Les régions concernées par la première phase du programme de logements en location-accession    Trump 2.0: l'avènement de l'Etat-entreprise et la recomposition de l'ordre mondial    Un enfant tunisien retenu depuis deux mois à Kuala Lumpur    Météo Tunisie : Temps nuageux, vents forts, pluies orageuses et baisse des températures mercredi    Tunisie : nomination ou élection des présidents d'université ?    Jalila Baccar, Fadhel Jaibi et Taoufik Jbali: mille mots pour saluer de grands artistes    La Banque centrale de Tunisie intègre le rial omanais dans la cotation des devises étrangères    Sidi Bou Saïd menacée par les glissements : comment protéger la colline ?    Le paiement en espèces est-il désormais libre de toute contrainte ?    Le ministère de la Santé ouvre des concours externes pour le recrutement de compétences médicales spécialisées    Le PSG officialise l'achat de Khalil Ayari    Tunisie : l'huile d'olive domine le marché russe    Croissant lunaire invisible : voici la date la plus probable du Ramadan    Sfax : la médina au cœur d'un risque majeur, 700 bâtiments concernés    "TAWHIDA", robot éducatif pour la sensibilisation sanitaire en dialecte tunisien    Lancement de GreenGate: le répertoire des acteurs de l'écosystème entrepreneurial vert tunisien    CSS : Cinq joueurs prêtés pour renforcer les clubs tunisiens    Picasso: l'éternel réinventeur de l'Art    Tunisie-Koweït : vers des relations bilatérales renforcées    Arbitrage en crise : les arbitres passent à l'action ?    Amendes autocollantes vs changuel : quelle alternative pour le recouvrement et la sécurité ?    Football : le Paris Saint-Germain confirme l'achat de l'attaquant tunisien Khalil Ayari    Taekwondo : Amenallah Trabelsi décroche l'argent pour la Tunisie au tournoi d'Al Fujairah    Tout sur le nouveau SUV Mahindra 3XO : la voiture pensée pour la vie quotidienne des Tunisiens, économique et fonctionnelle (Vidéo)    Paiement de la taxe de circulation 2026 : dates limites selon le type de véhicule    Météo Tunisie : Temps partiellement nuageux, pluies éparses et vents forts attendus mardi    Choc en Omra : suspension de 1800 agences pour protéger les droits des pèlerins    Egypte : la chanteuse tunisienne Sihem Grira décédée    Mounir Zili - Agriculture Durable vs Agriculture «Rentable»: Le choc des modèles au cœur de l'olivier tunisien    Mohamed Harbi: Un grand frère disparu    Relations irano-américaines : Pezeshkian mise sur des pourparlers sans « attentes irréalistes »    Quand débutera le Ramadan 2026 en France ?    Festival Mon premier film Documentaire MyfirstDoc 2026 : appel à films documentaire d'écoles de cinéma de Tunisie    Sfax rassemble ses livres    Yadh Ben Achour : Le déclin de l'universalité des droits de l'homme (texte intégral)    ATMEDIA lance la première session de formation sur l'intelligence artificielle pour les journalistes    Décès de l'actrice de'' Home Alone''    Match Tunisie vs Egypte : où regarder la finale de la CAN Handball 2026 ce 31 janvier?    Ooredoo Tunisie Sponsor Officiel du Champion du monde Mohamed Khalil Jendoubi    La Tunisie au Conseil de Sécurité : Rien n'a changé dans les territoires palestiniens occupés, le cessez-le-feu reste violé par la puissance occupante (Vidéo)    Constituants sans constitutionnalisme, thème des Journées Abdelfettah Amor    Le Forum Chokri Belaid des Arts se déroule dans sa 9ème édition du 1er au 7 février 2026    D'où vient un trésor historique découvert à Houaria ?    Décès d'une star du football, Mahfoudh Benzarti : une carrière singulière    Document – Le discours-évènement du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos : privilégier les valeurs, face à la domination    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Une décision courageuse ... et après?
Fermeture temporaire du centre de rééducation des mineurs délinquants de Gammarth
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 12 - 2014

Où en est le projet d'amélioration de la justice juvénile ?A la demande du gouvernement et sur la base d'un diagnostic profond et d'enquêtes scientifiques, un large programme de réforme de la justice est en marche depuis 2012. L'affaire du centre de Gammarth, présentée comme un scandale politico-social, suscite l'étonnement et diverses interrogations
Mercredi 24 décembre 2014, le ministre de la Justice, Hafedh Ben Salah, et la secrétaire d'Etat chargée de la Femme et de la Famille, Neïla Chaâbane, ont effectué une visite «inopinée» au centre de rééducation des mineurs délinquants de Gammarth. La visite a déclenché l'indignation générale, outre la compassion des citoyens. Les conditions de détention des jeunes «pensionnaires» enfreignent les droits humains les plus élémentaires et la dignité humaine. L'indignation est doublée d'interrogations : pourquoi s'en est-on aperçu maintenant ? Pourquoi en parler maintenant ? Les trente-sept jeunes détenus du centre de rééducation des mineurs délinquants de Gammarth ont été déplacés, provisoirement, à partir de lundi 29 décembre 2014. Ils ont été répartis entre le centre d'observation des mineurs de La Manouba, seule structure d'observation du genre dans le pays pour les 13-15 ans, et le centre de rééducation d'El Mourouj, une des sept « prisons » pour les enfants d'âge légal entre 15 et 18 ans.
