Des signes annonciateurs d'un début imminent de la guerre en Libye ?    Pourquoi les tunisiens fuient-ils en masse leur pays?    SAVE une bouffée d'oxygène de 3 millions de dinars pour les startups les plus impactées par la crise Covid19    Coupure d'eau : Fermeture de la route reliant Béja à Téboursouk au niveau d'Aïn Melliti    SAVE une bouffée d'oxygène de 3 millions de dinars pour les startups les plus impactées par la crise Covid19    Football | Décès du jeune internetional junior Aziz Touati    Coronavirus : 4 nouveaux cas de contamination dont 3 locaux    Encore 3 cas de عدوى محلية contamination locale de Coronavirus et 1 cas importé enregistrés à Tunis, Jendouba et Sfax    Tunisie: Mabrouk Korchid réclame une enquête sur les conditions de la plénière de vote sur la motion de retrait de confiance à Ghannouchi    289 malades encore porteurs du virus en Tunisie    Néji Jalloul forme un nouveau parti politique et le nombre des partis passe à 226    Tunisie : Discours de Kaïs Saïed à Mahdia et Sfax sur l'émigration illégale    Invitée par Mechichi, Abir Moussi rappelle ses conditions    Change devises en dinar tunisien : Cours du 03 août 2020    E-présence des banques et KPIs de Mai 2020: La banque ZITOUNA en 1ère position sur le web    Lutte contre la migration irrégulière : Pour une coordination plus grande entre les forces sécuritaires et armées    Ligue 1 : Saïd Saïbi (CA) en route vers l'AS Rejiche    Affaire Fakhfakh-VIVAN : Un Nouveau rebondissement    Ligue des champions de l'UEFA : C'est l'heure de la reprise !    Le chef du gouvernement désigné entame les concertations avec les groupes parlementaires    L'OTE diffuse des cours de langue arabe sur sa chaîne YouTube    Tunisie: Rencontres entre Hichem Mechichi et les blocs parlementaires    Ce que l'on sait du patient décédé du coronavirus    Les Nouveaux Freebuds et Watch GT 2e de Huawei, La touche finale pour accessoiriser votre style    Tunisie : Les nouveaux prix des cigarettes à partir du 03 août 2020    BAD : La Covid-19 n'empêche pas l'Afrique de l'Est d'être une région dynamique    Formation du gouvernement, Programme des rencontres de Mechichi    BIAT : Un PNB de 466,3 MDT au 1er semestre 2020    Espérance de Tunis : Hamdou Elhouni, blessé, sera indisponible une semaine    Météo : Températures en légère baisse    Les Emirats à la Turquie : Ne vous immiscez pas dans les affaires arabes    Success Story : Mohamed Abid, un tunisien à la conquête de Mars    Mohamed Abid, le Tunisien à la conquête de la planète Mars    Foot-Ligue Europa : le programme des huitièmes de finale    Sidi Bouzid : La récolte du raisin de table enregistre un taux d'avancement de 90%    Monastir | Les familles de 24 pêcheurs appellent à intervenir pour libérer leurs enfants retenus par les autorités italiennes    Palais Borj Baccouche : Un joyau architectural à l'abondan    Migration irrégulière: 27 Tunisiens secourus au large de Kerkennah    Gisèle Halimi, une autre icône de la diaspora tunisienne disparait    La régularisation ne concerne pas les nouveaux arrivés    Heureux qui comme Ulysse    Le coronavirus, un choc traumatique(1)    Kaouther Ben Hania à la Mostra de Venise    Leila Ben Gacem: Le monde d'une entrepreneure socio-culturel(Vidéo)    Pièce de théâtre "La conférence des oiseaux" à Sahriyet été 2020 à Hammamet    Ciné-Drive en Tunisie : Le cinéma autrement au temps du Coronavirus    Ceux d'en haut qui nous regardent    Rencontre avec Yosra Nafti dans le cadre de « IJA, la culture en accès libre » : Autour du tirage argentique    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Un avertissement sans frais à Netanyahou
Publié dans Leaders le 10 - 07 - 2020


Katie A. Weiner, Allen S. Weiner
Regardez bien l'Amérique, Monsieur le Premier ministre Netanyahu.
Regardez ses villes et ses villages, dont les rues sont submergées de manifestants qui réclament une autre justice et la fin de la violence sanctionnée par l'Etat contre des civils innocents.
Regardez le 16e district du Congrès de New York, où Eliot Engel, un allié loyal d'Israël depuis plus de 30 ans, a récemment été évincé par Jamaal Bowman, un éducateur noir progressiste qui a déclaré au magazine Jacobin qu'il ne "comprend pas pourquoi les contribuables américains subventionnent la détention d'enfants palestiniens alors que les démocrates critiquent la détention d'enfants à la frontière mexicaine".
Regardez, et vous vous rendrez compte que plus de 50 ans de contrôle israélien de la vie palestinienne en Cisjordanie et à Gaza et l'expansion des colonies juives érodent progressivement le soutien historique sans faille de l'Amérique à Israël.
En tant que juif américain, fils d'un survivant de l'Holocauste et croyant fermement au droit à l'autodétermination des Israéliens et des Palestiniens, je sais. Je le sais, en partie, grâce aux nombreuses et longues conversations que j'ai eues sur Israël avec ma fille, récemment diplômée de Harvard, qui étudie les droits de l'homme.
