En vidéo : Saied préside la cérémonie de commémoration de l'assassinat de Farhat Hached    Foot-Europe: le programme du jour    Affaire Omar Laâbidi: 14 sécuritaires accusés d'homicide involontaire    Distribution de plus de 403 mille litres d'huile subventionnée    CSS – Tusker : Formation probable des sfaxiens    Kasserine : Une femme blessée dans l'explosion d'une mine    NBA : Chicago Bulls fait tomber les Nets, les Warriors surpris par les Spurs    Lutte contre le changement climatique: Les efforts d'atténuation : obligation ou opportunité ?    L'embrasement    Assassinat de Farhat Hached, il y a 69 ans: Le meurtre qui signa l'arrêt de mort de la colonisation    Mes odyssées en Méditerranée: Mariano Stinga, un renégat de Tunis    André Parant, ambassadeur de France: La France, partenaire attentif et bienveillant de la Tunisie    NEWS: Souleymane Coulibaly refait surface    C3 — TOUR DE RECADRAGE — MAtCH RETOUR — CSS-TUSKER FC (18H00) Le CSS dans le costume de favori    Après la desillusion de la Tunisie face à la Syrie (0-2): Jusqu'à quand les leçons non retenues ?    Projet «Promotion du Tourisme Durable»: La Tunisie, notre destination    ils ont dit    La reproduction canine    Pourquoi: Les taximans et leurs caprices…    Kairouan: Le soupir des coupoles    Ville de Tunis: Feelmedina, une initiative pour des week-ends heureux dans la Médina    Cérémonie d'ouverture de la 22e édition des Journées Théâtrales de Carthage: Démarrage sur les chapeaux de roues    Choisir des plantes d'intérieur pour le chien et le chat...    Macron et MBS veulent veiller à la «stabilité» dans le Golfe    Maroc: Interdiction de tous les festivals et manifestations culturelles    Tunisie-Météo : Cellules orageuses et pluies attendues    Tunisie-Covid : Un décès et 219 contaminations    La police turque aurait déjoué un attentat à la bombe visant le cortège d'Erdogan    J04 – Ligue 2 Pro : Résultats et classements après les matches de samedi    Erdogan échappe à une tentative d'assassinat    Turquie [VIDEO] : Démantèlement d'une tentative d'assassinat d'Erdogan lors d'un rassemblement populaire    La startup Tunisienne Lamma accélère sa vision Quick commerce et acquiert Farm Trust    CMF : Visa pour l'admission en Bourse de "Smart Tunisie"    Les recettes douanières ont augmenté de 17,2%, fin novembre    JTC 2021: Une inauguration inédite célébrant plusieurs expressions d'art et transmise à la télé    Tunisie – Japon : Conférence "JICA Chair" et signature d'un mémorandum de coopération à l'ENA de Tunis    Tunisie [EN DIRECT] : Les militants de l'Union affluent à la Kasbah pour commémorer l'assassinat de Farhat Hached    Foot-Europe: le programme du jour    Yasmina Khadra appelle au sauvetage de la librairie El Moez    Opportunités : Des hommes d'affaires tunisiens prospectent les marchés kenyan et ougandais    UGTT : Commémoration du 69e anniversaire de l'assassinat de Hached    Tunisie Télécom accompagne la Tunis Fashion Week    Ce dimanche, accès gratuit aux musées, monuments et sites historiques    Aux Galerie « XYZ » et TGM Gallery : La Grenade exposée sous toutes ses coutures et l'Ecole de Tunis haute en couleurs    L'Omicron était déjà présent en Europe avant la cascade de restrictions visant l'Afrique?    La Tunisie cherchait à acheter jusqu'à 175 000 tonnes de blé tendre    Space X : Elon Musk menace ses salariés de fermeture    Ghazi Moalla : Trois personnalités sont les favoris pour l'élection présidentielle libyenne    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Tant qu'il y aura des films amateurs
25e Fifak (10-17 juillet)
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 07 - 2010

La 25e édition du festival international du film amateur de Kélibia (Fifak) s'égrène depuis voilà quatre jours entre projections de films en compétition, rencontres et débats.
Chaque soir, vers 22h00, dans le théâtre de plein air, plein comme un œuf, assis sous un ciel étoilé et inconfortablement installé sur des bancs en ciment(!) le public fidèle de tout âge de cette manifestation vient au rendez-vous de la fête du cinéma amateur.
Tant qu'il y aura des films amateurs, le public viendra, malgré tout.
D'une section à l'autre, des opus se sont imposés, suscitant l'intérêt et créant le débat avec une mention spéciale pour les cinématographies russe, argentine, libanaise et iranienne. Mais parlons d'abord des productions tunisiennes découvertes jusqu'ici dans les trois compétitions confondues entre internationale, nationale et films d'école.
Made in Tunisia
Tunisino code de Zied Litayem est certes un film d'école de l'Isamm (Institut supérieur des arts de multimédia de la Manouba), mais sélectionné dans la compétition internationale. Voilà un opus qui ne manque pas d'imagination, fort d'une idée assez intéressante et d'un traitement moderne façon «matrix». Un auteur-réalisateur écrit en direct, sur son PC, le scénario de son film. Dans son monde virtuel, il alimente de plusieurs données la matrice de son ordinateur construisant et «manipulant» les personnages, les situations et les images grâce, entre autres, à un code politique.
