Rêve(s) de Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi : lorsqu'une pièce théâtrale se transforme en leçon d'acting    Tunisian Women in Tech of the Year 2025 Honoring Excellence in STEM    Honda entreprend un nouveau chapitre en formule 1 avec Aston Martin en vue de la saison 2026    Hand – CAN 2026 : la Tunisie s'offre le Cameroun    Sinistres liés aux perturbations climatiques : les assurances tunisiennes assurent soutien, accompagnement et indemnisations    Evolution du streaming : impact du FAST, des créateurs et des expériences en direct sur l'avenir de la TV    Tahar Bekri: Saule majeur    Comment lire votre test du diabète et comprendre chaque chiffre ?    Salon National des Arts Plastiques 2026 : rendez-vous pour une 2ème édition au Macam Tunis    Penser le futur par le passé: Carthage antique et le boomerang colonial dans la géopolitique du Groenland    TLScontact Tunisie : Information aux demandeurs de visa à la suite des perturbations météorologiques    Pluies et inondations : comment être indemnisé pour votre véhicule ?    Météo en Tunisie : Pluies éparses et temporairement orageuses à intenses sur l'extrême nord-ouest    Routes coupées à cause des pluies : la Garde nationale alerte tous les Tunisiens !    Nouveau calendrier officiel pour les examens de l'audit comptable 2026    Riadh Zghal: Digitaliser pour stimuler l'entrepreneuriat en Tunisie    Naufrage à Teboulba : quatre pêcheurs toujours portés disparus, appel urgent aux secours    UBCI: Produit net bancaire en hausse de 9.5% à fin 2025    Quand la terre change de souveraineté : histoire longue des ventes de territoires, de l'Empire romain au Groenland    Abdellaziz Ben-Jebria – Mes périples et maisons : lieux en souvenir    Tempête Harry en Méditerranée : quels impacts pour la Tunisie face à cet épisode météo extrême?    Tunisie Telecom remporte pour la 7e année consécutive le trophée nPerf de la meilleure performance Internet mobile en Tunisie    Perturbations météorologiques en Tunisie : plusieurs représentations diplomatiques ferment leurs portes    Bien plus que du soleil : Pourquoi les expatriés succombent au charme de la Tunisie    Sabri Lamouchi sort du silence : Être sélectionneur de la Tunisie est un honneur immense    Le grand couturier italien Valentino s'éteint à 93 ans, une légende de la mode disparaît    Professeur Amor Toumi: Père de la pharmacie et du médicament en Tunisie    Programme Ceinture Verte en Tunisie : reboisement pour lutter contre la dégradation des sols et la désertification    Joy Awards 2026 : Riyad célèbre le divertissement mondial dans une cérémonie digne des Oscars    CAN 2025 : Polémique après le refus du frère du Roi de remettre le trophée au Sénégal    Top 10 des stars qui ont marqué la CAN 2025    Collision de trains en Espagne : dizaines de blessés et 39 morts    Saïfeddine Makhlouf maintenu en détention : cinq ans de prison confirmés    Match Maroc vs Sénégal : où regarder la finale de la CAN Maroc 2025 du 18 janvier ?    Khadija Taoufik Moalla: Mourad Wahba, le philosophe qui voulait réconcilier raison, foi et humanité    USA: La suspension de la délivrance de visas affecte-t-elle un visa en cours de validité et s'applique-t-elle aux visas de tourisme ? Voici la réponse    Taboubi met fin à la démission et renforce le mouvement syndical    Nouveau portail consulaire : Simplification des démarches pour les Tunisiens aux Emirats    Abdelaziz Kacem - De la culture générale (I): Le temps des alertes    Et si Bourguiba n'avait pas aboli les habous ?    Habib Touhami: Le développement à l'ombre de la démographie    America First 2026: Le Mémorandum qui redessine l'échiquier mondial    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Beaucoup reste à faire
le secteur de la santé a Kairouan
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 01 - 2015

Nul n'ignore le rayonnement de Kairouan et l'influence du patrimoine médical et des médecins kairouanais qui ont joué un rôle dans la diffusion des connaissances du VIIIe au XIIe siècle, aussi bien au Maghreb qu'au Machreq ainsi que leur apport au corpus du savoir en occident, et ce, à travers les multiples traductions de leurs œuvres vers le latin et vers d'autres langues d'usage à cette époque
Les disparités régionales en matière d'accès aux soins sont importantes dans notre pays. Plusieurs gouvernorats, dont celui de Kairouan, sont toujours défavorisés au niveau de l'infrastructure, des équipements et des ressources humaines dans le domaine de la santé.
