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Entre héritage antique et art contemporain
Publié dans Le Temps le 20 - 04 - 2017

Deux grandes expositions sont actuellement visibles au musée du Bardo et donnent plus de relief encore aux célébrations liées au mois du patrimoine. Après les oeuvres de Paul Klee et les Lieux saints en partage, c'est au tour des collections carthaginoises du musée des Antiquités de Leiden d'être présentées. Simultanément, une exposition d'art contemporain restitue une résidence d'artistes aux îles Kerkennah. Deux événements en contrepoint sur fond d'une admirable collection permanente qui fait la part belle aux mosaïques de Tunisie...
Durant le mois du Patrimoine, tous les regards sont tournés vers les musées et les sites archéologiques de Tunisie. En effet, durant cette période, le public est invité à visiter ces lieux à titre gratuit à trois reprises, les 18 avril et 18 mai, dates d'ouverture et de clôture du mois du patrimoine, et également le premier dimanche du mois de mai. C'est dire que cette période signe de belles retrouvailles entre le public et les musées!
D'ailleurs, hier, mardi 18 avril, de nombreux événements marquaient l'ouverture du mois du patrimoine, aussi bien à Dougga qu'à Tunis et aux quatre coins de la République. Un mois durant, des programmes culturels vont être déployés et mettre en exergue le patrimoine monumental, muséographique et immatériel de Tunisie. C'est une occasion de visiter ces sites et redécouvrir la richesse et la diversité de l'héritage tunisien. Ce legs visible dans nos lieux de mémoire muséographique a en effet des racines plurielles et permet d'embrasser d'un regard tous les apports à l'histoire tunisienne.
La nouvelle dynamique du musée national
Il faut le noter, malgré le tragique épisode de l'attentat terroriste, le musée du Bardo ne cesse de progresser et d'améliorer ses prestations au public. En premier lieu, le musée à gagné en surface et même si les travaux continuent pour parfaire l'infrastructure, les nouveaux espaces du musée et son nouvel agencement sont tout à l'honneur de l'équipe qui l'anime, son conservateur en chef Moncef Ben Moussa en tête.
Le musée se déploie sur trois niveaux complémentaires avec cohérence et justesse, permettant d'aborder la succession des espaces selon un récit historique qui, subrepticement, apparaît en filigrane. La mosaïque est comme toujours la reine de ce musée et le visiteur peut la découvrir avec bonheur et se délecte des nombreuses oeuvres exposées. La collection de mosaïques crée toujours une forte impression et emporte généralement l'adhésion du public tout en suscitant un enthousiasme de bon aloi.
En second lieu, le musée du Bardo parvient de plus en plus à s'imposer comme un véritable musée national, un lieu de synthèse qui relate tous les grands épisodes du récit national. Ne l'oublions pas, les origines de ce musée sont celles d'un lieu colonial qui estompait certaines composantes de l'héritage au profit d'autres éléments. De nos jours, l'approche est résolument scientifique grâce aux chercheurs du musée et ceux de l'Institut national du Patrimoine. Ces universitaires qui voguent entre histoire, archéologie et muséographie réalisent un travail remarquable et donnent tout son sens à l'approche qui voudrait que le Bardo soit le musée de référence à l'échelle nationale et le témoin de notre histoire à l'échelle internationale.
A ce titre, tout en excellant, les autres musées comme par exemple Sousse ou El Jem sont installés dans une singularité et dans le sillage de recherches inscrites dans le local. Le Bardo offre une vision plus large, globale et équitable en regard des périodes historiques qui se sont suivies en Tunisie.
Enfin, et en troisième lieu, la signalétique du musée est désormais de retour et offre des conditions optimales au visiteur curieux ou connaisseur. La présence d'une librairie en attendant la future médiathèque est en soi un bon point car, dans ce cas encore, l'on peut aisément poursuivre sa visite grâce à un ouvrage savant ou un album. En règle générale, les services offerts au visiteur sont d'une qualité indiscutable et ne sont contrariés que par l'indiscipline dont peuvent faire preuve certains groupes de visiteurs peu motivés et peu encadrés. Sinon, le musée du Bardo a su conquérir une clientèle tunisienne et continue à faire des efforts pour attirer davantage de visiteurs locaux via son site sur la toile et un rayonnement accru par une communication ciblée.
Des expositions qui rénovent la coopération internationale du musée
Sur un autre plan, le musée du Bardo, depuis sa refondation en tant que véritable musée national et son ouverture dans ses nouveaux locaux a réalisé un parcours inédit en accueillant expositions thématiques et soirées culturelles. On se souvient par exemple de l'événement que fut l'exposition des oeuvres du "Tunisreise" de Paul Klee et ses compagnons. On se souvient aussi de l'exposition tout aussi riche que récente sur les Lieux saints en partage, organisé en partenariat avec le Mucem de Marseille.
Cette politique de grandes expositions rénove en profondeur les partenariats internationaux du musée en les plaçant dans une dynamique nouvelle. De plus, ces expositions de par leur importance ont vite fait de refonder l'approche du musée en matière d'action culturelle. Désormais, concerts ou conférences sont monnaie courante au musée, brassant ainsi un nouveau public et accompagnant harmonieusement les expositions. Par ailleurs, plusieurs opérateurs économiques et ambassades étrangères choisissent Le Bardo pour certains de leurs événements marquants. Ainsi, il y a peu, le soixantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et le Canada et celui entre la Tunisie et le Japon étaient célébrés au musée avec des concerts et récitals de haut niveau.
De même, le musée du Bardo accueille actuellement deux grandes expositions. La première est consacrée à l'ingénieur néerlandais Jean-Emile Humbert, découvreur moderne de Carthage. Elle est organisée en partenariat avec le musée des Antiquités de Leiden, aux Pays-Bas et se poursuit jusqu'au 24 mai. La seconde exposition vient d'être inaugurée le 14 avril et sera visible jusqu'au 7 mai. Intitulée "Matza Kerkennah", elle restitue une résidence artistique qui s'est déroulée dans l'archipel et prend la forme d'une exposition d'art moderne instaurant un précieux alliage entre la mer, l'art et la démocratie.
Avec ces deux expositions, le musée du Bardo confirme sa vocation d'espace culturel international et se rapproche de tous les publics de la culture. Cette tendance constitue une embellie qu'il convient de saluer, un plus remarquable à mettre à l'actif du plus important de nos musées, devenu un lieu cardinal pour la diffusion culturelle et artistique, au-delà de sa vocation muséographique.


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