Création d'une coordination pour protéger la liberté de la communication audiovisuelle    Tunisie – Communiqué mensonger du bureau de l'ARP    Tunisie – LA CNRPS versera les pensions de retraite à partir de demain    Le renforcement de la coopération tuniso-française au centre d'un entretien entre Mechichi et Le Drian    La Tunisie et l'AFD signent des accords de financement pour soutenir les politiques publiques du pays    Projet du budget de l'Etat 2021 : hausse de 13,9% des recettes fiscales    Accords de normalisation avec Israël | Youssef Cherif: « L'espionnage moderne, par le biais des outils technologiques, va connaître un essor dans la région »    Au moins 25 sécuritaires afghanes tués    Augmentation des ressources d'emprunt de 91,5%, par rapport à la LF initiale    Pyramids FC en finale dimanche contre la RS Berkane    «Je continue d'apprendre de Messi»    Discours apaisant de l'UE, Londres marque son "intérêt"    Plan de relance aux USA    Tunisie – Couvre feu : Prolongation du couvre-feu sur le grand Tunis    Tunisie : Vers un renforcement de la coopération entre la Tunisie et le HCDH en matière de droits de l'Homme    Tunisie: Exportation de 3.000 tonnes de fruits vers la Libye au cours des 20 jours d'octobre    Désormais, une tarification fixée par l'Etat pour les cliniques privées    SFBT : baisse des quantités de bière vendues à cause de la crise de la Covid-19    Projet du budget de l'Etat 2021 : 315 millions de dinars consacrés aux programmes d'emploi    Vidéo buzz : MBC The Voice Senior : Un tunisien de 71 ans impressionne le jury    Tournoi d'Ostrava : Ons Jabeur assure et file en quarts de finale    Saïed ou l'antisystème politique classique    Le point sur l'épidémie du coronavirus dans les pays arabes : Mise à jour Du 22 Octobre 2020 à 11H00    CS Sfaxien : Les joueurs rependront les entraînements aujourd'hui    Le Président du bloc parlementaire de Qalb Tounès revient sur le décret 116 et sur le statut de la Haica    Tunisie : Net repli des échanges extérieurs aux prix constant jusqu'au mois de Septembre    Tunis-Re | Rapport annuel 2019 : Objectifs réalisés à 99,6%    Ahmed Ben Salah: L'homme du devoir (Photos)    Coronavirus : 388 tests rapides ont été réalisés à Jendouba    Régularisation de la situation des ouvriers de chantiers : Un accord inclusif et équitable    L'humidité pourrait réduire la contamination par aérosol    Europa League (Poules / 1ère journée): les matches de ce jeudi    BH Assurance : Un chiffre d'affaires en hausse de 5% (30 09 2020)    CONDOLEANCES : Mabrouka BEN NASR    UBCI : Un PNB de 177,648 millions de dinars (30 09 2020)    Classement Fifa: la sélection tunisienne de football conserve sa 26e place mondiale et la deuxième africaine    La Fédération générale de la culture exprime son refus de la réduction du budget du ministère des affaires culturelles pour l'année 2021    L'IFT garde le fil en ligne sur sa page facebook    Météo : Températures en légère hausse    La Foire internationale du livre Tunis n'aura pas lieu en mois de novembre prochain    Des militaires libyens des camps au conflit s'accordent sur l'ouverture des routes et la reprise des vols entre les villes    Gilles Kepel : «La loi contre le séparatisme doit traiter les causes et non les seules conséquences»    L'espace d'art B7L9 abrite l'exposition "Culture Solidaire", des œuvres créées durant le confinement    Diffusion et débat live autour du film "Lettres du contient" sur la page Fb de l'association l'Art Rue    Conférence de presse digitale de L' « Open Art Week 2020 » : La création explorée autrement    «La voie normale» d'Erige Sehiri : Sortie française    USA : Les micros de Donald Trump et Joe Biden seront plus souvent coupés lors du prochain débat    Israël et les EAU signent un accord d'exemption de visa    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





60 minutes de pur bonheur sur les traces d'Alexandre Roubtzoff en Tunisie, grâce au film de Saïd Kasmi-Mitterrand
Publié dans Leaders le 01 - 10 - 2020

Le ministère de la Culture et le Tourisme tunisien auraient dépensé dix fois plus sans pour autant réussir une meilleure promotion de la Tunisie dans le monde. « La Tunisie d'Alexandre Roubtzoff », du cinéaste franco-tunisien Saïd Kasmi-Mitterrand est un émerveillement de tous les sens dans un univers captivant.
