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Liberté et Paix en Méditerranée : le rêve déçu
Publié dans Leaders le 13 - 05 - 2011

Je voudrais, pour commencer, vous souhaiter la bienvenue, présenter aux organisateurs mes félicitations les plus sincères pour le choix judicieux du thème de notre Conférence « Liberté et Paix en Méditerranée » et vous dire, par la même occasion, combien nous nous réjouissons de voir cette Conférence se tenir en Tunisie, ce qui constitue à nos yeux un hommage à notre jeune et glorieuse Révolution.
Cette révolution que les médias en Europe désignent souvent par la révolution du Jasmin fut en fait une révolution pour la liberté et la dignité. Ensuite, elle fut le détonateur qui a fait exploser les exigences de justice sociale et de citoyenneté. Elle a révélé un niveau élevé de conscience politique et sociale d'une population fière de son appartenance nationale et forte de ses droits à une vie digne.
L'indignation populaire, longtemps contenue par un régime despotique, a mis à nu et amplifié le refus de la dictature, de la corruption, et des inégalités.
Ce fut la révolution des exclus, des chômeurs, des laissés pour compte. Mais ce fut aussi l'expression des aspirations de tous les Tunisiens à la liberté et à la dignité.
Cette soif de liberté est accompagnée d'une multitude de revendications dont la légitimité ne peut occulter l'ampleur : en tête de ces revendications celles des jeunes qui constituent 60% des demandeurs d'emploi et dont 150.000 sont diplômés des Universités tunisiennes, auxquelles s'ajoutent les revendications des travailleurs en situation précaire et des exclus de la croissance.
C'est pour affronter ces défis que le Gouvernement de transition s'est employé, non seulement à assurer la continuité des services publics, mais aussi à répondre aux besoins essentiels des plus démunis, à améliorer les conditions de vie et de travail des salariés, à réduire les charges des entreprises en difficultés, à corriger les inégalités régionales , à restaurer la sécurité et la paix sociale et à mener à bon port le processus de transition jusqu'à l'élection libre de l'Assemblée Constituante.
Parallèlement, un programme de grands travaux et de réformes structurelles est mis à l'étude afin de créer des conditions favorables à la relance de l'économie, de la croissance et de l'emploi.
De multiples raisons
Nous sommes pleinement conscients que beaucoup d'efforts nous attendent pour réussir la transition démocratique. Il en est ainsi en Tunisie, comme c'est le cas des mouvements populaires qui se développent dans d'autres pays au sud de la méditerranée et sont révélateurs des mêmes aspirations et porteurs des mêmes défis.
Cela nous mène à nous interroger sur les répercussions éventuelles de ces mouvements sur les relations inter méditerranéennes et plus particulièrement entre les rives nord et sud de la Méditerranée, et c'est probablement ce qui justifie le choix du thème de notre conférence.
Dans le passé, la méditerranée, loin d'être une barrière naturelle entre les peuples riverains, leur a servi, au contraire, de trait d'union et de voie de communication, transportant les vagues humaines du Nord vers le Sud et vice versa, que ce soit à l'occasion des guerres et des conquêtes qui se succédèrent au fil des siècles, ou pour y vivre et s'y installer.
Aujourd'hui, les événements récents survenus autour de la méditerranée nous offrent une perception contrastée de la situation et peut être l'opportunité de repenser la coopération euro-méditerranéenne sur de nouvelles bases.
Il y a quelques années, en 1995 plus précisément, le Processus de Barcelone ouvrait de larges espoirs pour la construction de la paix en méditerranée.
Il était indiqué dans son préambule que « la paix, la stabilité et la sécurité de la région méditerranéenne sont un bien commun que les signataires s'engagent à promouvoir et à renforcer par tous les moyens dont ils disposent».
Hélas, et malgré des débuts prometteurs et un programme de travail qui devait traduire les objectifs dans les faits, le rêve fut déçu.
Les raisons sont multiples: conflits séculaires non résolus, ensemble maghrébin non construit, solidarités inter-rives fragilisées par les contraintes nouvelles d'un globalisme rampant, refus de certains régimes de se conformer à la nécessaire démocratisation de leurs pays.
A ces raisons, s'ajoutent la tendance unilatéraliste de l'Union Européenne et le déséquilibre dans le rapport des forces qui se sont manifestés à l'occasion des négociations entre une Union Européenne forte de près de 500 millions d'habitants et représentant près du tiers du PIB mondial, traitant individuellement, avec chacun des Etats partenaires de la rive Sud des accords d'association dont l'objectif sécuritaire est prédominant.
Aujourd'hui, cette approche semble pratiquement dominer les relations euro-méditerranéennes, avec la focalisation de l'opinion publique européenne et des médias sur l'émigration clandestine, au point de remettre en cause certaines clauses des accords de Schengen, à l'heure où la Tunisie accueillait 360 000 réfugiés dont 36 000 sont encore sur son territoire et bénéficient de la sollicitude des pouvoirs publics et de la générosité du peuple tunisien.
L'émigration clandestine ne peut être imputée à la négligence des pays d'origine et encore moins à leur mauvaise volonté. C'est une réalité humainement dramatique et insupportable et politiquement inadmissible. Elle révèle l'existence de réseaux structurés organisés de part et d'autre des frontières. Elle révèle surtout l'échec des politiques de développement dans les pays d'origine mais aussi l'échec des politiques de fermeture des frontières des pays du Nord. Elle révèle enfin la politisation excessive du phénomène migratoire et son utilisation à des fins électoralistes.
Les préoccupations européennes en matière de sécurité sont certes légitimes et la lutte contre l'émigration clandestine est un objectif commun aux pays signataires des traités d'association.
Cependant, un tel objectif ne saurait se réaliser d'une façon unilatérale et par des mesures strictement sécuritaires. Seule une coopération entre les gouvernements des pays d'origine et des pays de destination, pourrait aboutir à des résultats satisfaisants.
Du reste, nous avons eu maintes fois l'occasion de proposer à nos partenaires européens une stratégie commune basée d'une part sur la conclusion d'accords pour une émigration consentie et maitrisée, et prenant en considération les intérêts des uns et des autres, et d'autre part, sur une coopération en vue de réduire la pression migratoire à travers une stimulation des investissements européens en Tunisie et un développement solidaire.
La stabilité et la sécurité des pays européens restent tributaires, dans une large mesure, de celles des pays du Sud de la méditerranée. Nous n'avons pas d'autre choix que d'œuvrer pour un avenir commun de paix et de prospérité partagée.

Liberté et Paix ! Il n'est certes pas possible d'aspirer vers deux objets plus élevés dans l'ordre social.
En choisissant d'en débattre aujourd'hui au niveau de la sphère méditerranéenne, vous administrez la preuve, encore une fois, que vos préoccupations humanistes dépassent l'individu pour se porter à l'universel.
La période historique que nous vivons ensemble aujourd'hui a plus que jamais besoin de l'implication de toutes les bonnes volontés.
Mohamed Ennaceur, Ministre des Affaires Sociales
(*) Allocution d'ouverture de la Conférence annuelle du District 901 du Rotary International « Liberté et Paix en Méditerranée », Hammamet, 14 Mai 2011
Photo d'archives avec M. Béji Caïd Essebsi


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