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Israel-Palestine : la coexistence par l'houmous ?
Publié dans Leaders le 20 - 10 - 2015

A l'heure où M. John Kerry, le Secrétaire d'Etat américain, arrive en Palestine-Israël pour soit disant apaiser les tensions mais en déclarant qu'Israël a tous les droits pour défendre ses citoyens en passant pour perte et profit le peuple palestinien et ses citoyens tués à bout portant, il est clair qu'Israël a une fonction majeure : servir les intérêts américains et occidentaux au Moyen-Orient si riche en pétrole. Le nouveau chef d'état-major américain a réservé sa première visite à l'étranger à Israël. Rappelons qu'en mars 2014, après l'assemblée générale de l'AIPAC (lobby pro-israélien), la Chambre des Représentants a autorisé le Président Obama « à exécuter les activités de coopération américano-israélienne et à fournir assistance pour la coopération dans les domaines de l'énergie, de l'eau, de la sécurité intérieure, de l'agriculture et des technologies énergétiques alternatives » ajoutant qu' « Israël est un partenaire stratégique majeur ».
La lecture de Rogel Alpher est, dans ce contexte, très instructive… d'autant que les Israéliens sont en train de dévaliser les armureries. Sur la suggestion du gouvernement qui les pousse à demander une autorisation de port d'arme. Ainsi, comme du temps du Far West, le maire de Jérusalem parade avec son arme….alors que la démolition des maisons palestiniennes continue et que l'est de la ville (population palestinienne majoritaire) est bouclée. De son côté, le gouvernement Netanyahou proteste officiellement contre la modeste proposition française d'instituer une surveillance internationale sur l'Esplanade des Mosquées.
Rogel Alpher, né en 1967, a étudié la philosophie et est un observateur avisé de la situation en Palestine-Israël. Journaliste au quotidien Haaretz, il est souvent repris par la presse étrangère.
En août 2014, il a écrit un article intitulé « Mon chez moi est en Israël mais je ne peux y vivre plus longtemps » suite au vote d'une loi faisant d'Israël « l'Etat national du peuple juif » excluant ainsi 20% de sa population (Arabes israéliens musulmans et chrétiens) du champ politique. Rappelons les termes de la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël, qui affirme "une égalité sociale et politique à tous les citoyens, en dépit de la religion, de la race ou du genre".
On lit dans l'article d'Alpher : « J'ai besoin de quitter ce pays. Mon « israélité » et ma judéité ne sont pas essentielles pour mon identité. Je possède un passeport étranger, non seulement techniquement mais aussi psychologiquement… Mon destin et celui de mes enfants seront déterminés par des gens qui ont un Dieu auquel ils parlent et au nom duquel ils agissent. Je pense qu'ils sont fous… Quelle alternative? Le pessimisme inutile de Netanyahou? [Pour lui et pour ses ministres] ainsi que pour leurs électeurs, être un juif et vivre en Israël est la chose la plus importante et elle mérite que l'on meure pour elle. Ils façonnent nos vies selon ce principe… [C'est pourquoi] il faut encourager nos enfants à chercher leur futur ailleurs, dans le vaste monde, pour leur sécurité personnelle et pour leur bien-être psychique et économique. Israël ne vaut pas le prix qu'il exige de nous. Il y a une majorité nationaliste-religieuse ultra-orthodoxe et notre mode de vie n'y survivra pas… Je ne veux pas vivre dans une bulle. Et sûrement pas dans une bulle protégée par le Dôme de Fer. »
En septembre 2014, le tiers des Israéliens pensait quitter le pays d'après un sondage effectué par la chaîne de télévision israélienne Channel 2. Faut-il rappeler ici que le député fasciste du parti Kach et rabbin anti-arabe Meir David Kahane a refusé de prêter serment à la Knesset en 1984 car il aurait ainsi perdu sa nationalité américaine ? Il voulait cependant expulser tous les Palestiniens de leur pays. Il sera assassiné à New York fin 1990. Son fils, colon en Cisjordanie, sera exécuté –avec sa femme- en 2000.
Dans Haaretz (17 mai 2015), Alpher écrit : « La seule façon de garantir la démocratie israélienne est de fonder un Etat palestinien. Le seul moyen d'y parvenir est d'en appeler à l'Europe. » Cet Europe qui ne cesse de combler Israël de cadeaux notamment pour la recherche scientifique, l'échange de chercheurs, les armes les plus sophistiquées, la robotique, les brevets sur les médicaments….
