L'envoi vers les zones de conflit » : jugements sévères en appel, jusqu'à 24 ans de prison    Monopole de la farine : 24 ans de prison pour Mohamed Bouanane    Tunisie : l'huile d'olive bat des records à l'exportation    Guerre en Ukraine : nouvelles sanctions contre la Russie (Ambassade d'Ukraine en Tunisie)    Météo en Tunisie : temps peu nuageux, températures stationnaires    L'Institut Salah Azaiez lance l'inscription en ligne pour les patients pour réduire le temps d'attente    Concours du ministère de l'Education 2026 : comment acheter le timbre électronique ?    Samsung Galaxy S26 Détails et prix en Tunisie : IA, confidentialité et Performances    Soirées ramadanesques à Bhar Lazreg : Ramadan Nights at B7L9    La Banque centrale de Tunisie précise les caractéristiques des billets omanais en circulation    Concours Tunisie : recrutement de 1630 enseignants pour l'année 2026    Météo en Tunisie : stabilité jusqu'à lundi, puis changement radical    Nouvelair lance sa «Vente Flash»: –30 % vers le Royaume-Uni, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne et l'Algérie    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Météo du 8e jour de Ramadan    L'Organisation internationale de la Francophonie lance 2 appels à projets d'un montant de 250 000 euros pour soutenir la mobilité des artistes    Louvre : Christophe Leribault nommé après le vol    Les mathématiques en Tunisie: un potentiel en perte de vitesse et une réforme inévitable    Dar Sebastian relance la manifestation 'Au Claire de la Lune' spécial Ramadan 2026 du 2 au 8 mars (Programme)    Espérance : qui manquera face à Métlaoui ?    L'artichaut en Tunisie: une filière qui a besoin de se renouveler (Album photos)    Régime 100 % végétarien (végétalien): avantages, limites et comment le faire correctement    Kaïs Saïed en visite : zéro tolérance face aux abus et à la corruption    Tremblement de terre léger ce mercredi matin à Gabès    Gabriem : Le jardin secret d'Omar S'habou    Journée nationale de l'habit traditionnel tunisien : la 13e édition du défilé "Kharja tunisienne" fixée pour le 16 mars 2026    LG présente ses solutions premium et intelligentes au KBIS 2026    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Kamel Laabidi: conviction et désenchantement    Aux frontières de l'harmonie perdue: cycles civilisationnels et destin des sociétés à la lumière de Ibn Khaldoun    La Souveraineté à l'ère de l'Intelligence Artificielle: au-delà des serveurs, une architecture de choix    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    L'Espérance réclame des explications sur les décisions arbitrales    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Visa Schengen 10 ans : qui pourra en bénéficier ?    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Anis Lassoued : ''Enda a été le déclic qui a permis à Moez de briser les chaînes du silence''    De la culture générale (II): l'apport arabe à la Renaissance européenne    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Les « Eclats de vers » de Monia Belazi
Publié dans Le Temps le 16 - 11 - 2017

Une rencontre littéraire a eu lieu vendredi dernier autour des œuvres poétiques de Monia Belazi au Club de la francophonie à l'Ecole Souleymania Tunis. C'est Mme Fethia Brouri, présidente du Club, qui s'est chargée de la présentation des deux recueils poétiques, à savoir « Pygmalion du langage » et « Eclats de vers » devant un public passionné de poésie.
Monia Belazi est professeur de langue française. Elle a écrit des récits de jeunesse et anime actuellement des ateliers d'écriture. Elle a réalisé, en outre, des adaptations en français facile de nombreux ouvrages de grands classiques français. Elle a obtenu le prix d'excellence en poésie des poètes caudaciens en 1999 et le Prix Star d'argent de la foire de Sfax en 2002 pour sa série « Mon ami le livre »
Lors de sa présentation, Mme Fethia Brouri a commencé par « Pygmalion du langage », un recueil divisé en quatre parties contenant quarante-six poèmes. « La 1ère partie, a dit la présentatrice, est intitulée « A toi qui comprends mon écriture » et renferme une douzaine de poèmes qui parlent de différentes facettes de la poésie. », comme dans « Union sacrée » qui dénote le lien étroit rattachant le poète à la page blanche: « Page loyale, page offerte/ Contiens-moi/ Dis, sauras-tu/ Me laisser te parcourir/ Sans te lasser?
Dans « Versification », la poétesse évoque l'histoire de la poésie et sa métamorphose à travers le temps; jadis l'alexandrin règne en roi absolu ; mais de nos jours la poésie est libre. Elle incite à accorder de l'importance au poète, cet être fin, sensible et sage. Elle glorifie la poésie. Cette poésie qui a perdu de nos jours de son éclat et qu'elle plaint dans "Le poète incompris" : « Adieu poésie!/ Personne ne te voit dans mon écriture/ Personne n'y reconnaît ta noble nature!/ Adieu chère amie!
Elle reconnût la difficulté de choisir les mots qui conviennent et qui rendent mieux le sens. Et elle signale que parfois sa muse la laisse tomber, alors elle honnit l'écriture dans « Le poète repenti » : « Adieu l'écriture!/ T'as été une pourriture/Adieu à jamais!/ Assez!/Assez d'espoirs avortés/
Une telle situation fait beaucoup de peine à notre poétesse qui reconnait son échec.
