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Il quittera ! mais à quel prix ?
Publié dans Le Temps le 06 - 06 - 2020

Après une semaine des plus fébriles depuis les législatives de 2019, l'ARP présente une configuration nouvelle. Quelles que soient les diversions, le parti islamiste Ennahdha a bel et bien vécu des moments de sueur froide. Non seulement son chef présenté aux foules comme étant immaculé, a découvert les limites d'agissements qui allient l'arrogance à un cynisme que le poste de chef du parlement lui a facilité, mettant au grand jour le mode d'action d'un parti religieux jouant à visage masqué comme un satellite du mouvement des Frères musulmans en Tunisie. Si le spectre de la réédition de l'expérience soudanaise a été écarté, de nouvelles réalités se sont imposées, mettant le parti et ses responsables devant une série de nouvelles contraintes, réelles celles-ci, qu'il est grand temps de souligner.
A ce titre le parti Ennahdha a, peu à peu, et à mesure que les péripéties de la fameuse motion s'entrelaçaient, découvert les limites de sa politique à deux étages, l'un réservé aux initiés, les proches du Cheikh, et l'autre, plus marchand, proposé aux foules de croyants anonymes dans les meetings.
D'abord, Ennahdha s'est mis à craindre pour le perchoir de l'ARP. Avec cette posture, Rached Ghannouchi n'ira pas loin. En tout cas pas au terme de la présente législature. En effet, à travers les réactions publiques qui dépassent en acuité les slaloms politiciens au sein de l'Hémicycle, force est de constater que l'homme ne pèse plus ce qu'il pesait au temps du président défunt Béji Caïd Essebsi. Et puis le parti islamiste se trouve dans une situation de solitude similaire à celle qu'il a vécue en 2013, au lendemain des deux assassinats de Belaïd et de Brahmi. Actuellement, le parti Ennahdha est à la recherche d'un Tawafouk qui semble de plus en plus ardu à atteindre. C'est à ce titre que, coûte que coûte, Ennahdha veut désormais, « châtier » le mouvement Echaâb pour sa volte-face lors du vote de la motion, afin de lui substituer Qalb Tounes, non moins récalcitrant, au gouvernement de Fakhfakh. Le jeu est à son début, et on voit mal comment cette tâche sera menée par les athlètes nahdhaouis à l'ARP, sous les yeux de l'actuel chef de gouvernement, mais aussi et surtout du Président de la République, dont le silence et la réserve ne font qu'énerver nos joueurs.
Le perchoir de la mort
Là encore rien n'est acquis. Reste que les perspectives de cette situation ne seront pas toutes du goût ou de la stratégie de survie du parti islamiste. Plus que jamais, des voix vont bientôt revenir à la charge, pour « exiger » cette fois-ci l'instauration de la Cour Constitutionnelle, puisque cette anarchie doit sa richesse et ses suspenses à la seule absence de cette institution dont Ennahdha n'a jamais voulu, la traitant comme une pierre d'achoppement pour leur grand projet de Tamkin (mainmise sur tous les rouages de l'Etat).
A en croire certains sondages de projection, le parti islamiste se prévaut de 8% d'intentions de vote en cas de réédition des législatives, soient un chiffre rond maximum de 20% des votants réels. Avec ce score, couplé à la disparition devenue presque évidente des groupuscules comme El Karama, les perspectives ne semblent pas très souriantes. Ceci au moment où le parti est au bord de l'implosion à cause de son prochain et hypothétique congrès, où la succession de Rached Ghannouchi a dépassé les coulisses de la maison de ce dernier, pour s'étaler sur la place publique. A y voir d'un peu plus près, on commence à découvrir que cette succession ne dépend pas, en réalité, exclusivement des responsables du parti, encore moins de ses bases, mais de facteurs extérieurs déterminants. Il y a d'abord la situation régionale qui change à un rythme endiablé, jetant un flou énorme sur cette question. Il y a encore et surtout la loge du mouvement international des Frères musulmans, traqué et adopté d'apparence par les différents blocks régionaux en présence…en Libye.
Sauf imprévu, Ghannouchi, présenté en 2011 comme un sauveur s'est transformé, depuis son accession à la présidence de l'ARP, en un problème en soi, que le parti islamiste est appelé à gérer seul.
Le PDL le vent en poupe
Comble de l'inquiétude, le block PDL (Parti Destourien Libre), se prévalant de 17 sièges à l'ARP, parvient, en l'espace de quelques semaines, à collecter pour sa bataille contre Ennahdha, pas moins de 94 signatures de députés d'horizons diverses, mettant en minorité le parti que Ghannouchi a crédité, dans un sursaut épique inconsidéré, de 50 ans de gestion des affaires de l'Etat.
La conclusion qui s'impose à ce niveau est la suivante : Les désordres que le pays présente comme étant « nationaux », ne sont-ils, en fait que les relents de la gabegie interne qui a saisi le parti Ennahdha ?
Ce train des choses est-il légal ? Légitime ? Ou correct tout simplement ?
Les efforts entrepris par le parti islamiste pour substituer Qalb Tounes à Echaâb au gouvernement seront-ils fructueux ? Dans quelles conditions.
Pour l'instant, le gouvernement Fakhfakh prépare un retour très laborieux à la normale, au terme de la crise du corona virus. Des piles de projets à traiter contre la montre. Est-il opportun donc de le lester avec des problèmes et des chamailleries tournant autour de la personne d'un chef de parti ?
On entrevoit là, la pierre angulaire à tout effort d'union nationale qui se veut fructueux et pérenne.
La Tunisie est-elle condamnée à s'accommoder à la sénilité de ses politiciens nonagénaires ?


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