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Sophie Bessis : La vision pour le pays et la stratégie pour la mettre en œuvre (Vidéo)
Publié dans Leaders le 03 - 09 - 2015

Quels sont les trois dossiers qui risquent de miner la rentrée ? Quels enjeux représentent-ils ? Et quelles solutions appropriées proposer ? Dans sa dernière livraison (N°52) de septembre 2015, le magazine Leaders a sollicité les analyses de figures tunisiennes marquantes. Leurs avis variés offrent aux décisionnaires des éléments dont les décisionnaires peuvent faire leur profit. Ci-après l'analyse de Sophie Bessis.
Le premier point, capital, est de cesser de raisonner sur le court terme. Vous parlez des trois dossiers les plus brûlants de la rentrée. Elle sera chaude en matière économique, sociale et politique...
Mais tant qu'on ne s'occupera que de l'immédiat, cela reviendra à coller des rustines sur un pneu usagé. On le fait tenir quelques mois de plus, mais c'est tout. Les Tunisiennes et les Tunisiens attendent de ceux qu'ils ont élus une vision pour le pays et une stratégie pour la mettre en oeuvre. Pour l'instant, il n'y a ni l'une ni l'autre. Or c'est un préalable pour élaborer une politique économique et sociale qui tienne la route et pour indiquer un horizon crédible aux citoyens. Quelle Tunisie veut-on construire pour ceux qui sont aujourd'hui des enfants ? Pour qui, avec qui, comment?
o La remise en marche de l'Etat : il ne s'agit pas de le sacraliser comme on le fait dans les grands discours, mais de restaurer son autorité sans être tenté par un retour à l'autoritarisme. Ce dernier est toujours la marque d'un déficit de légitimité. Le pays est aujourd'hui abîmé. Réparer les ravages opérés par deux décennies de benalisme et trois ans de gouvernement de la Troïka, c'est faire en sorte que les citoyens retrouvent confiance dans les institutions. Aujourd'hui, cette confiance fait défaut à tous les niveaux.
o La fin de l'irresponsabilité d'une classe politique qui ne voit pas plus loin que les calculs politiciens et perd son temps à élaborer des tactiques destinées à servir des ambitions personnelles. Elle est en outre frappée de localisme en ne regardant pas au-delà des frontières tunisiennes alors que la compréhension du contexte régional et international est vitale pour l'avenir. Pour reprendre une formule célèbre, la maison brûle et elle regarde ailleurs. Le gouvernement n'est pas une équipe mais une addition d'individus sans direction réelle. Sa politique, s'il en a une, est illisible.
Les enjeux
o Sans des objectifs clairs, on ne pourra pas remettre les gens au travail. Si l'on continue de naviguer à vue, la Tunisie ne saura toujours pas définir ses priorités, aura raté la possibilité d'un nouveau type d'insertion dans l'économie mondiale, aggravera la catastrophe environnementale qui menace. L'unité nationale dont on parle tant doit reposer sur un contrat économique et social clair entre l'Etat et les citoyens.
o Sans Etat qui fonctionne, pas de sécurité. Les responsables proclament à juste titre qu'il s'agit d'une priorité, sans quoi l'économie ne repartira pas. Mais ce combat ne peut être mené qu'avec des acteurs compétents et intègres. Or personne n'ose parler publiquement de l'état de délabrement de l'administration, y compris sécuritaire. Là encore, pour être crédibles, l'Etat et ses agents doivent être irréprochables. Si l'Etat n'est pas respecté, c'est qu'il n'est pas respectable. Il y a pourtant partout des fonctionnaires ayant une haute idée de leur mission. Mais ils ne sont ni majoritaires ni vraiment soutenus par leurs hiérarchies.
o L'enjeu c'est le souci de l'intérêt général. Tout le monde, y compris les fraudeurs, se plaint de la montée alarmante de l'incivisme dans le pays. Le problème est que, dans toutes les sociétés, l'exemple vient d'en haut. Tant que les acteurs politiques privilégieront des intérêts catégoriels, feront jouer les solidarités clientélistes pour placer leurs fidèles au lieu de privilégier les compétences, la «débrouille» sera le comportement majoritaire des Tunisiens.
Les solutions appropriées
o Trouver des solutions à de tels problèmes n'est pas aisé et l'on peut comprendre que les difficultés de la gestion quotidienne accaparent les gouvernants. Pour autant, on ne reconstruira pas le pays avec le nez sur le guidon. Puisque nous prétendons être en démocratie, il faut pratiquer la démocratie participative. Dans chaque secteur, dans chaque région, il faut ouvrir le débat avec tous les acteurs. Ces débats verront apparaître des luttes d'influence, des conflits d'intérêts, de l'ignorance des contraintes et des enjeux. Mais, pour prendre les bonnes décisions, les gouvernants doivent écouter au-delà des lobbies et de leurs interlocuteurs habituels. La gestion de la crise touristique est le parfait exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Ils doivent aussi apprendre à parler vrai, à dire aux gens ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas faire au lieu de promettre l'impossible et de ne pas tenir.
o La lutte implacable contre la corruption est une priorité. Or aucune mesure n'a été prise dans ce sens. Dans de nombreux secteurs, elle doit s'accompagner d'une nouvelle politique salariale : un fonctionnaire correctement payé sera moins corruptible que s'il n'arrive pas à boucler honnêtement ses fins de mois. L'argent se fait rare ? La lutte contre les activités informelles et une vraie réforme fiscale dans le sens de l'équité s'imposent pour en trouver. La tâche sera difficile : les grands acteurs de l'informel jouissent d'une impunité totale et le courage n'est pas la qualité la plus visible des gouvernants.
o En ce qui concerne la classe politique, la rumeur parle d'un remaniement ministériel à la rentrée. Mais pour quoi faire ? S'il s'agit seulement de redéfinir les rapports de force au sein du gouvernement, d'officialiser la cogestion qui s'établit entre les deux principaux partis du champ politique, les pratiques clientélistes se poursuivront. S'il s'agit de créer une équipe resserrée, dotée d'une feuille de route claire, capable à la fois de restaurer la confiance et de se dégager des pressions de toutes sortes, alors on pourra peut-être apercevoir le bout du tunnel, même s'il est encore loin.
Sophie Bessis
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