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Les leçons d'une crise
Publié dans Leaders le 25 - 10 - 2008

S'il est un seul enseignement qu'on peut tirer de la crise qui secoue actuellement les grandes places financières menaçant à tout moment, de déborder sur l'économie réelle, c'est bien la montée en puissance de la vieille Europe- celle –là même dont les néoconservateurs américains prédisaient à la veille de l'invasion de l'Irak en 2003 le déclin irréversible.
Le géant économique est devenu également un géant politique qui n'a pas froid aux yeux, qui ose dire non à « l'économie casino », celle où les gens « s'enrichissent en dormant » oui à un capitalisme à visage humain qui cherche par exemple à concilier entre « le profit financier à coût terme et la réussite collective ».On en a eu l'illustration dernièrement lors de la rencontre du président en exercice de l'U.E Nicolas Sarkozy avec le président Bush à Camp David.

Après le duopole américano-soviétique fondé sur l'équilibre de la terreur, l'hyperpuissance américaine subséquente à la chute du communisme, voici venu le temps d'un monde multipolaire au sein duquel l'Europe, traitée jadis comme une « non personne » selon le mot de Michel Jobert l'ancien ministre français des affaires étrangères, pourra jouer le rôle qui doit être le sien sur la scène internationale eu égard à son dynamisme économique, à la qualité de ses élites mais aussi à sa puissance militaire.

Que de chemin parcouru depuis la création de la CECA (Communauté Européenne du charbon et de l'acier) en 1951.Ils étaient quelques uns (les Français Robert Schuman et Jean Monnet, L'Italien de Gasperi et l'Allemand Adenauer) à appeler au lendemain de la deuxième guerre mondiale leurs compatriotes à faire table rase du passé et à contribuer à la naissance d'une Europe unie prenant ainsi à rebours des opinions publiques traumatisées par les atrocités auxquels donnèrent lieu les deux conflits les plus meurtriers du XX siècle.

De fait, il fallait une bonne dose d'optimisme voire même d'inconscience pour tenir un tel langage au sortir de la guerre. Mais face au « pessimisme de la raison » il fallait prôner ce que Gramsci appelait « l'optimisme de la volonté »au risque de provoquer ici ou là les haussements d'épaules des eurosceptiques ou les invectives des « souverainistes ».

Les utopistes d'hier sont aujourd'hui encensés qualifiés de prophètes. On pense irrésistiblement à Victor Hugo : « l'utopie, c'est la vérité de demain ».

Bien évidemment, on aurait tort de croire que le processus d'intégration européenne a été un long fleuve tranquille. Depuis la signature du traité de Rome, véritable texte fondateur de l'union européenne en 1956, ce processus a connu bien des vicissitudes comme l'échec de la communauté européenne de défense (CED), rejetée par la France, la crise entre Paris et Londres concernant l'adhésion de la grande Bretagne, les difficultés d'application de la politique agricole comme les réticences de certains pays rencontrés à voter la constitution européenne. Mais sans se décourager, les Européens se faisaient un point d'honneur de les résoudre quelles qu'en étaient l'acuité n'hésitant pas à « remettre leur ouvrage vingt fois sur le métier ».

Il est incontestable que les progrès enregistrés sont très importants compte tenu des intérêts divergents voire parfois antagoniques des Etats membres. Les acquis sont nombreux, on se contentera d'en citer un qui aurait suffi à justifier à lui seul les efforts déployées depuis soixante ans, la création d'une monnaie unique car la monnaie étant le symbole par excellence de la souveraineté d'un pays le fait d'y avoir renoncé peut être interprété comme un geste très fort des Etats membres et un acte de foi dans l'unité européenne.


Par contraste, les succès enregistrés par les Européens sur la voie de leur intégration économique et politique fait ressortir les échecs répétés des pays du tiers monde dans leur quête d'unité ou de regroupement.

L'unité arabe, l'UMA, les regroupements économiques africains: les exemples ne manquent pas pour illustrer jusqu'à la caricature, les tentatives avortées d'unité politique ou économique sous nos latitudes.

Loin de nous l'idée de minorer les difficultés mais l'exemple européen est suffisamment éclairant pour que nous nous autorisions à avancer qu'il n'existe pas d'obstacles insurmontables pour peu qu'il existe une volonté de les franchir ou même de les contourner.

Les succès européens auraient dû susciter dans nos pays des débats qui ne pouvaient qu'être salutaires sur notre façon d'appréhender le problème. Il n'en a rien été. C'est à croire que ces succès, au lieu de nous servir d'aiguillon, n'ont fait que nous tétaniser.

Pourtant, combien de fois avons-nous entendu des responsables étrangers ou des responsables d'institutions internationales nous inviter à coordonner nos positions, à nous présenter en front uni pour mieux faire entendre nos voix et renforcer notre capacité de négociation.

Pourquoi se résigner à cette fatalité de l'échec alors qu'il aurait suffi de se remettre en question, de cesser les querelles subalternes et surtout de ne pas oublier que la politique, c'est l'art du possible et que la continuité géographique ou historique ne signifie nullement l'absence de particularismes ni d'intérêts divergents.

Un vieux proverbe latin facilement traduisible en français dit : « Errare humanum, perseverare diabolicum.»


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