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Houcine Jaziri : Secrétaire d'Etat aux Migrations et aux Tunisiens à l'étranger, L'émigration, il l'a connue
Publié dans Leaders le 29 - 07 - 2012

L ook de jeune premier, barbe soigneusement rasée, moustaches fines, chemise blanche sur costume noir, Houcine Jaziri, secrétaire d'Etat aux Migrations et aux Tunisiens à l'étranger et ex-porte-parole d'Ennahdha en France, connaît bien les milieux de l'émigration. D'abord, pour avoir passé plus de 20 ans à l'étranger, en tant qu'étudiant au moments du régime déchu, avant de savourer l'immense joie de sa capitulation. «Ce jour tant espéré, mais qui a tardé à Maroc, puis réfugié en France, mais aussi pour y avoir activement milité. Le 14 janvier 2011, il se trouvait à la Bourse du travail à Paris avec d'autres militants islamistes mais aussi de tous bords, sous la houlette de Kamel Jendoubi, pour vivre les derniers poindre, nous dit-il, était finalement arrivé. Je ne pouvais que me précipiter pour rentrer au pays dont j'étais longtemps sevré».
C'est très jeune et encore élève que Houcine Jaziri découvrit le mouvement islamiste. Monté à Tunis en 1981, de son Zarzis natal chez sa sœur aînée à Tunis, il alla découvrir les quartiers de la capitale, sa médina et ses mosquées lorsqu'il fut captivé par les leçons religieuses qui y étaient dispensées. Le hasard avait voulu qu'il se rende à la Mosquée Zraarya où précisément officiait cheikh Rached Ghannouchi et à Jamaa el Hawaa où Abdelfettah Mourou animait les cours ramadanesques. Cela a suffi pour ancrer en lui l'engagement islamique et c'est ainsi qu'il se lança dans le mouvement lycéen, dès sa prime jeunesse, sans avoir le droit, comme ceux de son jeune âge, de savourer d'autres loisirs.
L'engagement et l'exil
Bachelier en 1988, il découvre la faculté des Lettres du boulevard 9-Avril en pleine effervescence syndicale et politique. «Tous les courants politiques y étaient très actifs, se souvient-il, et le niveau de maturité et de prise de conscience était très élevé». S'il s'était immédiatement rangé derrière Lajmi Lourimi, chef de file des étudiants islamistes, il se délectait avec ses camarades des débats engagés avec les autres formations, notamment celle de gauche, menées par Chokri Belaid, Salem Labiedh et autres Mohsen Marzouk. On comprend alors qu'il lui était difficile de concilier son intense activité militante et la réussite universitaire.
Il avait été tenté d'aller s'inscrire à l'Université de Rabat, puis revenir poursuivre son militantisme à Tunis, dans l'attente de passer les examens au Maroc, un peu comme l'avait fait Lajmi Lourimi. Mais, une fois inscrit au Maroc, il a été prévenu que la police tunisienne s'était lancée sur ses trousses pour l'arrêter. Du coup, il ne lui restait, pour échapper à la torture et à la prison, que la voie de l'exil. Au Maroc, il avait constitué une bonne équipe avec Rafik Abdessalem (l'actuel ministre des Affaires étrangères), Ezzeddine Abdelmoula, Noureddine Aouididi et d'autres camarades islamistes, bénéficiant du soutien de nombre de partis et d'associations, notamment l'USFP, la Ligue des droits de l'Homme et les syndicats. «Je dois reconnaître que le Maroc, à l'instar de l'Algérie, a eu la noble et historique décision de ne pas nous remettre aux autorités tunisiennes malgré leurs persistantes réclamations, dit-il. Et c'est ce qui nous a sauvés des affres de la prison».
Ayant terminé sa maîtrise en philo à l'Université Mohamed-V à Rabat en 1993, Houcine Jaziri était pressé de monter à Paris où il comptait déjà plusieurs membres de sa famille, mais aussi de nombreux camarades du mouvement islamiste impatients de le voir venir renforcer leurs rangs.
A peine débarqué, le voilà pleinement engagé dans l'action. «La grande question qui se posait à nous tous alors était de savoir comment éviter qu'Ennahdha ne succombe à la violence, à l'instar de ce qui s'était passé en Algérie, arrêter tout dérapage violent et éviter une confrontation directe violente avec Ben Ali. Au prix de mûres réflexions et de grands efforts, nous sommes parvenus à faire prévaloir l'option de l'action pacifique et enrichir la plateforme intellectuelle et politique de notre mouvement. Il a fallu approfondir les discussions internes et s'engager dans un long processus de restructuration et de recentrage. En parallèle, nous étions en contact avec différentes figures de la gauche tunisienne exilées, notamment Khemaies Chammari, Kamel Jendoubi, Tarek Ben Hiba, Mohieddine Cherbib et autres, ainsi que de grandes personnalités, à savoir Mohamed Mzali et Ahmed Ben Salah. Je n'oublierai pas de citer les tentatives menées par Mohamed Masmoudi pour convaincre Ben Ali de libérer les détenus islamistes mais elles étaient restées vaines ».
Un centre culturel en point d'appui
« Je dois reconnaître que le Maroc, à l'instar de l'Algérie, a eu la noble et historique décision de ne pas nous remettre aux autorités tunisiennes malgré leurs persistantes réclamations, Et c'est ce qui nous a sauvés des affres de la prison.»
Sur un plan personnel, Houcine Jaziri devait se débrouiller pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. C'est ainsi qu'il a eu l'idée de créer, toujours cherchant à être plus utile à la communauté, une école d'initiation à la langue arabe, rapidement promue en centre culturel ouvert à tous et installé dans la proche banlieue parisienne de Massy-Palaiseau. Le succès de la formule était que le centre est devenu le point de ralliement de la communauté tunisienne mais aussi arabe et musulmane et ses activités se sont multipliées et diversifiées. Désigné porte-parole d'Ennahdha en France, Jaziri cherchait également à disposer de tribunes propres au mouvement et c'est ainsi qu'il contribua au lancement de la chaîne TV Zitouna et du journal La Méditerranée que le ministre français de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua, finira par interdire, suites aux insistantes injonctions de Carthage.
A Paris, comme un poisson dans l'eau, Houcine Jaziri était très actif, avec Ameur Laareyedh, Ridha Driss, Habib Mokni et les autres dirigeants nahdahouis, mais aussi en contact direct avec les autres formations de l'opposition (Moncef Marouzki, etc.) et les associations de l'immigration.Le combat était certes politique, mais l'identitaire et le social étaient fortement présents, avec toutes les injustices subies par les immigrés, les difficultés rencontrées tant dans le pays d'accueil qu'auprès des représentations tunisiennes. Jaziri aura alors l'instructive expérience de vivre la réalité de la condition des immigrés, de réfléchir sur les véritables préoccupations et de s'interroger sur les solutions les plus urgentes et les plus appropriées.
C'est ce qui lui sera précieux lorsqu'il sera appelé à prendre en charge le secrétariat d'Etat aux Migrations et aux Tunisiens à l'étranger. L'appellation même est significative : elle n'englobe pas uniquement les Tunisiens qui partent s'installer à l'étranger, mais aussi les étrangers établis en Tunisie. Le cadre est déjà tracé.


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