En 60 minutes, un enfant du pays qui a traversé la méditerrannée, Saïd Kasmi-Mitterrand, raconte avec finesse et esthétisme, le parcours et l'œuvre d'un autre enfant du pays qui avait fait la traversée inverse, près d'un siècle auparavant : Alexandre Roubtzoff. Dessinateur et peintre russe d'un talent exceptionnel, il avait profité d'une bourse d'étude pour se rendre en Tunisie, en 1914, capter une lumière d'une rare beauté. La révolution de 1917 l'y surprendra.
Traits, couleurs et émotions
De quelques mois, son escapade tunisienne s'éternisera jusqu'à quasiment sa mort en 1949. Jamais un artiste-peintre de sa génération ne restituera avec autant de beauté, de finesse et d'émotion, les paysage d'une Tunisie si chatoyante et les traits de Tunisiens et de Tunisiennes, si particuliers. Le film de Saïd Kasmi-Mitterrand a le double mérite de nous faire découvrir les secrets d'une œuvre et de nous faire revenir sur les pas de son artiste, à travers la Tunisie. De la Médina de Tunis et la banlieue de la capitale, à Hammamet, Siliana, Djerba, et le Sud, nous suivons la palette de couleurs et l'émotion sans cesse renouvelée d'un chasseur de lumière. La voix de Frédéric Mitterrand, lui aussi enfant du pays dont ils connaît et admire chacun de ses recoins, vient déclamer un texte qu'il a su composer en hymne. Les témoignages de Jacques Perez, Alya Hamza et Paul Boglio, ponctuera ce récit d'évocations soigneusement insérées.
De généreux mécènes, Kamel Lazaar, Mehdi Houas, Ismail Mabrouk, l'association artistique Alexandre Roubtzoff, présidée par Paul Boglio, le Centre national du Cinéma et de l'image animée, et TV5Monde, notamment, y ont apporté leur concours. Fruit de deux ans et demi d'un travail intensif, le film de Saïd Kasmi-Mitterrand est diffusé depuis cette semaine sur TV5Monde. Grâce à Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe, il a été projeté en avant-première, devant un public nombreux. Aux premiers rangs, l'ancien ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre d'Arvor.
Béji Caïd Essebsi
A peine son Roubtzoff en boîte et porté sur les écrans, Saïd Kasmi-Mitterrand est déjà sur une nouvelle passion : Béji Caïd Essebsi. L'ancien président tunisien, décédé il y a un peu plus d'un an, le 25 juillet 2019, n'a cessé d'interpeller ses souvenirs, ses interrogations aussi. Qui était-il en fait ? Pourquoi avait-il accepté, au lendemain du 14 janvier 2011 d'entreprendre la mission qui était devenue la sienne, en pleine transition si tumultueuse ? Le questionnement ininterrompu, n'attendant pas nécessairement entière réponse, guidera alors Saïd dans une exploration qu'il nous fera partager.
Retrouver la Tunisie, l'autre Tunisie
Ce qui est merveilleux avec lui, c'est ce que chaque film est pour lui un ressourcement avec sa Tunisie. « Alexandre Roubtzoff, dit-il m'a fait redécouvrir mon pays natal, que je croyais connaître, mais sans l'avoir regardé attentivement dans son entièreté. Son œuvre, qui rassemble toutes les formes d'expression plastique, de la peinture au dessin, des portraits aux paysages, de la scène de genre à l'architecture; sur une infinité de supports, qui vont de la toile aux : carnets de croquis, m'a fait voyager à travers toute la Tunisie, jusque dans des lieux éloignés où se hasardent bien peu de visiteurs.
