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Rym Ghachem Attia: Une année difficile, une Tunisie blessée
Publié dans Leaders le 25 - 12 - 2020

Cette année a été exceptionnelle à plusieurs titres.
Tout d'abord et surtout l'épidémie Covid-19.
Quelle a été l'attitude du citoyen ?
De nombreux messages paradoxaux nous ont été tranmis par les autorités.
Le citoyen ne croit plus à ces injonctions contradictoires. Il faut s'éloigner les uns des autres d'un mètre et demi et mettre la bavette même en plein air ? Pourquoi ? Une seule mesure suffirait, Non ?
Le psychiatre a été témoin des différentes vagues et des différentes conséquences puisque les psychiatres ont à prendre en charge les accidentés de la vie et à soigner les fractures sociales. Ils sont souvent les témoins de ces sources de handicap. On a parlé, déjà, de 3ème vague pour décrire la vague psychiatrique qui est là. Notre inquiétude n'est pas due au manque de moyens pour la contenir, car elle met en résonance deux phénomènes qui menacent notre capacité à affronter ces épreuves.
Le premier concerne l'incertitude. Les économistes savent ses effets néfastes sur la vie économique, en figeant toute capacité à investir et engager les projets qui font les lendemains de tout un chacun. Mais les conséquences sont plus larges encore: l'incertitude affecte profondément notre fonctionnement psychique. Elle fait stagner la trajectoire de chacun dans un présent que rien ne semble dépasser. Elle sidère notre capacité à penser. Cette stagnation est source d'angoisses qui aggravent d'autant la perception d'un possible futur, de sorte qu'un cercle vicieux vient entraver tout mouvement. Ne peuvent en émerger que des sauts dans le raisonnement qui se font aux dépens de la raison, comme un disque rayé ne reprend pas où il est attendu. Nous avons pu montrer que la prise de décision en situation d'incertitude nécessite une machinerie cérébrale complexe que de simples perturbations peuvent profondément infléchir. Il a ainsi été mis en évidence que l'induction expérimentale d'une incertitude augmente l'adhésion à des superstitions et des scénarios complotèrent. Voilà en laboratoire la démonstration de ce qui attend notre société. Seul remède : le temps long. Une situation dommageable dont on connaît les déterminants et les conséquences vaut toujours mieux qu'une incertitude née de décisions reportées sine die. Nous savons bien sûr la complexité de la situation actuelle, et de fait la cacophonie internationale en témoigne, mais il faut dans la mesure du possible donner aux citoyens des perspectives, fussent-elles douloureuses dans l'immédiat.
Le second phénomène est plus inquiétant encore. Cette crise pousse à son paroxysme une expérience que tout un chacun a pu faire: la rupture du lien social. Ces dernières décennies l'ont vu s'atrophier au point de perdre sa substance. Sous couvert d'accélération spectaculaire des communications et de globalisation tous azimuts. C'est d'abord le sentiment d'affiliation, celui qui nous lie à une communauté dépassant les intérêts spécifiques, qui s'est rompu. L'essor des médias sociaux a pu un temps donner l'illusion de son maintien. C'est ne pas comprendre qu'ils n'ont de sociaux que le nom, et qu'ils entravent précisément ce qui constitue la marque de l'affiliation : pour faire corps avec autrui, au sens d'un corps social, il faut rencontrer l'altérité et y trouver une issue. Au risque de ne contempler que des reflets déformants de soi-même. Et une fois ce sentiment d'affiliation rompu, c'est l'idée même d'un lien social qui rend l'âme.
Les psychiatres sont des professionnels de ce lien. Ils en savent le caractère vital pour chacun et pour tous, ils le cultivent avec les moyens du bord. La distanciation sociale, rendue nécessaire – n'en doutons pas - par la contagiosité d'un virus, est l'ultime reste de ce lien. Elle désorganise ce que nos sociétés avaient patiemment tissé. Nulle surprise que dans ce contexte soit déclarée la guerre des générations. Certes la réalité des trajectoires de vie la rendait probable. Deux générations s'affrontent. Entre les deux, les ni-ni, ni vieux ni jeunes, qui tentent de comprendre la jeune génération avec les codes de l'ancienne, oscillant en vain de l'une à l'autre. Comment dans ce contexte reprocher aux lycéens et étudiants de tomber le masque ?
« Je dis seulement qu'il y a sur cette terre des fléaux et des victimes et qu'il faut, autant qu'il est possible, refuser d'être avec le fléau ». Chacun a pu profiter des derniers mois pour lire ou relire Camus et son roman La Peste. Nous n'avons pas de remèdes improvisés pour traiter les symptômes du moment singulier que nous traversons. A partir de ce point de vue nous pointons la réalité du défi posé par l'épidémie : conjuguer mesure sanitaire et préservation de notre vie collective.
Nous ignorons de quoi demain sera fait, mais nous sommes sûrs de la nécessité de nous retrouver.
Le pays doit se solidariser autour d'un but commun : sortir de ce fléau et aller de l'avant. Au lieu de luttes intestines sans but, on doit lutter ensemble pour relever l'économie, la vente en ligne explose mais pas dans tous les secteurs. Encourager nos agriculteurs d'aller droit au consommateur doit être une des priorités. Acheter tunisien, minimiser les importations non vitales. Arrêter de crier pour être entendu, le tunisien n'est pas sourd, ne pas chercher des boucs émissaires. Arrêter de paralyser des secteurs importants, valoriser le travail et la rigueur et surtout penser ce que nous devons faire pour notre pays et non ce qu'il doit faire pour nous.
L'heure est grave, beaucoup de désespoirs fusent de tous les côtés ; les pauvres se sont davantage appauvries, les moins pauvres le sont devenus ; et les riches craignent pour leurs richesses devant l'éclosion de nouveaux riches en grand nombre.
Les valeurs ont changé, les repères n'existent plus.
Où est le mal, qu'est-ce que le bien ?
C'est vrai qu'il est facile de contester, de dénigrer et de contester et difficile de corriger et qu'on ne tire pas sur une ambulance mais je ne peux plus me taire. Je dois exprimer mon mal être et même mon désespoir. Il nous faut des dirigeants qui ne pensent pas à l'amélioration de leur curriculum vitae en prenant un portefeuille mais plutôt de voir s'ils sont réellement capables de bouleverser cet ordre établi et d'aller au fond des problèmes sans penser à leur confort et à garder leur fauteuil et ces personnes existent et ont déjà occupé des postes mais pendant trop peu de temps.
Rassembler des ministères et essayer de diminuer le nombre de portefeuilles.
Je rêve d'un pays uni capable d'affronter l'obscurantisme et le dogmatisme religieux. J'aimerais tant pouvoir profiter de notre belle Tunisie sans angoisse pour elle et ses enfants.
C'est vrai un certain pessimisme, une morosité s'installe. On voit même une augmentation du nombre de suicides qui touche des âges précoces, jamais vu auparavant.
Nous nous devons de contrer cela. Nos grands-parents nous ont offert une Tunisie indépendante, moderne avec l'eau et l'électricité.
Nous ne pouvons laisser à nos petits-enfants une Tunisie endeuillée et endettée.
Nous avons un potentiel humain énorme, en qualité et en quantité. Soyons intelligents et utilisons-le pour contrer cet obscurantisme sans tomber dans le fascisme.
Oui nous sommes face à un fléau mondial que tous les pays du monde ont du mal à contrer. Nous, nous en sommes capables. Nos blouses blanches sont là, toujours présent à l'appel et le citoyen si on le responsabilise en lui donnant des consignes claires, non contradictoires, il entendra et appliquera.


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