Constat alarmant
Le transfert des jeunes détenus fait suite à une décision du ministre de la Justice, des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle, prise lors d'une réunion d'urgence tenue le lendemain, jeudi 25 décembre 2014, et à laquelle ont participé la secrétaire d'Etat chargée de la Femme et de la Famille, le directeur général des institutions pénitentiaires et des cadres des différents ministères concernés par l'enfance. Motif de la décision : conditions indécentes de détention des 37 jeunes détenus du centre de Gammarth et non-respect de leurs droits les plus élémentaires portant atteinte à la dignité humaine. L'amer constat fait par les deux ministres a étonné et choqué plus d'un, pour maintes raisons. Si la décision de fermeture a été justifiée par le souci de rénover et remettre à niveau, dans les plus brefs délais, le centre de correction et d'améliorer la qualité de la prise en charge des jeunes détenus en son sein, personne ne comprend la surprise et l'indignation des deux ministres lors de cette visite dite inopinée du centre de Gammarth. N'ont-ils jamais été informés de la situation de ces jeunes détenus ? Dans le cas échéant, qui les a alertés et pourquoi maintenant ? Qu'est-ce qui explique le silence des structures de tutelle et de contrôle pendant toutes ces années ?
Un fonds de l'Union européenne pour les travaux de rénovation
Sur les ondes de Shems FM, vendredi 26 décembre, Kamel Eddine Belhassan, chargé de mission au cabinet du ministre de la Justice, des institutions pénitentiaires en l'occurrence, a donné des éléments de réponse. Il a expliqué que « l'état de délabrement avancé de ce centre, très ancien, était connu du ministère de tutelle (Justice) et qu'un financement accordé par l'Union européenne, dans le cadre de la coopération internationale, était déjà réservé pour les importants travaux de rénovation et de maintenance du centre de Gammarth ». Des travaux qui, pour des raisons de procédures administratives et autres, n'ont pu être réalisés jusqu'à ce jour. Sur la base de ces propos, il y a lieu de s'interroger : si le ministre de la Justice savait, pourquoi était-il surpris par l'état des lieux et pourquoi cette visite maintenant ? A qui profite cette révélation gênante qui éclate au dernier quart d'heure du gouvernement Jomaâ ? « Le suivi en détail et au quotidien ne peut pas être assuré par le ministre de la Justice lui-même, quant à la délimitation des responsabilités elle sera définie par l'enquête qui a été ordonnée », explique encore Kamel Eddine Belhassan. Nombreuses interrogations interpellent responsables, spécialistes, analystes et médias et attendent des réponses convaincantes. Car, l'affaire du centre de Gammarth, qui a pris l'allure d'un scandale politico-social, vient au moment où le ministère de la Justice est engagé avec d'autres ministères (Affaires sociales, Intérieur...), depuis 2012, dans une profonde réforme du système judiciaire.
Projet d'amélioration de la justice destinée aux enfants (2013-2016)
La réforme de la justice a été lancée avec le Programme d'appui à la réforme de la justice (Parj), qui a fait l'objet d'une convention de coopération signée le 2 octobre 2012, entre le gouvernement tunisien et l'Union européenne, en tant que bailleur de fonds. Ce large programme comporte, à juste titre, une composante spécifique à la justice juvénile. Celle-ci se décline sous la forme d'un projet d'amélioration de la justice destinée aux enfants en conflit avec la loi dont l'appui technique a été attribué à l'Unicef en raison de sa grande expérience et de son expertise dans le domaine des droits de l'enfant. Et à ce titre, une convention a été signée en mars 2013 entre l'Union européenne et l'Unicef, en présence du ministre de la Justice. Ce projet d'amélioration de la justice juvénile, financé par l'UE à hauteur de 1,8 million d'euros et couvrant la période 2013–2016, vise à garantir aux enfants un système de justice plus respectueux de leurs droits et plus efficace en répondant à quatre besoins essentiels de la justice tunisienne : le renforcement des capacités des intervenants dans la chaîne pénale — de la garde à vue jusqu'à la condamnation, la détention et la réinsertion sociale (forces de l'ordre, juges, avocats, conseillers sociaux, personnel pénitencier) —, l'usage plus fréquent des mesures alternatives à la détention des mineurs (liberté surveillée, médiation), l'amélioration de la prise en charge et du suivi de l'enfant de la détention jusqu'à sa réintégration sociale et la dynamisation de la coordination entre les divers intervenants. Tous ces efforts devront à terme pouvoir réduire l'écart existant et constaté entre les textes de lois en vigueur, très avancés, et leur application à toutes les étapes de la chaîne pénale.
1.400 enfants passent chaque année par les centres de rééducation et d'observation
Améliorer le système judiciaire, qu'il soit pour les mineurs ou les adultes, est un travail de longue haleine qui exige une volonté politique, des moyens humains et financiers et la détermination de la part de tous les intervenants et de tous les partenaires, dont la société civile et la coopération internationale. Le projet d'amélioration de la justice juvénile est en cours de concrétisation, il donnera certainement des résultats, au fur et à mesure, dans les prochaines années, mais l'opinion publique est en droit de s'interroger sur les véritables raisons qui ont fait que les conditions de détention dans le centre de Gammarth soient arrivées à ce stade de dégradation. On compte en Tunisie sept centres de rééducation pour mineurs délinquants âgés de 15 à 18 ans, dont un pour filles à El Mghira, et un seul centre d'observation pour les 13–15 ans à La Manouba. Chaque année, 1.400 enfants passent par ces institutions privatives de liberté sur un total annuel de 13.000 mineurs en conflit avec la loi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.