En effet, malgré la mutation qualitative et quantitative du secteur de la santé enregistrée depuis une décennie, la région de Kairouan continue de souffrir du manque de certaines spécialités et d'équipements perfectionnés dans les établissements hospitaliers, ce qui oblige les patients à aller souvent se faire soigner à Sousse, Monastir ou Tunis.
La consultation se fait une fois par semaine
Lorsqu'on visite les unités de soins situées dans les zones rurales du gouvernorat de Kairouan qui sont au nombre de 132, on constate qu'elles manquent d'équipements, de personnel médical et d'ouvriers. En outre, la consultation se fait une fois par semaine et le médecin généraliste doit ausculter un grand nombre de patients qui passent toute la journée ou presque dans de longues files d'attente.
Le reste de la semaine, les infirmiers assurent les premiers soins, prennent la tension, font des injections ou contrôlent le diabète. En cas de maladies graves, de bronchite, de gastro-entérite ou d'insolation, le malade doit chercher un moyen de transport pour se rendre au centre de base du chef-lieu de la délégation où à l'hôpital de Kairouan, ce qui occasionne beaucoup de dépenses.
A l'unité de soins d'El Karma (délégation de Chebika), Imen Guizani, la seule infirmière dans cette unité en compagnie d'une jeune stagiaire, nous explique qu'elle est obligée de faire le ménage, d'acheter les produits détergents et d'affronter l'agressivité de certains individus qui veulent se procurer des calmants : «En effet, nous n'avons ni gardien, ni ouvrier et je me trouve parfois dans des situations dangereuses, devant des blessés ou des désespérés qui veulent à tout prix que je les soigne...».
Des centres de base sans groupe électrogène
A Sidi Amor Bouhajla dont le nombre d'habitants est de 120.000, l'hôpital locale, qui a enregistré, en 2014, 46.000 consultations en urgence, ne possède pas de groupe électrogène. En outre, une partie des différents pavillons n'est pas reliée aux canalisations de l'Onas. Ainsi, lors de la coupure d'électricité qui a eu lieu le 19 janvier, le cadre paramédical a été obligé de continuer à faire accoucher une femme sous les lumières de l'ambulance!
Notons qu'il est prévu, en 2015, la transformation de cet hôpital en un hôpital régional de catégorie «B».
Rappelons que les 9 maternités périphériques manquent de cadres paramédicaux, de gynécologues et d'équipements, d'où les nombreux cas de transfert des femmes en cas de délivrance difficile vers l'hôpital régional de Kairouan avec tous les risques que cela comporte.
Notons qu'il existe dans tout le gouvernorat, où on enregistre 10.000 naissances par an, 107 sages-femmes, ce qui reste insuffisant.
Quatre déplacements d'El Messaïd à Kairouan pour une cataracte!
Dans la localité d'El Messaïd (délégation d'El Ala), Aïcha Rebhi nous explique que pour que sa mère puisse se faire opérer de la cataracte à l'hôpital de Kairouan, elle a dû louer 4 fois une voiture à 50D le trajet entre leur localité et Kairouan-Ville (soit en tout 200D): «En effet, une fois c'est pour les analyses, une autre pour les radios, une troisième pour me dire que les radios ont été mal faites et qu'il faut les refaire, et une quatrième pour l'opération, sans compter les contrôles, etc. Il y a de quoi devenir désespéré».
Pour toutes ces raisons, la population kairouanaise souhaiterait la mise en place de structures de première ligne à même de mieux répondre aux besoins des villageois avec des services réactifs.
Le seul scanner est souvent en panne
Il existe dans tout le gouvernorat de Kairouan 134 médecins dont 84 spécialistes, 1.354 cadres paramédicaux, 388 techniciens supérieurs, soit un médecin pour 6.566 habitants et un spécialiste pour 114.252 habitants.
L'hôpital Ibn El Jazzar, avec son unité chirurgicale «Les Aghlabides», connaît une grande affluence de toutes les délégations du gouvernorat de Kairouan mais aussi des gouvernorats de Mahdia (Aouled Chamekh), Zaghouan (Ennadhour), Kasserine et Gafsa soit un total d'1.400.000 habitants.
