartiers et sur les rapports entre leurs habitants et les milieux qui les entourent pour une vraie réinsertion dans la société qui a besoin de toutes ses composantes pour contribuer à la reconstruction de notre pays. C'est le moment ou jamais pour que le Tunisien se sente fier de son appartenance à cet espace qu'est la Tunisie pour la défendre de la rapacité des envieux et leurs desseins destructeurs et pour l'immuniser contre toute intrusion maléfique venant de l'intérieur et de l'extérieur.
C'est, à notre sens, le plus grand défi que nous devons tous relever au cours des prochaines années, pourvu qu'on s'y mette au plus tôt et avec une conviction inébranlable.


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