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Walid Mokni, le pharmacologue globetrotter
Publié dans Leaders le 11 - 01 - 2011

En choisissant d'investir le champ de la recherche pharmacologique, Walid Mokni n'a choisi ni le chemin de la facilité, ni celui du gain rapide mais a pu contribuer à l'étude de l'une des énigmes médicales les plus spectaculaires, celle de la mort subite du nourrisson. C'est à ce titre qu'il fait la une de la presse médicale internationale, lui et son équipe du laboratoire de Neurobiologie et Pharmacologie Cardiovasculaire de la faculté de Médecine de Strasbourg, il y a quelques mois. Pas de quoi prendre la grosse tête. Le jeune chercheur tunisien demeure simple, souriant et accessible et relate pour nous son parcours entre Tunis, Lyon, Genève, Francfort, Munich et Strasbourg, nous parle des personnes, des événements et des endroits qui l'ont marqué et des secrets de sa réussite : d'abord le travail, ensuite le travail, toujours le travail.
« Quoiqu'habitant à Tunis, je suis originaire de Moknine. J'ai beaucoup voyagé au cours de ma vie. Ma mère Hayet est professeur de Français et mon père Rafik était cadre à Tunisair, ce qui nous a valu plusieurs déplacements à l'étranger. Mon enfance s'est partagée entre Tunis, Lyon et Genève. En raison de ces fréquents mouvements, j'ai été scolarisé à l'école française afin de bénéficier d'un programme éducatif homogène, d'abord à Robert Desnos à El Omrane, puis à Pierre Mendès-France à Mutuelleville. Vers la fin du secondaire, mon père a été nommé en Allemagne, à Francfort d'abord puis à Munich. Quand on dit que les voyages forment la jeunesse, ce n'est pas peu dire. Ces voyages ont été autant de fenêtres sur diverses cultures et m'ont donné le goût de la tolérance et de ce qui est différent.
J'ai eu mon baccalauréat scientifique à Munich, avant de migrer vers Strasbourg pour entamer mes études de Pharmacie. C'était en 1996. Cette ville présentait deux avantages : sa faculté de Pharmacie bien réputée et sa position géographique proche de l'Allemagne ce qui me permettait de rentrer à Munich où ma famille était encore les premières années. Je ne l'ai pas regretté, j'ai appris à apprécier l'Alsace et je me suis fait beaucoup d'amis alsaciens. Notre faculté a par ailleurs une philosophie pédagogique que j'apprécie tout particulièrement, et qui met plus l'accent sur la réflexion que l'apprentissage par cœur.
J'avais dans l'idée de m'orienter en officine. Les années passant, j'ai découvert un monde de la Pharmacie très riche et diversifié, d'une grande pluridisciplinarité qui permet d'appréhender un problème sous plusieurs angles différents, ce qui est à mon sens un des atouts majeurs de cette formation. J'ai alors poursuivi en passant le résidanat, en parallèle d'un master recherche à l'Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire, une référence dans son domaine. J'ai continué en doctorat à la faculté de Pharmacie, au laboratoire de Pharmacologie, où j'ai travaillé sur l'hypertrophie cardiaque sous la direction du Dr Claire Lugnier, dont la réputation mondiale dans le domaine des Phosphodiestérases est largement reconnue.
En 2008, j'ai intégré le laboratoire de Neurobiologie et Pharmacologie Cardiovasculaire à la faculté de Médecine en tant qu'assistant hospitalier universitaire. Cette fonction consiste à assurer des enseignements en Pharmacologie aux jeunes médecins, à participer à l'organisation et la mise en place des études cliniques à l'hôpital, et à faire de la recherche en laboratoire. Je travaille notamment sur l'implication du système nerveux central dans le syndrome métabolique d'une part, et la mort subite du nourrisson d'autre part. Le Professeur Pascal Bousquet, qui dirige ce laboratoire, a été le premier à avoir mis en évidence les effets des récepteurs aux Imidazolines.
En plus de ces activités, je devais terminer mon doctorat, et j'ai passé pendant plus d'un an mes week-ends à la faculté de Pharmacie. Cette période a été particulièrement difficile. J'ai reçu avec beaucoup d'émotion et de fierté le titre de Docteur de l'Université de Strasbourg en Juin 2009. Aujourd'hui, j'exerce toujours à la faculté de Médecine mais je suis également impliqué à la faculté de Pharmacie pour certains enseignements et encadrements d'étudiants.
La Tunisie garde toujours une place particulière dans mon cœur. Le lien n'est jamais rompu, j'y rentre personnellement très régulièrement et nous accueillons actuellement dans notre laboratoire deux jeunes Tunisiens, un doctorant et une étudiante en master. Ces collaborations sont très enrichissantes et seront amenées à se renforcer je l'espère.
Mon expérience personnelle m'a appris qu'il fallait être travailleur, curieux et élargir ses horizons. Notre premier capital, c'est nous-mêmes. Ce que l'on investit en soi comme connaissances et culture n'est jamais perdu. « Le hasard ne favorise que les esprits préparés », disait Louis Pasteur. Parallèlement, j'ai eu la chance de rencontrer des professeurs d'une très haute qualité scientifique, et aux qualités humaines au moins aussi élevées. Chacun d'entre eux m'a beaucoup appris, bien plus qu'ils ne peuvent l'imaginer. Je ne pourrais les citer tous, universitaires et hospitaliers, car ils sont trop nombreux. Je les remercie pour leur soutien dans les moments difficiles, lorsque le stress et la fatigue l'emportaient parfois sur la raison. Ma famille a également joué un rôle essentiel. Ma sœur Sonia a un double master en Communication et en Civilisation Germanique et vit à Paris, mon frère Issam est avocat en Droit des Affaires à Tunis. Mes parents sont retournés vivre maintenant à Tunis. Je n'aurai rien pu faire sans eux, sans l'éducation et les valeurs qu'ils m'ont transmises, sans leur soutien permanent par delà la Méditerranée, sans leur amour. J'espère toujours pouvoir les rendre fiers ».


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