Le propos, pas toujours clair, se focalise sur les évènements et tourments qui agitent certaines régions du monde, telles la Palestine et l'Irak.
Puis de s'intéresser enfin, lors de la phase du climax (le culminement de l'action), à des problèmes qui nous sont plus propres, entre autres la condition de l'artiste sous nos cieux. Très applaudi par le public Tunisino code vaut notamment par la forme enlevée, séduisante et dans l'air du temps.
Toujours dans la compétition internationale Le parfum de la terre montre l'évolution cinématographique de Abdelaziz Bouchmel, du club «El Hamma» (ayant remporté l'année écoulée, le deuxième prix de la compétition nationale). Ce film documentaire traite du quotidien de villages du sud du pays.
Le rapport à la nature, la difficulté de vivre de ces paysans du sud sont montrés dans des scènes pas du tout misérabilistes, enveloppées d'airs de la gasba (flûte), un peu longs toutefois, et de beaux chants de femmes.
Cependant, il manque à ce documentaire un angle plus précis de traitement, bien que le réalisateur ait tenté plusieurs pistes (la rareté de l'eau par exemple) mais sans oser s'aventurer plus avant. «le parfum de la terre» reste en retrait de tout point de vue réellement affiché.
Quid des autres films tunisiens, programmés dans le reste des sections.
Côté section films d'école, évoquons L'ascenseur de Aymen Marzouka, produit par l'Isban (Institut supérieur des beaux arts de Nabeul) qui se distingue par un certain effort d'animation à propos de relations amoureuses inspirées par des couples qui prennent l'ascenseur.
Histoire d'un amour (Hikayatou ishkin), où le réalisateur Heythem Othmani de l'Isam (Institut supérieur des arts et métiers) de Kairouan rend hommage aux fictions télévisuelles, entre séries et feuilletons. De Hadj klouf et Ommi Traki à Sayd Errim en passant par Khottab al bab, Bin ethenaya, Ghada, Matos s'égrène une enfilade de situations, les unes plus indigentes et maladroites que les autres et sans intérêt aucun. Il faut dire que notre cinéaste en herbe n'a que des références télévisuelles. L'on ne comprend pas ce que vient faire ce court métrage dans le programme car il n'est pas nécessaire de sélectionner à tout-va si l'on veut garantir le niveau et la qualité. Dans la section nationale, signalons A louer, de Nidhal Sehili (club Monastir 2) où un jeune à la recherche d'un travail est contraint au final à jouer les mannequins dans la vitrine d'une boutique de vêtements.
A louer, qui pêche par la mollesse des situations, au milieu du film et un son saturé, se caractérise par une belle attaque et un bel épilogue (chute). Enfin, Suicide d'un artiste, de Ahmed Hermassi, cinéaste amateur indépendant, filme, lui, la performance d'un étudiant de l'Institut des beaux- arts de Sousse dans le cadre d'une rencontre universitaire nationale. Cette performance a créé une intense polémique, s'agissant de la simulation d'un suicide, par pendaison, d'un artiste mais qui a, malgré tout, beaucoup choqué les étudiants.
Ce documentaire, en fait un reportage, agite le problème de la création et de la créativité et de leur limite : pourquoi pas? Mais faudrait-il encore que le traitement soit clair et conséquent. Or, le traitement est loin d'être limpide et si le spectateur n'a, auparavant, aucune idée sur cet événement, il ne comprendra pas grand- chose, ni aux tenants ni aux aboutissants de l'histoire. Il s'agit d'un collage très confus et cahotique de témoignages d'étudiants. Seule la scène de la performance assez dangereuse et choquante, du reste, suscite un certain intérêt.
Maintenant, concernant les films étrangers de la compétition internationale, certains ont jusqu'ici émergé du lot.
Citons-en Absence de J.F.Budnik (Argentine), The frame of memory de Mohamed Ridha Mouradi (Iran), Forma d'Aleksey Trosenko (Russie) qui ont prévalu par la clarté du propos, la force de l'imagination et la qualité de la technique. Mais le film ayant surclassé l'ensemble est Tom du Libanais Karim Ghorayeb. Ce film d'école en compétition internationale s'est imposé par la fraîcheur et l'originalité aussi bien du propos que du traitement. La question fondamentale qu'il pose étant la suivante : peut-on effacer ses souvenirs et laver la mémoire aussi bien des bons que des mauvais souvenirs?
« Impossible, répond Tom, car plus on insiste plus on essaie de les effacer, plus ils remontent à la surface de notre mémoire».
Tous ces souvenirs sont représentés par des assiettes que Tom lave et astique fortement afin de se débarrasser de tout ce qui lui rappelle le passé, en vain. Mais à force de s'adonner à cet exercice de «lavage de mémoire», Tom invente un système de machine à laver. Traitant du rapport au temps, à l'histoire et à la mémoire, ce film d'école réussit à convaincre, surtout grâce à l'imagination débridée, l'économie des moyens, l'ingéniosité du décor des lumières et du jeu. Et ce n'est pas là la première fois que les films d'écoles libanais forcent l'admiration et le respect.
A suivre donc.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.