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Taoufik Habaieb: Tunisie, changer de logiciel
Publié dans Leaders le 29 - 07 - 2015

Faut-il s'enivrer, en ce mois d'août, de baignades en mer et de soirées de mariage, essayant de fuir les cauchemars qui hantent la Tunisie? Au risque de se réveiller le 1er septembre pour se rendre compte que la situation ne fait qu'empirer, les menaces terroristes s'amplifier, l'économie se dégrader et les rangs des chômeurs s'allonger de nouveaux diplômés et rebuts du système éducatif. Pratiquer la procrastination en espérant gagner du temps n'a jamais résolu aucun problème. A fortiori, lorsque le pays est en état de guerre. Une guerre évoquée du bout des lèvres mais que l'Etat n'assume pas pleinement, c'est-à-dire avec une logique de guerre et une mobilisation générale.
Seul aux commandes, sans tout le soutien dont il a besoin, le chef du gouvernement ne peut s'ériger en chef de la majorité. Il se trouve condamné à gérer l'équipe représentant la coalition gouvernementale. S'il n'est pas en mesure de procéder à un remaniement profond et significatif de son gouvernement, six mois après son entrée en fonction, pour ne pas «perturber» l'équilibre précaire général et les «transactions» conclues au sein des quatre partis qui forment la coalition, il n'a d'autre choix que de constituer autour de lui un cabinet de guerre. Formé de quatre ou cinq superministres, tous politiques et de grande envergure, siégeant en permanence à la Kasbah, il aura à l'assister dans la gestion de cette implacable guerre sécuritaire, économique et sociale contre le terrorisme et ses dégâts. Bref, changer de logiciel!
L'Utica, de son côté, est la première des organisations nationales qui doit monter au créneau. Sa feuille de route, endossée par nombre d'autres partenaires du secteur privé, se limite à réitérer une liste de bonnes intentions avec comme unique demande, presque timide, un moratoire sur les grèves. Sans vigueur suffisante, ni imagination innovante, noyée dans le ramadan, elle est déjà oubliée. Ne s'appuyant sur aucune étude approfondie menée par ses propres centres de recherche, ne parvenant pas à accroître le nombre de ses effectifs, ni à renforcer ses structures locales et régionales, la centrale patronale, à mi-parcours de son congrès, doit retrouver son punch et sa capacité de leadership. S'imposer en acteur principal, pleinement impliqué dans cette grande guerre, exprimant sa solidarité avec les sans-emploi, consentant des sacrifices, s'il le faut, pour relancer l'économie, et non en demandeur d'avantages et de privilèges.
L'Ugtt n'est pas en reste ! Les salariés n'ont pas toujours raison. Elle doit tenir compte de l'intérêt supérieur du pays au lieu de se laisser entraîner dans des conflits sociaux sans fin pour ne pas se faire sanctionner, aujourd'hui, par une fronde ; demain, lors du congrès, par une non-élection. Pas besoin d'expliciter davantage, tout est là. La classe politique? Elle est aux abonnés absents. Où sont passés les Ahmed Néjib Chabbi, Mustapha Ben Jaafar et autres ténors de leurs partis, mais aussi bien d'autres, tous bords confondus ? Quelles propositions salutaires pour la nation ont été mises en débat ? Quels engagements mobilisateurs ont été exprimés ?
Dans la région, et dans le monde, «le jeu a changé», avec l'accord conclu par les Etats-Unis et l'Iran. Les cartes sont redistribuées, ou commencent à l'être déjà au Moyen-Orient. «L'Etat Islamique» (EI ou Daech) le ressentira dans son existence même. Premier signe qui ne trompe pas, la Turquie —et nous savons tous son rôle et ses accointances sur les frontières avec la Syrie et l'Irak— a opéré ses premières frappes contre l'EI. Plus encore, elle a autorisé, en tant que membre de l'Otan, l'armée américaine à utiliser ses bases aériennes. «Le jeu a changé», mais prendra du temps. Beaucoup de temps, cela dépend de nous, pour ce qui est de notre pays. L'ambassadeur d'une grande puissance qui s'apprête à quitter la Tunisie ce mois-ci nous confiait : «Je ne peux être qu'optimiste. Mais, cette fois-ci, l'alerte est sérieuse, très sérieuse, vous devez la prendre avec beaucoup d'attention. Seules de grandes puissances peuvent se permettre une erreur qui d'ailleurs ne sera épongée que sur une longue période. Pas vous, les Tunisiens». Son collègue, ambassadeur lui aussi d'une autre grande puissance, diamétralement opposée, qui a quitté Tunis fin juillet, est plus précis: «Il faudrait 25 à 30 ans pour stabiliser la région. Pour la Tunisie, le voisinage est impactant !». Pour décoder, pas une minute à perdre, il faut prendre son destin en main et oeuvrer chaque jour davantage pour blinder le pays sur le plan sécuritaire, mais aussi économique et social. C'est le rôle des politiques, du cabinet de guerre, de la société civile et de l'entreprise, le rôle de chacun.
La Tunisie doit changer de logiciel et fonctionner avec une nouvelle mentalité, une plus large vision et une plus grande détermination. N'attendons pas le 1er septembre pour agir!


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