En avril dernier, le Comité de solidarité avec la Palestine de Harvard a organisé la "Semaine de l'apartheid israélien", qui a donné lieu à une série d'événements et de conférences mettant en lumière l'injustice et la violence associées à l'occupation de la Cisjordanie par Israël. J'ai discuté longuement en vidéoconférence avec ma fille qui établissait des comparaisons entre l'Afrique du Sud de l'apartheid et la Palestine contemporaine, et qui déplorait que certains étudiants juifs semblent plus soucieux de protéger la réputation d'Israël que la vie des Palestiniens.
Un père, sa fille et la Palestine
J'ai riposté. Je lui ai dit que cette comparaison était brouillonne et historiquement inexacte, que 20 % des citoyens israéliens sont des Palestiniens arabes qui, malgré une discrimination indéniable, ont pleinement accès aux droits civils et politiques. J'ai expliqué que l'occupation était bien sûr profondément problématique, mais qu'elle était en fin de compte une mesure provisoire, et non le reflet de la croyance d'un peuple en son droit de dominer un autre de façon permanente. Je lui ai dit que la mauvaise gestion de la Cisjordanie par l'Autorité palestinienne (AP) était responsable de plus d'abus et d'injustices qu'elle ne le pensait.
Je lui ai dit que si Israël annexait la Cisjordanie, transformant cet état de fait prétendument temporaire en un système permanent d'inégalité devant la loi, nous pourrions peut-être parler d'apartheid - mais cela, j'en étais sûr, n'arriverait jamais
Mais comme l'impossible devient probable, je suis à court d'arguments.
Vous prenez un énorme pari, Monsieur le Premier ministre, en espérant que le soutien de longue date des Etats-Unis à Israël tiendra bon, car Israël défie le droit international et déclare - comme le fait l'annexion - qu'il cherche à dominer et à contrôler en permanence la vie des Palestiniens. Mais votre confiance reflète une profonde incompréhension de l'orientation de la politique américaine et des personnes qu'elle considère comme des partenaires dans la lutte contre la discrimination et l'inégalité.
Depuis des décennies, un consensus bipartite a fait d'Israël un phare de la démocratie, un champion des droits de l'homme et le plus important allié des Etats-Unis au Moyen-Orient. Ce partenariat a été crucial pour la sécurité et l'existence d'Israël.
De la reconnaissance d'Israël par le président Truman en 1948** au transport aérien d'urgence d'équipements militaires par le président Nixon pendant les jours décisives de la guerre du Kippour en 1973, en passant par le soutien financier, militaire et politique que les Etats-Unis apportent actuellement à Israël, l'idée que les Américains - démocrates et républicains, jeunes et vieux - se tiendraient inébranlablement aux côtés d'Israël a été un principe cardinal premier de la politique américaine.
Israël, une brute de quartier
Mais cet engagement, comme tant d'autres, est déstabilisé par la vague de fond du progressisme qui secoue la politique américaine. Israël est de moins en moins considéré comme une terre vulnérable entourée d'un océan d'ennemis engagés dans sa destruction, et plus comme une brute de quartier qui, pendant plus de 50 ans, a refusé au peuple palestinien ce à quoi les Juifs aspiraient précisément depuis la destruction du Second Temple - leur propre patrie.
Le soutien à Israël s'amenuise au sein de la génération de ma fille. Dans un sondage Gallup de 2019, seuls 17 % des Américains âgés de 18 à 34 ans - contre 36 % des plus de 55 ans - ont exprimé une opinion "très favorable" d'Israël. Plus d'un tiers des Américains de moins de 35 ans ont dit qu'ils voyaient Israël de manière défavorable, négative. La situation est particulièrement prononcée chez les démocrates, surtout chez les jeunes. Seuls 13 % des démocrates ont aujourd'hui une opinion très favorable d'Israël, contre 43 % des républicains.
Les récits qui pourraient rationaliser la prise de la terre d'un autre par la force - que le territoire n'est pas vraiment "occupé", que les péchés d'Israël sont mesquins comparés à ceux de ses voisins, qu'il n'y a pas de partenaire palestinien pour la paix, etc. - sont des histoires et des allégations israéliennes, pas américaines. Pour la génération sceptique de ma fille, l'annexion représente un autre exemple de pouvoir l'emportant sur la justice. Et je n'aurai pas de réponse.
L'annexion ne marquera pas le début de la chute et la disgrâce d'Israël dans l'Amérique progressiste - pour les jeunes Américains, ce sera la goutte d'eau qui fait déborder le vase. L'Amérique et Israël sont deux pays à la croisée des chemins - procédez à l'annexion, Monsieur le Premier ministre, et vous saurez clairement qui a perdu l'Amérique.
Allen S. Weiner est maître de conférences en droit et directeur du programme de droit international et comparé de la faculté de droit de Stanford. Il est également directeur du Stanford Center on International Conflict and Negotiation.
Katie A. Weiner est une récente diplômée de l'université de Harvard, où elle était rédactrice en chef adjointe de la Harvard Political Review.
** La manne pétrolière saoudienne est sous protection américaine depuis le Pacte de Quincy (1945) conclu entre le roi Abdelaziz(1) et le Président Roosevelt. En contrepartie, les E.U assurent la sécurité de la dynastie. Roosevelt écrivait, en avril 1945, qu'il ne mènerait « aucune action ….qui pourrait se révéler hostile au peuple arabe» mais son successeur, Harry Truman approuva le partage de la Palestine….disant que ses électeurs étaient juifs et non arabes.
Haaretz (anglais) 5 juillet 2020.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.