Elle m'a fait aussi voyager dans l'histoire de mon pays, durant cette période du protectorat français, dont il ne fut aucunement complice, son regard étant totalement détaché des préjugés coloniaux, mais au plus près du peuple tunisien. La société tunisienne était alors dominée politiquement par l'occupation étrangère et Alexandre Roubtzoff peignait les prépondérants, comme il peignait l'ensemble de la population, détaché de toute idée de propagande.
Sa recherche, était celle de la beauté, à travers l'approfondissement constant de son extraordinaire maîtrise du cadre et de la couleur, de l'humanité surgissant de chacun des thèmes, des situations, des lieux et des personnages qu'il peignait.
Durant toutes ses longues années au service de l'art et de son pays d'adoption, il n'acessé de créer, laissant en héritage, un immense patrimoine d'une valeur exceptionnelle pour les générations futures, les amateurs, les historiens d'art...
La Tunisie, connaissait alors une floraison artistique remarquable. Alexandre Roubtzoff y a pleinement participé évidemment, tout en restant très solitaire, par intégrité, désintéressement et modestie sans doute. Mais aussi par ce qu'il se sentait investi d'une vocation particulière, celle de ne subir aucune contrainte, ni influence, de n'être récupéré par aucun cercle et aucune école. C'est ce qui donne aussi à son œuvre, sa singularité et sa puissance, le faisant apparaître comme le peintre majeur d'un temps, que le jeune franco-tunisien que je suis, se fait le devoir de retrouver. Avec ferveur et autant d'humanité et d'amour, qu'il en dispensa lui-même, tout au long de son œuvre et de sa vie.
Roubtzoff, encore méconnu
Alexandre Roubtzoff (1884-1949) a dressé tout au long de sa vie un portrait fascinant de son pays d'adoption : La Tunisie. Il y a laissé une œuvre figurative considérable, aujourd'hui répartie parmi de nombreux collectionneurs et sur laquelle veille le président de l'association artistique d'Alexandre Roubtzoff, Paul Boglio, qui m'a ouvert toutes ses archives. Alexandre Roubtzoff est encore méconnu en Russie, son pays natal et c'est maintenant près de 70 ans après sa mort qu'il est enfin reconnu en France comme un des artistes majeurs ayant travaillé en Afrique du Nord.
L'homme discret et pudique, réticent même à vendre ses tableaux. Le film permet de visiter son univers et de retrouver en Tunisie les lieux qui l'ont inspiré. On peut espérer qu'il accompagnera le mouvement de reconnaissance qui entoure désormais Alexandre Roubtzoff.
Saïd Kasmi-Mitterrand : un talent prometteur
Né en 1976 en Tunisie, Saïd Kasmi-Mitterrand, est un producteur et réalisateur franco-tunisien. Il passe son enfance dans les salles de montage et sur les plateaux de télévision en compagnie de son père Frédéric Mitterrand. En 2003, il fonde sa propre société de production de film documentaires et développe un important catalogue sur "l'art de vivre" pour le Groupe TF1, Canal Plus, Orange et TV5MONDE. Il produit les documentaires Christian Dior, La France, Trump, le parrain de Manhattan, Conversation avec le président Giscard d'Estaing, et L'Enfance de François Mitterrand.

Mais c'est surtout la mémoire de son pays natal, perçue à travers le quotidien des minorités ou le regard occidental, qu'il veut capter. Après avoir consacré son premier film en 2015 à la communauté juive de Tunisie pour TV5MONDE et Histoire, il réalise « La Tunisie de Jacques Perez » en 2018, et « La Tunisie d'Alexandre Roubtzoff en 2020 ».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.