Samira Guiza prend ses nouvelles fonctions de première présidente du Tribunal administratif    Pour les Tunisiens Résidents à l'Etranger dans les pays du Golfe et Iran : liste d'adresses et numéros utiles    Météo en Tunisie : vent fort près des côtes et phénomènes de sable au sud    Alerte météo... Vents forts et pluies pouvant atteindre 40 mm    Visas suspendus pour 4 pays... La Grande-Bretagne passe à l'action    Tunisiens au Golfe : Contacts d'urgence indispensables    Taoufik Hachicha: La radio régionale en temps d'exception (Album photos)    Suspension des vols Omra avec escale, seuls les vols directs sont maintenus !    Les universités privées tunisiennes à la conquête de l'Afrique centrale via le Forum tuniso-congolais 2026    Le programme TACIR et FOCUS Gabès, lancent un appel à candidatures pour la résidence co-créative "Immersia'Fen 26′′    Tunisiens dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient : une cellule de crise 24H, deux numéros d'urgence et des consignes de sécurité    Hadj Béchir Akremi est décédé : Un pionnier des Tunisiens en France    Météo en Tunisie : temps nuageux, pluies éparses sur le nord-ouest    Les soldes d'hiver prolongées ? Les commerçants réclament une décision    Alerte aux Tunisiens à Dubaï : Le Consulat ordonne un recensement immédiat face à la situation régionale !    Comment payer la taxe de circulation en ligne ? Guide pratique    Un drone iranien frappe l'ambassade américaine en Arabie saoudite, le complexe en feu !    Quand 62.000 soldats serbes débarquaient à Bizerte    Kaïs Saïed sonne l'alarme: réformes structurelles imminentes pour les caisses sociales    Orientation scolaire 2026 en Tunisie : calendrier, réorientation et démarches à suivre    FET 2026: huit entrepreneures tunisiennes triomphent et sont propulsées à l'international    Série Galaxy Buds4 dévoilée par Samsung : Le meilleur son Hi-Fi à ce jour, avec un confort et une tenue améliorée    Date limite aujourd'hui : déclaration fiscale obligatoire, qui est concerné ?    Edito: Réinjecter l'expertise des retraités    Le VAR se réinvente... Les grandes nouveautés pour le Mondial 2026    Abdelmajid Chaar : Le papier et l'encre, notre trésor!    Les Nuits ramadanesques du Bardo 2026, du 6 au 15 mars dans plusieurs espaces    Monopole de la farine : 24 ans de prison pour Mohamed Bouanane    L'envoi vers les zones de conflit » : jugements sévères en appel, jusqu'à 24 ans de prison    Soirées ramadanesques à Bhar Lazreg : Ramadan Nights at B7L9    Elyes Ghariani - De la retenue à la puissance: le tournant stratégique allemand    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Espérance : qui manquera face à Métlaoui ?    Régime 100 % végétarien (végétalien): avantages, limites et comment le faire correctement    L'avocat Ahmed Souab libre, après plusieurs mois de détention provisoire    Le Stade Tunisien demande les enregistrements du VAR    Leila Shahid: une vie à raconter la Palestine au monde    De Tunis aux plus hautes sphères : le parcours exceptionnel de Rachid Azizi dans son livre « Un sur un million »    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    Zoubeida Khaldi: Ce cavalier    Iran : Guerre probable, versus, paix improbable ?    Festival Gabès Cinéma : Afef Ben Mahmoud à la direction    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Le tennisman tunisien Moez Echargui se qualifie pour les quarts de finale du Challenger de Pau    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    L'Université de Tunis El Manar et l'Université japonaise d'Hiroshima signent un accord de coopération    Mondher Msakni: L'orfèvre    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Manifestations millénaires à Bangkok
Publié dans Le Temps le 21 - 09 - 2020

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants étaient rassemblés hier soir près de l'ancien palais royal de Bangkok pour réclamer plus de démocratie et demander la démission du Premier ministre, beaucoup exigeant une réforme de la puissante monarchie, sujet tabou en Thaïlande.
