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Psychose à Carthage
Publié dans Leaders le 18 - 11 - 2014

C'est en signe d'alerte, un tocsin d'alarme sonné par un candidat soucieux de l'avenir de son pays, que se présente le retrait de la campagne électorale d'un séreux outsider, Mustapha Kamel Nabli.
Désignant nommément le candidat Marzouki, l'ancien gouverneur de la Banque Centrale a notamment spécifié que d'aucuns font peser de «graves menaces (…) sur le pays et la démocratie. Ne pas le dire, ne pas le dénoncer, relève de la trahison».Et d'enfoncer le clou en ajoutant «L'affluence de l'argent politique, l'accentuation de la violence, la radicalisation du discours de certains candidats, c'est inacceptable».
Mettant en avant les accointances du président provisoire avec les négateurs de la République et de la démocratie, M. Nabli a regretté que « ni l'ISIE, ni le parquet n'ont bougé pour mettre fin à cette violence et ces dérapages et nous avons vu où avait conduit la violence en 2012 et 2013. Nous ne pouvons l'accepter."
C'est donc «face à ceux qui s'emploient à saper les fondements de l'Etat, démolir la Tunisie et diviser les Tunisiens » qu'un nouveau candidat à la présidentielle, digne et compétent, se retire d'une campagne devenue délétère. Il le fait non pas démission, mais par esprit sain, une psychose semblant avoir pris possession de celui qui occupe Carthage, voulant y rester à demeure, ne suivant en cela que l'exemple du dictateur qui l'occupait avant lui.
Une maladie du pouvoir
Face à de tels agissements, une référence s'impose à l'esprit, une psychose du pouvoir. Or, on connaît en illustration de cette terrible maladie Psycho (psychose), célèbre thriller d'Alfred Hitchcock, film inspiré d'un roman éponyme de Robert Bloch, auteur entre autres de : Votre dévoué Jack l'Eventreur.
Roman imaginé à partir de faits réels, il a servi fidèlement à offrir au cinéma mondial ce qui est considéré comme le meilleur film du réalisateur britannique. Un tel film, dont la musique composée par Bernard Herrmann a aussi marqué les esprits, est considéré en effet comme le chef-d'oeuvre absolu du suspense faisant de son acteur principal, Anthony Perkins, une célébrité mondiale.
Il en va de même aujourd'hui à Carthage où tous les ingrédients d'un thriller politique sont réunis, faisant de l'actuel occupant du palais présidentiel une célébrité.
Certes, M. Marzouki est déjà connu mondialement, et il ne manque même pas de se targuer d'avoir été classé parmi les personnalités influentes du monde par quelques officines internationales.
Seulement, aujourd'hui, il le serait en tant que nouvel avatar de Norman Bates, le jeune homme perturbé du film. Avec ses dérives vers l'intégrisme et la violence, la campagne électorale du président candidat montre à quel point le président provisoire a un comportement similaire au propriétaire de la vieille demeure et du motel.
Aussi, suspense et horreur se conjuguent à Carthage et autour de Carthage durant cette campagne et risquent d'attendre un paroxysme similaire à celui du film quand est démasque le mystérieux meurtrier de l'infortuné automobiliste.
Dans le roman, Norman le meurtrier qui s'adonne à la taxidermie est censé vivre sous la coupe de sa mère dont on découvre le cadavre momifié dans une cave. De fait, un psychiatre explique à la fin du film qu'il est atteint de trouble dissociatif d'identité ce qui le fait s'habiller en vieille femme et parler avec la voix de sa mère.
Or, force nous est de nous demander si, par sa campagne, Moncef Marzouki n'est pas en train tout simplement de lever le voile sur sa véritable nature, celle d'un intégriste qui se cache sous le masque du militant des droits de l'homme. Il connaîtrait un trouble, car se voulant enraciné dans une identité islamique, il en fait une idéologie momifiée célébrant la haine et la violence au lieu d'être le message d'amour et de tolérance qu'est la foi islamique.
Comme le personnage du film, M. Marzouki vivrait sous la coupe d'intégristes, n'hésitant pas à incarner leur extrémisme quand il ne joue pas la comédie du militantisme droit-de-l'hommiste.
Marzouki, faux militant, vrai intégriste
C'est après avoir bien connu l'homme, n'ayant pas écouté ceux qui l'avaient déjà jugé pertinemment et sévèrement, y compris parmi d'anciens et intimes amis, que je peux témoigner que nous avons affaire à un faux militant des valeurs, un vrai intégriste qui cache une haine avérée de l'altérité, un nombrilisme narcissique exagéré en une vision manichéenne du monde.
Doué de cette ruse maligne qui s'articule sur une morale élastique, celle que permet un bagage culturel instrumenté machiavéliquement, celui qui a prétendu lutter contre la dictature de l'ancien régime n'a en fait lutté que pour sa propre gloriole, faisant de son soi-disant militantisme une carte de visite pour s'ériger en figure emblématique d'une démocratie qui n'est qu'une « daimoncratie», le pouvoir de gourous et de démons de la politique. Et il se veut et se revendique un tel politique thaumaturge.