La 2ème partie, poursuit la présentatrice, est intitulée « A mon enfant au regard fertile » et renferme des poèmes dédiés à l'enfance qui vit en elle et autour d'elle; cette enfance meurtrie par un monde hideux, un monde de haine où la guerre n'épargne personne même pas les enfants, elle consume l'univers dans « Je refuse de perdre » : « Pauvre planète terre/ Vouée à la guerre!/ Puissent mes prières et mes vers/ Anéantir le cauchemar/
Elle prie fort pour que la planète terre soit sauvée de cette calamité qui entraîne des dégâts matériels et surtout humains et elle en évoque comme exemple vivant la guerre sanglante qui a déchiré l'Algérie dans les années 90. La poétesse exprime son attachement pour sa patrie "Les souks de Tunis » : Promenade dans le temps/ Pas posés sur des allées/ Où des princesses sont passés/ Senteurs d'ambre et de musc rodant/
Elle évoque l'Histoire si riche de la ville de Tunis et tout ce qui la caractérise et la distingue, on dirait une sorte de campagne publicitaire pour amadouer les touristes.
La 3ème partie est intitulée « A toi mon port d'attache » et comporte des poèmes consacrés à la relation houleuse qu'a eue la poétesse avec l'amour et l'amitié. Dans « Les passions rabougries », on peut lire : Parlez/ Dites à celui qui restera ici/ Et qui n'est plus mon ami/ Comment mes larmes ont respecté le silence/ Comment j'ai essuyé seule ses offenses/
« Aux yeux jaunis par les ans » est le titre de la 4è partie ; elle renferme des poèmes teintés d'amertume profonde. Elle entame cette partie par « Souvenirs » : La mer intérieure s'agite/ Ainsi qu'un serpent en colère/ Et la fillette qui m'habite/Terrorisée, fuit mer et mère/
Elle évoque la souffrance que lui avait infligée sa mère adoptive, une mère marâtre, sous les yeux jaunis par les ans de son père. Elle en veut à sa mère naturelle de l'avoir abandonnée au point de la renier, de la maudire. On peut lire dans le poème « Mère » : Mère, mère.../ Non! Tu n'es pas ma mère!/Tu as juste été du placenta/Je te renie, je te maudis, je t'accuse!/
Elle fuit donc cette réalité dure pour trouver refuge dans la nature. « Ce recueil, a conclu Mme Fethia Brouri, est issu d'une 1ère expérience d'écriture qui révèle au lecteur l'âme nue, à l'état brut d'une femme lacérée mais encore debout. Et c'est cette authenticité qui fait son charme.
Mme Brouri a enchainé avec le deuxième recueil « Eclats de vers » disant que « c'est un recueil en duo avec le poète algérien Hamouche Zerrouki. Ce recueil est paru juste après la révolution tunisienne, en 2011. Il a un souffle patriotique. La poète plaint sa patrie qui, en déclenchant le printemps arabe ou la révolution des jasmins comme se plaisent aux uns et aux autres de l'appeler, se croit être libérée du joug de la dictature, de l'exploitation, du déchirement, de la misère... » Ecoutant ces vers dans « Ma Tunisie » : Mon petit pays au grand cœur/ Agonise/ Ma terre de paix et de douceur/ S'enlise/ Dans le chaos et la terreur/Et se brise/ Mon cœur/
Mais les responsables s'avèrent des malfrats, des escrocs, des gourous pour qui seuls leurs intérêts personnels comptent bien qu'ils donnent l'impression d'être des gens parfaits: Dans « Les politiciens », on peut lire : Les politiciens!/ A droite et à gauche/Partout ça cloche/
Ces politiciens que la poétesse qualifie de « politicons », un néologisme qui dénote l'indignation éprouvée à l'égard de ces politiciens qui sont prêts à sacrifier la Tunisie en usant de différents détours malsains. Elle hait le printemps, ce printemps meurtrier qui a haussé ces cons au pouvoir, ce printemps qu'elle taxe de cruauté, qui au lieu d'engendrer la paix et la prospérité en Tunisie, il a provoqué des catastrophes: Ecoutons ces vers dans « Lettre au printemps » : Printemps, cruelle saison/Tu fais fi de mon cœur et de ma raison/Ton ciel est bleu bien que le sang /Des martyrs ait teinté le firmament/
Dans ce recueil, Monia Belazi s'intéresse aussi à l'amour qu'elle croit trouver dans « Résurrection » : Aurait-il suffi qu'un sourire fleurisse/ Sur les lèvres de mon prince à moi/ Pour que l'enfance reverdisse/ Dans mon cœur flétri par les coups bas...
C'est que l'auteure a besoin de cet amour pour renaître, revivre.
A la fin, elle souligne que le poète demeure vivant après sa mort, à travers ses mots: « Epitaphe du poète » : Dites au poète que je n'ai pas fini/ Que son dernier mot est infini/ Dites à celle qui me pleure/ Que jamais mes vers ne meurent /Dites à l'enfant qui est en vous/ De ne jamais oublier mes mots fous
La non-reconnaissance de ses mots serait-elle la cause qui l'a poussée à cette réflexion sur la poésie? Ces poèmes écrits après la révolution sont beaucoup plus consistants que ceux du recueil précédent et dénotent une certaine maturité acquise au fil des ans chez la poétesse qui a élargi son champ d'investigation pour aller puiser sa matière dans les mythes.
La présentation des deux recueils a été suivie d'une discussion entre les assistants.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.