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Habib Achour en mémoire : le jour où le « vieux lion » éclata en sanglots !
Publié dans Leaders le 13 - 03 - 2012

Habib Achour revient parmi nous ces jours, lui qui nous a quittés un 14 mars de l'année 1999.On ne peut pas arrêter de parler de lui, de ses réussites comme de ses échecs, de ses batailles comme de ses choix. Bref, c'est une icône qui a largement sa place dans l'histoire de la Tunisie indépendante, syndicale, partisane et politique. Tous ceux qui l'ont croisé, côtoyé, eu recours à lui, en ami ou en adversaire, gardent de lui un souvenir quelconque, une anecdote, une histoire.
Pour ma part qui l'eus côtoyé pendant quelques années, j'en garde une :
Elle date de 1985 et précisément du 1er octobre de ladite année. En effet, terrifiés que nous étions par la forte secousse qui a ébranlé nos bureaux de l'Avenue de Carthage, nous accourûmes, Faouzi El Adhari, rédacteur du desk international de l'agence Tap et moi au siège de l'Ugtt sis à la rue de Grèce pour nous enquérir de la réalité des évènements. Certes, le bruit courut que des avions venus du sud auraient saboté une quelconque usine mais nous pensâmes, de notre côté, à un grave évènement qui aurait pu arriver quelque part et que le gouvernement d'alors aurait pu mettre sur le dos des militants syndicalistes, Habib Achour en tête.
Nous fumes surpris qu'il y avait peu de gens à ladite heure au siège de la centrale syndicale qui était, à l'époque, harcelée par un Mzali déchaîné comme un fauve blessé dans la lutte de clans qui l'opposait à plusieurs prétendants à la succession du président Bourguiba et tenait à faire endosser ses déboires à l'Ugtt et à Achour en personne. C'est alors que nous pûmes être introduits sans tarder auprès de feu Habib Achour, alors secrétaire général de l'Ugtt que nous trouvâmes accroché au téléphone.
D'un geste de la main, il nous invita à nous asseoir et aussitôt, téléphona à M.Slaheddine Bali, ministre de la défense de l'époque pour lui demander des informations sur une forte explosion entendue au centre de Tunis. Tout juste deux mots comme réponse: « nous enquêtons ». Et Achour d'insister : » il parait qu'il s'agit d'avions », mais toujours la même réponse. Faouzi téléphona pour sa part à la Tap, moi-même à Michel Deuré, correspondant du journal Monde et de l'agence UPI. Rien n'est encore tombé.
Un silence de morts régna au bureau, trois, quatre, cinq minutes ou même plus et c'est au tour du ministre d'appeler : « c'est vrai qu'il s'agit d'avions mais on ne les a pas encore identifiés » Achour demanda ce qu'ils avaient fait. Réponse : ils ont bombardé à Hammam Chatt. Achour laissa tomber le combiné et lança avec beaucoup de douleur : »ils l'ont fait, les salauds, ils l'ont fait. » Terrifiés, nous demandâmes en chœur : »echkoun, ech sar » (de qui s'agit, qu'est-ce qu'il y a eu ?).
Il allait nous informer et à peine eut-il lâché le nom d'Enzo Frizo que le téléphone sonna. C'était encore celui-ci à l'autre bout du fil. Il parlait tellement fort que nous fumes capables de déchiffrer plusieurs mots de ce qu'il disait. On avait compris sans peine qu'il s'agissait d'avions israéliens, de bombardement, de palestiniens et de Yasser Arafat bien sûr. Achour ne dit pas un mot, remit le combiné en place, et tremblant, leva les deux mains jusqu'à ce qu'elles couvrirent son visage, sanglota deux ou trois fois et après un long moment, nous livra tous les détails.
Faut-il rappeler ici que des avions israéliens étaient venus ce jour-là dans le but précis de tuer Abou Ammar, en bombardant son quartier général installé à Hamman Chatt et asséner un coup dur à ses brigades spéciales dites »Force 17 ». Les israéliens savaient que le leader palestinien allait tenir une réunion là-bas. Au dernier moment, celui-ci fit demi-tour et ne vint point à ladite réunion. Croyant avoir réussi, surtout qu'ils avaient lâché des bombes implosives, capables de tuer et de détruire les constructions sur une superficie assez étendue, les Israéliens s'étaient empressés de crier victoire et laissé filtrer l'information. Celle-ci parvint à la Cisl –confédération internationale des syndicats libres - installée à Bruxelles et dont Achour était vice-président. Enzo Frizo, syndicaliste italien, alors secrétaire général adjoint, grand ami et ardent défenseur de la cause palestinienne, l'a livra à celui qu'on appelait «vieux lion ». C'était tellement dur à supporter qu'il sanglotait, lui qui, trois ans plutôt, rugissait en décidant de suspendre l'adhésion de l'Ugtt à la Cisl, protestant contre ses positions molles à l'égard des droits palestiniens.
Je n'oublierai jamais la fureur de Habib Achour contre le ministre de la défense qui continuait, jusqu'à midi, à soutenir la thèse des avions non identifiés, laquelle fut communiquée au public comme telle au bulletin d'informations de 13 heures, en septième ou huitième rang. » Qu'est-ce que vous faites, où sont vos radars, où sont vos F5, Hammam Chatt est à 5 mn du Palais de Carthage à vol d'oiseau, vous savez ce que ça veut dire, la souveraineté, le chef de l'Etat, tout est découvert, quiconque peut nous agresser, vous achetez des F5 au détriment des besoins vitaux et quand on en a besoin, rien ne marche, ni radars, ni avions, ni renseignements, rien, rien. C'est vrai que vous êtes occupés à installer des syndicalistes fantoches (les fameux chourafas), à saisir les locaux régionaux, à chercher à m'emprisonner. Je vous attends et avec ou sans moi, mais soyez sûr que l'Ugtt restera, filamen ». Il raccrocha brutalement, se leva et quitta le bureau.
Il y a lieu de préciser ici que les F5 sont des avions supersoniques américains, la Tunisie en avait acheté au début des années une dizaine d'appareils dont l'un s'est écrasé au large de Bizerte lors d'une séance d'entrainement. On rapporte aussi que les radars tunisiens avaient repéré les avions « non identifiés » dès leur entrée dans l'espace aérien national mais que l'ordre de les intercepter n'est jamais sorti.
Ajoutons que quelques jours seulement après, Habib Achour , Kemal Saad et moi-même fumes jugés pour « diffamation et propagation de fausses nouvelles pouvant troubler l'ordre public » Trois ou quatre semaines plus tard, Achour fut assigné à résidence et deux ou trois mois après, poursuivi pour avoir autorisé le transfert d' une somme d'argent des comptes d'El Ittihad Assurances dont il était président du conseil d'administration au profit des comptes du journal Echaab dont il était le directeur responsable.
Paix à son âme.
Par Mohamed Laroussi Ben Salah,


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