Ainsi du 14 janvier au 31 décembre 2014, on y a enregistré 74.341 consultations dans les urgences et 20.265 hospitalisations.
Parmi les services qui forcent l'admiration, on pourrait citer celui de la maternité équipé de matériel sophistiqué et comptant 6 salles d'accouchement, 3 blocs opératoires, trois salles de réanimation et une urgence spécialisée.
Par ailleurs, le service d'imagerie médicale est doté d'un mamographe, de 3 échographes, d‘un appareil panoramique et d'un scanner multibarettes (6). Néanmoins, comme nous l'explique le Pr Rafika Alouni, chef de service, ce scanner est devenu vétuste et ses pannes sont devenues très fréquentes et durent plus de 2 mois : «En effet, nous effectuons 7.000 scanners par an alors que dans d'autres villes tunisiennes, on en effectue aux alentours de 3.000».
D'où la nécessité du renforcement de notre service d'un 2e appareil plus perfectionné. Mais nous avons de bonnes nouvelles pour 2015 puisque le ministère de la Santé a prévu un projet d'aménagement et d'extension d'une unité d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour un coût de 230.000 D. Par ailleurs, trois milliards ont été débloqués pour le démarrage des études pour la réalisation d'un nouveau CHU à Kairouan pour un budget de 100 milliards.
L'unité d'oncologie nécessite beaucoup de réaménagements
Toujours à l'hôpital Ibn El Jazzar, nous nous sommes rendus à l'unité d'oncologie où on traite les tumeurs cancéreuses, unité créée il y a trois ans, ce qui évite des déplacements aux patients vers les villes côtières pour se faire soigner.
Mme Rym Chafaï, assistante universitaire et responsable de cette unité, nous précise qu'en 2014, on y a traité 2630 patients dont 1.200 ont suivi un traitement de chimiothérapie et le reste a bénéficié de traitements palliatifs : en fait, il s'agit d'une unité d'hôpital du jour et on se trouve parfois obligé de recourir au service de pneumologie pour les malades qui doivent passer une ou 2 nuits. Et puis, nous ne disposons que d'un médecin spécialiste, trois infirmières principales et 2 aides-soignantes.
Nous n'avons même pas de secrétaire. Notre souhait est que cette unité soit aménagée en un service universitaire où on pourrait hospitaliser les patients nécessitant des traitements lourds. Notre ambition est de nous fixer 2 objectifs dont le premier vise la prise en charge thérapeutique des patients dans les délais prescrits et le deuxième concerne la formation des résidents, l'organisation de conférences et de travaux scientifiques...», ajoute Mme Chafaï.
Projet de création d'un service de réanimation néonatale
Il existe dans tout le gouvernorat un seul service de pédiatrie (au sein de l'hôpital Ibn El Jazzar) avec une unité de néonatalogie intégrée.
En outre, on a enregistré, en 2014, 8.288 accouchements au service de maternité où le taux d'occupation des lits a été de 154%. En outre, on a également enregistré une baisse considérable de la mortalité infantile qui est passée de 20,25% en 2007 à 12,64% en 2013.
Le Pr Khaled Ben Hlel, chef de service de pédiatrie de Kairouan, nous précise dans ce contexte que l'unité de néonatalogie se trouve à 80 mètres de la maternité et que le nouveau-né est souvent transféré dans les bras de l'interne ou du résident sous la pluie et dans le froid, d'où les risques d'hypothermie : «C'est pourquoi nous avons suggéré aux responsables du ministère de la Santé la création d'un centre de réanimation néonatale juste à côté de la maternité sur un terrain couvrant 2.000 m2 et qui serait indépendant du service de pédiatrie. Et c'est dans ce contexte qu'une enveloppe d'un million de dinars a été prévue par l'Etat pour la construction de ce centre.
C'est le rêve de toute la région qui va être enfin réalisé et les nouveaux-nés de Kairouan vont avoir les mêmes chances de survie ainsi que la même qualité de soins que les autres nouveaux-nés des autres gouvernorats...», ajoute le Pr Ben Hlel.
Pour terminer, tous les citoyens voudraient la création, à l'hôpital régional, d'un service de réanimation médicale et d'une salle de cathétérisme cardiaque au service de cardiologie.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.