De tels gourous et démons n'ont jamais cessé de trotter dans la tête de Docteur Marzouki au point de donner l'impression qu'il vit tragiquement un dédoublement de la personnalité eu égard à l'hypertrophie en lui de M. Intégrisme, rappelant Dr Jekyll et M. Hyde, fameux personnage combinant en une même personnalité trouble et troublée.
Comme dans l'Etrange cas de ce personnage célèbre de Robert Louis Stevenson, Carthage, lieu par excellence du pouvoir, en devient avec son locataire actuel, à l'occasion de sa campagne électorale, synonyme de strip-tease moral, un concept central dans la culture mondiale du conflit entre le bien et le mal.
À Carthage, le pouvoir devient cette drogue mise au point par le docteur Jekyll, philanthrope obsédé par sa double personnalité, pour séparer son bon côté de son mauvais. Comme dans la nouvelle, c'est ce dernier qui prend finalement le dessus et transforme en monstrueux Monsieur Intégrisme le militant Marzouki.
De par sa campagne, M. Marzouki permet d'interpréter la campagne électorale en une épouvante orchestrée autour du mythe du retour de l'ancien régime; mais elle est telle l'oeuvre de l'écossais, la manifestation d'un dédoublement de la personnalité chez notre président provisoire. Et elle est surtout la preuve supplémentaire de l'importance de l'imaginaire et de l'inconscient pour juger des actions humaines.
Pareillement aussi à l'oeuvre que l'auteur a été amené à réécrire après que son manuscrit original ait été détruit par son épouse le considérant comme un « cahier plein de foutaise », notre élection présidentielle peut être estimée en une allégorie de l'hypocrisie sociale, celle de la société victorienne du côté britannique et d'un islam guindé, altéré par une lecture intégriste chez nous.
Pour un ordre amoureux en Tunisie
Psychose à Carthage, symbole de la Tunisie, n'est donc pas un mot trop fort pour qualifier le climat délétère que fait régner sur la plus haute institution de la République la campagne de M. Marzouki cultivant les plus bas instincts de la haine et de la division.
En l'occurrence, la grave maladie mentale qualifie tout autant un comportement dont on n'aurait plus conscience de l'état de dégénérescence que cet état de panique collective qu'on cherche à instaurer dans un pays paisible dans l'âme, n'aspirant qu'à la tolérance et l'ordre amoureux.
Ce peuple mature dans sa majorité, certains s'ingénient en effet à le traiter en mineur au lieu d'agir dans le sens de ses revendications. Si M. Marzouki verse dans l'excès, d'autres ne vont pas moins quelque peu dans son sens, comme ceux qui veulent imposer la honte de l'encre électorale aux votants tunisiens, les stigmatisant en électeurs de second rang, n'étant digne que d'une démocratie au rabais au grand bonheur de financiers faisant de l'opération électorale dans le Sud un pur acte de commerce, synonyme de juteux bénéfices.
Aussi, les futurs gouvernants d'une Tunisie — qui saura malgré tout se sortir de la mauvaise passe actuelle — doivent avoir le courage de rompre avec la néfaste confusion actuelle en agissant pour un futur digne pour la Tunisie et son peuple. Cela commande de sortir de tous les dogmatismes, religieux comme profanes. Face à la haine et à l'exclusion, il n'y a qu'un discours et des actes concrets pour l'instauration de l'ordre amoureux en Tunisie, base d'une solidarité plus grande dans le monde. Et cela nécessite d'abord de traiter le peuple en majeur dans le cadre d'une culture des sentiments, ce que je qualifie d'ordre amoureux (ordo amoris).
Ensuite, s'agissant des mesures immédiates à prendre dans la Tunisie Nouvelle République, il urge de commencer par geler toutes les lois scélérates de l'ancien régime, y compris et surtout celles supposées inspirées de l'islam, mais qui le violent, en matière de droits et de libertés privées, toutes les libertés, de moeurs et de croyance surtout.
Il importe aussi de réclamer la liberté de circulation pour le Tunisien à travers l'Europe, surtout en Méditerranée, dans le cadre d'un espace de démocratie ouvert aux démocraties avérées et en transition. On ne peut continuer à réprimer une émigration clandestine qui ne fait qu'augmenter les rangs des candidats à l'extrémisme religieux.
Un tel extrémisme doit aussi être traité à la racine qui est aujourd'hui le conflit palestinien. Celui-ci exige un traitement de choc impliquant la reconnaissance immédiate de l'Etat d'Israël dans le cadre de la seule légalité internationale qui compte, celle du partage de 1947 qui doit tôt ou tard devenir effectif. Or, qui le ferait sinon une Tunisie démocratique?


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