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Mêmes causes... mais, succès loin d'être garanti
Publié dans Le Temps le 02 - 12 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"LE TEMPS - Mouldi MBAREK p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Dialogue national par-là, dialogue national par ici ! À chacun son dialogue ! C'est le nouvel os que jettent les pouvoirs en place au petit peuple pour le détourner de ses vrais problèmes. Les Tunisiens ont besoin d'une vie digne et d'un mieux-vivre et non de slogans creux qui n'ont rien à voir avec ni avec leurs revendications, ni avec leurs attentes et encore moins avec la réalité tunisienne ...
À titre de rappel, cette tarte à la crème de dialogue national a vu le jour en Irak, au Yémen et au Liban où s'entremêlent à la fois des diversités ethniques et religieuses, avec des Arabes, des Kurdes, des Turkmènes, des Assyro-Chaldéens, avec des musulmans chiites, des musulmans sunnites, des chrétiens, des juifs et d'autres religions et croyances...
La Tunisie est, cependant, un peuple homogène, uni, parlant le même dialecte et l'islam est la religion principale et officielle de notre pays avec un taux qui avoisine les 99 %. En d'autres termes, cette question de dialogue national est étrange à la réalité historique, culturelle, politique et sociologique de notre pays.
Slogans creux et bidon !
Certes, après la révolution, on a parlé de réconciliation nationale pour tenter d'éviter les dérapages des uns et des autres mais la Troïka a préféré la vengeance et la chasse à la sorcière croyant que gouverner c'est se partager le gâteau national et diviser les Tunisiens entre bons révolutionnaires et méchants réactionnaires, entre bons et mauvais musulmans, entre mains sales et mains propres...
Dix ans après, tout n'était que de simples slogans creux ! La corruption bat son plein, les soi-disant mains propres traînent des casseroles, la Tunisie agonise et ceux, qui ne cessent de semer la zizanie et la division, semblent vouloir, aujourd'hui, rassembler les Tunisiens autour de slogans-bidon qui n'ont rien avec la réalité tunisienne.
D'abord, après avoir tant divisé la Tunisie, déformé son histoire et sali les héros du mouvement national et à leur tête le bâtisseur de la Tunisie moderne, le Combattant Suprême, Habib Bourguiba, Rached Ghannouchi est-il bien placé, aujourd'hui, pour proposer de réconcilier les Tunisiens !?
Manœuvres malicieuses
Comment ose-t-il parler de réconciliation nationale, alors qu'il n'a même pas pu réconcilier son propre mouvement qui affronte sa plus grave crise interne et de confiance !? Cherche-t-il à rassembler les Tunisiens ou plutôt à légitimer et à légaliser les dix ans de règne d'abus de pouvoir, de corruption et de destruction des institutions républicaines modernes avant qu'il ne soit plus au pouvoir !?
Le député Mongi Rahoui a estimé, lors des débats budgétaires, que le président du parlement, Rached Ghannouchi « est responsable de la situation actuelle du pays : il fuit les plénières, car il n'a pas le courage d'affronter les députés. Il est responsable de 10 ans marqués par une crise économique et sociale et des assassinats politiques, 10 ans de destruction, de corruption et d'appauvrissement du pays ».
De son côté, le chef de l'Etat préconise, lui aussi, son conseil national en s'appuyant sur la centrale syndicale et deux ou trois petits partis politiques en excluant Ennahdha, Qalb Tounès, El Karama et le PDL ! Kaïs Saïed peut-il vraiment parler de dialogue national en estimant qu'il représente la vertu et la morale politiques et que les autres incarnent la corruption et les chambres noires !? La mission et le rôle du chef de l'Etat consistent-ils à diviser les uns contre les autres en bons et mauvais citoyens !?
Décalage entre gouvernants
et gouvernés...
Coincé entre le chef de l'Etat et le président du parlement, le chef du gouvernement propose, lui, un programme national pionnier et ambitieux où tous les Tunisiens et toutes les Tunisiennes sont associés avec les partis politiques, les organisations nationales, les partenaires sociaux et la société civile. Bonne chance pour le petit bonhomme du milieu qui, par chance par maktoub, tient encore le coup, mais jusqu'à quand !?
Les trois têtes du pouvoir semblent, cependant, avoir la tête ailleurs ! Ils sont en total décalage avec les préoccupations urgentes des Tunisiens qui aspirent à voir s'améliorer leur pouvoir d'achat, leur sécurité, leur santé, leurs salaires et la garantie d'emploi pour les jeunes qui fuient leur pays.
Le dialogue national et tous ces slogans populistes et pompeux sont loin des attentes et de la réalité des Tunisiens. En fait, les trois têtes du pouvoir feraient mieux de balayer devant leurs portes et de se réconcilier entre eux-mêmes qui ne font que de se quereller, de se mettre des bâtons dans les roues et de se mépriser les uns les autres. Les Tunisiens, contrairement à leurs gouvernants, sont mieux unis et mieux réconciliés que ceux qui sont censés les représenter et les servir. Les trois têtes du pouvoir feraient mieux de laisser les Tunisiens travailler et vivre tranquillement... Ils peuvent se réserver leur « Himar » national à eux-mêmes ! Plusieurs observateurs s'interrogent si ceux qui gouvernent, actuellement, la Tunisie ont vraiment l'étoffe d'hommes d'Etat capables de rassembler ou de réconcilier les Tunisiens autour d'un projet national !
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