La manifestation a débuté sur le campus de la faculté de Thammasat, théâtre en 1976 d'un massacre où des dizaines d'étudiants pro-démocratie avaient été tués par les forces de l'ordre, épaulées par des milices ultra-royalistes.
Les opposants se sont ensuite dirigés, trois doigts levés en signe de défi, vers la place emblématique de Sanam Luang, un champ de cérémonie royale en face du célèbre Grand Palais où ils comptent, pour certains, passer la nuit.
Dimanche, une nouvelle marche est prévue dans le centre de la capitale.
En fin d'après-midi, la police recensait plus de 15.000 manifestants, tandis que les organisateurs évoquaient «des dizaines de milliers de personnes».
«C'est le plus grand rassemblement depuis le coup d'Etat de 2014» qui a porté au pouvoir le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, légitimé depuis par des élections controversées, s'est réjoui Parit Chiwarak, dit Penguin, l'une des figures du mouvement.
«C'est un tournant dans l'histoire du pays», veut aussi croire Patipat, un enseignant de 29 ans.
La contestation, qui défile dans les rues quasi-quotidiennement depuis l'été, regroupe surtout des jeunes, étudiants et urbains.
Mais d'autres militants, appartenant au mouvement des chemises «rouges» proche de l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, se sont joints au mouvement.
«Les jeunes de ce pays ne voient aucun avenir», a relevé hier dans un communiqué Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat il y a tout juste 14 ans, sans apporter explicitement son soutien aux manifestants.
Au cœur de leurs revendications, la fin du «harcèlement» des opposants politiques, la dissolution du Parlement avec la démission de Prayut Chan-O-Cha et la révision de la Constitution de 2017, rédigée du temps de la junte et jugée trop favorable à l'armée.
Une partie des manifestants va plus loin, osant se confronter à la royauté.
Du jamais-vu dans le pays où, en dépit des renversements successifs de régimes (12 coups d'Etat depuis 1932), la monarchie restait jusqu'ici intouchable, protégée par une des plus sévères loi de lèse-majesté au monde.
«Notre objectif n'est pas de la détruire, mais de la moderniser, de l'adapter à notre société», souligne Panusaya Sithijirawattanakul, dit Rung, autre figure du mouvement.
Leurs demandes n'en demeurent pas moins audacieuses: ils réclament la non-ingérence du roi dans les affaires politiques, l'abrogation de la loi sur le lèse-majesté et le retour des biens de la Couronne dans le giron de l'Etat.
Le souverain thaïlandais, bien au-delà de son statut de monarque constitutionnel, dispose d'une influence considérable qu'il exerce le plus souvent dans l'ombre.
L'actuel monarque, Maha Vajiralongkorn, monté sur le trône en 2016 au décès de son père le vénéré roi Bhumibol, est une personnalité controversée.
En quelques années, il a renforcé les pouvoirs d'une monarchie déjà toute puissante en prenant notamment directement le contrôle de la fortune royale.
Ses fréquents séjours en Europe, même en pleine pandémie de coronavirus, ont aussi soulevé des interrogations.
Le Premier ministre a mis en garde contre ces rassemblements, brandissant la menace d'une nouvelle vague de coronavirus en Thaïlande, relativement épargnée jusqu'à présent (3.500 cas et 58 décès).
Cela pourrait «détruire la confiance des investisseurs» et nuire au pays, déjà frappé de plein fouet par la crise économique liée à la pandémie, a-t-il lancé.
Les manifestations, dans un royaume habitué aux contestations matées dans le sang (en 1973, 1976, 1992 et 2010), se sont pour l'instant déroulées dans le calme.
Depuis le début de la contestation, plus d'une vingtaine d'activistes, dont Penguin et Rung, ont été inculpés de «sédition», un crime passible de sept ans de prison.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.