Dans Haaretz du 17 octobre 2015, Rogel Alpher, sur le mode amer et en riant jaune, traite des massacres actuellement en cours contre les Palestiniens et écrit sous ce titre :
« Des excuses à mon tueur si je meurs au cours de l'actuelle vague de violence »
« Au cas où je serais tué au cours de l'actuelle vague de terrorisme - au cas où mon tueur, homme ou femme, m'aurait roulé dessus ou poignardé- je voudrais annoncer à l'avance que mes derniers volontés sont les suivantes:
Je suis étonné que cela ne se soit pas produit plus tôt. Vraiment. Pourquoi avoir mis autant de temps ? Très souvent, en passant devant un chantier de construction dans une des rues de la ville, dans les premières heures calmes de la matinée, je me suis fréquemment interrogé pourquoi l'un des ouvriers palestiniens ne s'emparait pas d'une pelle, d'un pic, d'une scie ou d'un marteau pour me tuer.
Je n'ai jamais cru au mythe de la coexistence dans ce pays. Je ne crois pas à la coexistence fondée sur l'inégalité extrême quand il s'agit des droits humains, du statut social et des opportunités économiques. Je n'ai jamais aimé manger du houmous ou aller spécialement à Jaffa pour en manger…
Le leader du parti Habayit Hayehudi Naftali Bennett a pris la tête d'une campagne politique entière lors des élections à la Knesset en mars avec le slogan : « Marre des excuses »… Je n'aime pas exercer un contrôle quelconque en vertu de mon appartenance à une certaine race ou une certaine nation. Cela me dégoûte. J'ai toujours détesté la visite des ruelles de la Vieille Ville de Jérusalem à cause du regard plein d'humiliation et de colère des Palestiniens. Si je meurs au courant de l'actuelle vague de terrorisme, en parlant de moi, dites que j'ai refusé de manger de l'houmous. Face à l'actuelle vague de terrorisme et alors que la peur rôde, il est facile de changer d'opinion politique. Il est presque obligatoire, quand quelconque veut vous tuer, de dire qu'il ne mérite rien d'autre qu'une balle entre les deux yeux. C'est ce que disent les gens qui mangent de l'houmous, ces gens pour lesquels ce plat est le symbole de la coexistence dans un pays binational.
C'est complètement bidon et c'est un faux type de coexistence.
Pour les consommateurs d'houmous, cette couche de pois chiches représente le commerce et les rapports avec les Palestiniens, la belle vie ici, dans la société de consommation en Israël, celle qui achète l'houmous. La fraternité de l'houmous… [Essuyer le houmous des plats, alors qu'on essuie le sang dans les rues]…. Si je suis tué lors d'une attaque terroriste, je demande que, contrairement à ce qui se fait maintenant, on dispense ma mort de ces émissions en boucle sans fin à la radio et à la télévision. Je n'en veux pas. Ces émissions ne contiendront aucune information que le public désirerait ou aurait besoin de connaître. Elles ne feraient que répandre la haine. J'aimerais que l'on dise, de ma part, à mes tueurs - s'ils sont encore en vie - que je m'excuse. Je me suis réconcilié avec eux après ma mort.
Et si mes tueurs sont aussi décédés, je leur présente mes excuses dès à présent. Non que je mérite de mourir et non parce qu'ils auraient le droit de me tuer. Mais ainsi, ma mort vaut quelque chose. Elle a une certaine valeur, une signification si petite soit-elle. Je n'ai pas de Dieu. Je n'ai pas besoin du Mont du Temple**. Je n'ai aucun problème à vivre avec les Palestiniens en toute égalité, dans un Etat binational ou comme des voisins paisibles dans mon pays ou dans le leur. Qu'ai-je besoin de revanche après ma mort ? Je m'excuse de mon rôle dérisoire dans cette injustice qui a pour nom occupation. Même après ma mort. »
A l'heure où une foule hystérique se livre au lynchage des non-juifs en Israël, à Bir Sheva et à l'heure où un député israélien incite à la haine contre sa collègue arabe Hanène Zoabi, on peut conclure en citant Régis Debray qui écrit dans son tout dernier livre « Madame H. » (Gallimard, p. 111) : «Qui voit l'herbe pousser ? Les Romains n'ont pas vu la Rome antique se faner. »

Mohamed Larbi Bouguerra
**Esplanade d'el Aqsa, dôme du Rocher.


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