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Radhi Meddeb: "La Tunisie n'est pas l'Egypte"
Publié dans Leaders le 08 - 07 - 2013

Morsi vient d'être débarqué par l'armée au terme d'une grande mobilisation populaire qui a réclamé son départ et qui s'est traduite notamment par la signature d'une pétition en ce sens par plus de 22 millions de personnes.
Morsi était au pouvoir depuis un an. Il avait été élu par un vote direct à une très courte majorité face à un adversaire issu de l'ancien régime et représentant les forces modernistes face aux islamistes et conservateurs.

Depuis un an, Morsi a accumulé les échecs. Il a fait montre d'une incapacité notoire à affronter les difficultés profondes de l'Egypte. Le pays s'est enfoncé dans la récession, l'endettement, l'insécurité et la division.
Face à celà, Morsi se referait en ritournelle à la légitimité et faisait preuve d'autoritarisme. Sa seule réponse aux exigences populaires était le rappel de son élection, de sa légitimité et de son droit à aller au terme de son mandat. Face à la montée des périls, l'armée lui a fixé un ultimatum. Il a fait comme si de rien n'était.
Autisme ou stratégie de l'affrontement? Les deux hypothèses sont permises. Le résultat n'a pas tardé. L'armée est intervenue et elle l'a écarté.

S'agit-il d'un coup d'Etat ou d'une réponse aux exigences populaires? Faut-il le saluer ou le condamner?
Que va-t-il advenir de l'Egypte demain?
Ce scénario est-il possible en Tunisie? Est-il souhaitable?

Voilà les questions qui nous intéressent et nous préoccupent.

D'abord, aucun démocrate ne se réjouit de la prise du pouvoir par l'armée. Cela est toujours le constat de l'échec du processus démocratique. On sait quand l'armée prend le pouvoir. Personne ne sait quand est ce qu'elle le restitue aux représentants du peuple. N'oublions pas qu'en Egypte, l'armée est au pouvoir depuis 1952 sans discontinuité.

L'élection par le peuple et à travers le suffrage universel ne confère à personne une légitimité sans recours. Le peuple qui élit, reste en toute circonstance, seul maître du jeu. Il est en droit de retirer sa confiance à ceux là même à qui il l'a exprimée.

L'autisme de Morsi était objectivement une provocation. Il était incapable de gérer la situation et il appelait, par lui-même, à son propre renversement. Il était dans la posture du candidat au martyr. Des indiscrétions, savamment distillées par les américains, confirment que le renversement de Morsi était décidé dès le 23 juin soit au moins une semaine avant la manifestation monstre du 30 juin et que l'armée n'était prête à accepter aucune concession de Morsi ou du gouvernement.

Rappelons-nous le Général de Gaulle, élu au suffrage universel et qui n'hésitait jamais à remettre en cause sa légitimité en recourant au référendum chaque fois qu'un doute le traversait. Il n'avait pas hésité à partir quand le peuple français lui avait dit non à la réforme des institutions en 1969. Une élection présidentielle n'est pas un chèque en blanc. Elle n'immunise pas son bénéficiaire contre le contrôle et la redevabilité.

Morsi n'est pas un démocrate. A l'image de la plupart des islamistes, il a utilisé la démocratie pour arriver au pouvoir. Il l'a ignorée pour essayer de s'y maintenir.

S'il était un tant soit peu démocrate, il aurait appelé à un référendum ou tout au moins à une large concertation.
Il n'en faut pas moins s'émouvoir des évolutions en Egypte, celles déjà en cours et celles probablement à venir. Il faut condamner avec force toutes les entorses aux libertés: mise sous résidences surveillées de personnalités politiques, arrestations de journalistes, fermetures de chaînes de télévision. Rien ne justifie de combattre les idées par la violence. Aucun président, aucun gouvernement ne pourront exercer le pouvoir au sevice du peuple avec le revolver sur la tempe. La moitié de l'Egypte est déjà dans la rue pour s'opposer à son autre moitié. La violence génère la violence et l'histoire du monde arabe est riche, malheureusement, de tels exemples. L'Egypte déplore déjà plusieurs dizaines de morts. Elle aura du mal à panser ses plaies et à envisager l'avenir sous de meilleurs auspices.

Les Etats-Unis hésitent encore à qualifier les événements de coup d'Etat. Si tel devait advenir, ils suspendraient sans délai leur aide à l'Egypte et au peuple égyptien déjà exsangue et au bord de la faillite.

La réaction de nos responsables au pouvoir en Tunisie, face aux événements égyptiens, traduit tout à la fois leur désarroi et leur peur de la contagion, mais aussi l'autisme d'au-moins deux composantes de la Troïka. Ennahdha a condamné " le retournement contre la légitimité électorale". Elle a appelé à la restauration de la "légalité". Ce faisant, Ennahdha fait preuve de surdité face aux exigences populaires. Elle défie la voix du Peuple et prétend régner sans limite à partir d'un mandat qui lui avait été remis pour une durée déterminée et pour un objet précis. Le Président de la République provisoire condamne à son tour "le coup d'Etat".

Les deux positions, apparemment similaires, sont en réalité très différentes. Autant un parti, même au pouvoir, peut exprimer une position de défiance face à un pays étranger et ses représentants, autant, un Président, même provisoire et sans prérogatives, est contraint à un devoir de réserve et de retenue.

L'opposition tunisienne n'a pas été du reste dans cette affaire. Elle a appelé à l'insurrection, au renversement du gouvernement et à la dissolution de l'Assemblée Nationale Constituante. C'est pour le moins irresponsable que de vouloir jeter le pays dans un vide juridique et institutionnel dont personne n'évalue l'abîme.

La Tunisie n'est pas l'Egypte. La mobilisation en Egypte s'est faite sur les questions économiques et sociales. La pauvreté et la précarité touchent près de 50% de la population. Nous en sommes encore loin en Tunisie, même si le pouvoir d'achat des populations se dégrade sans cesse. Notre opposition cherche à mobiliser sur des thèmes politiques et s'étonne que de moins en moins de gens se mobilisent!

L'armée ne renversera probablement pas le régime. Elle ne répondra pas à une exigence populaire qui ne s'est pas exprimée.

Cela ne met pas pour autant la Troïka à l'abri.

Cet été, la cigale chantera encore. A la rentrée, après Ramadhan, la villégiature, les festivals et leurs multiples dépenses, le peuple se retrouvera désargenté. Il aura alors peut être de "mauvaises pensées".

Radhi Meddeb
Président Action et Développement Solidaire

Tags : Tunisie Egypte Morsy Radhi Meddeb


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