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Ces générations perdues pour le pays...
Publié dans Le Temps le 02 - 11 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Raouf KHALSI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Un jour, Bourguiba eut cette amère prophétie : « S'il survenait un jour un malheur à la Tunisie, il ne viendrait que de ses propres enfants ». S'il revenait, un jour dans ce monde, il ne reconnaitrait pas « sa » Tunisie. Le socle fondateur, l'éducation essentiellement, l'émancipation de la femme et l'ouverture sur les autres cultures et sur les autres religions monothéistes-au risque d'être assimilé à un mécréant-, tout cela s'est perdu, tout cela a été emporté par les nuées orageuses porteuses de radicalisation d'une jeunesse embrigadée et programmée pour tuer au nom du « Djihad ».
Qu'est-ce qui a fait que « la révolution du jasmins », celle qui a eu ce fantastique effet boomerang pour faire de notre pays le berceau du « printemps arabe », par ailleurs salué par toutes les Démocraties occidentales, se soit mue en cauchemar, pour nous essentiellement ?
« Avons-nous lu le Coran ? »
On les a vu arriver : tribuns récupérateurs, seigneurs d'un ordre nouveau, théoriciens du 6ème Califat. Voilà donc que l'islamisme rampant s'empare des âmes errantes, qu'il spécule sur la misère d'une jeunesse oubliée par la croissance.
Formatage des esprits, lavage de cerveaux, ce « paradis éternel » qui ne vaut que par le sang versé pour lui : non l'islam, ce n'est pas ça. Ce n'est pas non plus cette « Charia », mal perçue, mal interprétée et que tous les exégètes et autres Oulémas n'osent réformer, ni ré-humaniser.
Voilà donc, que la Tunisie est pointée du doigt. Voilà que la diplomatie tunisienne cafouille, taraudée entre la condamnation du meurtre et l'indignation face aux caricatures du Prophète de l'islam, le messager de Dieu qui prônait pourtant la tolérance, dans le pur respect des adeptes des autres religions monothéistes. « Avons-nous lu le Coran » répliquait Youssef Seddik, classé mécréant lui aussi, pour avoir tenté de dégager la quintessence humaniste d'une religion venue exalter le sens de la dévotion et le sens de la vie.
Cet « islam des Lumières » ayant connu son apogée avec la dynastie abbasside est frappé de plein fouet par le tonitruant retour de l'obscurantisme.
Ce jeune, peut-être bien loup solitaire, peut-être bien embrigadé en un rien de temps, nous renvoie à l'amère réalité : « il est difficile d'être jeune en ces temps d'incertitudes ». Et voilà que la radicalisation religieuse prend, agressive, le deuil de son modèle.
Modèle ? Oui, parce que la Tunisie est depuis dix ans de révolution en première ligne dans le pourvoi de Djihadistes à ces « fin de race » que sont les concepteurs de Daech. La Tunisie aura exporté près de 6mille Djihadistes pour mener « la guerre sainte » en Syrie et en Irak et, vraisemblablement, en Libye. Mais, en fait, qui a créé Daech ? N'est-ce pas l'Occident lui-même dans ce beau prétexte de chasser les dictatures arabes ? Connait-on le chiffre exact des Djihadistes occidentaux ayant relayé les rangs de cette monstrueuse mouvance ? Oui, l'Occident a, en partie, fait le lit de l'intégrisme islamiste. Mais, 23 ans de dictature n'ont pas été en reste.
Et, finalement, il faut bien admettre que si la Tunisie de la révolution est devenue le terreau du fanatisme religieux, c'est parce que tout le modèle du régime déchu se résumait en le social qualitatif, au détriment du social quantitatif bloquant l'ascenseur social, générant un enseignement à deux vitesses et creusant les disparités régionales et sociales.
Horizons bouchés
Le chômage récurrent, les déchets scolaires, des jeunes abandonnés à leur destin incertain, c'était déjà le lot de tous les jours. Et le phénomène de s'amplifier avec la révolution. Aujourd'hui, en effet, la Tunisie compte 746 mille chômeurs (soit un pourcentage de 18%) tandis que le nombre de chômeurs diplômés du Supérieur est de l'ordre de 258 mille 600. Le délabrement du tissu social va, de surcroît, crescendo. Que leur reste-t-il alors ? L'immigration clandestine dans les embarcations de la mort, le mirage européen via Lampedusa, dans une Europe de plus en plus xénophobe et populiste, sinon le ralliement au terrorisme. Et ce terrorisme, la Tunisie en est la première cible, bien avant l'Europe. Sousse, Tunis, le Bardo, le Garde présidentielle, Ben Guerdane, Chokri Belaid, Mohamed Brahmi, Lotfi Naguet, les frères Soltani, purement et simplement décapités, modus operandi des Daechiens....
Générations perdues, en effet, pour la Tunisie. Depuis le régime déchu, jusqu'à la génération de la révolution et dont le destin pourrait être partout tracé, mais certainement pas dans l'insertion sociale !
Du reste, qu'ont eu à proposer les concepteurs de « l'ordre nouveau » à cette jeunesse ? Davantage de désarroi et davantage de désespoir.
Voilà que passées les exaltations islamistes des premières années de la révolution, les grands tribuns jouent aux « civilités », mais laissant leurs excroissances déverser leur haine à l'endroit de cet Occident « impie » et « mécréant ». A l'endroit, plus précisément, de cette France où vivent près de 800 mille Tunisiens parfaitement intégrés et auxquels le meurtrier de la Basilique Notre Dame de l'Assomption n'a pas pensé. Pas plus que n'y pense, par exemple, ce dangereux électron libre qu'est Béchir Khiari, pourtant élu sur la circonscription de Paris et cela veut tout dire.
Tout Tunisien censé doit, normalement, compatir au malheur de ces trois Niçois victimes de cet assassinat abject. Or, il s'en trouve chez nous et au sein de l'ARP elle-même qui s'en délectent. Caricaturer le Prophète de l'islam, au nom de la liberté d'expression, attise sans doute les feux de la vindicte, mais provoque tout autant que l'indignation de tous les musulmans tolérant, c'est un fait. Le fait est qu'il ne faut pas verser davantage d'huile sur le feu. Parce que le terrorisme, ses commanditaires, ses concepteurs sont en nous, parmi nous.
Et, maintenant que le nouveau « Calife ottoman » redéploye les Djihadistes de Daech (dont grand nombre de Tunisiens) à nos frontières avec la Libye, il faudra bien que nous nous attendions au pire.
Il s'agit des « enfants de la Tunisie » dont Bourguiba a dit, justement, que si un malheur devait frapper ce pays, il ne viendrait d'eux ! Et c'est, finalement, la chronique funeste de nos générations perdues....
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