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La Tunisie en train de rater le coche de l'Histoire
Publié dans Le Temps le 10 - 12 - 2020

p class="p1" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Le Temps - Jameleddine EL HAJJI p class="p2" style="text-align: justify; text-indent: 8.5px; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-stretch: normal; font-size: 11px; line-height: normal; font-family: "Myriad Pro";"Dans cette mare d'anarchie et de grossièretés qu'est devenue l'Assemblée des représentants du peuple, le Législatif, avec son bilan déjà calamiteux, se trouve pour la seconde fois en dix ans, en dehors de la sphère de l'action politique saine, épousant le quotidien d'une arène où s'entretuent des mafias et des groupes de pressions multicolores, sous les apparences de blocs parlementaires.
Côté médias, les choses sont encore plus troublantes. Et pour cause, nous avons droit, en l'espace de la semaine dernière et de cette semaine qui commence, aux scènes les plus insolites. Nous avons entendu des députés se coiffant de la casquette des « révolutionnaires », taxant leurs contradicteurs de contre-révolutionnaires, et d'ennemis de la démocratie sanguinaire qui s'est installée au Bardo. Il s'agit notamment des députés du parti islamiste Ennahdha, lesquels semblent avoir pris la relève et la défense des agissements de leur appendice violent, la coalition « El Karama ». Parmi les affirmations qu'ils avancent afin de se consoler ou de calmer l'ardeur ambiante, ils défendent le principe de la non-possibilité pour le Président de la République de dissoudre l'ARP, ou même de faire usage de l'article 80 de leur Constitution, se greffant ainsi sur le rôle exclusivement dévolu à la Cour Constitutionnelle, qu'ils se refusent toujours à mettre en place, et sur celui du droit et des prérogatives du chef de l'Etat en la matière.
En même temps, des voix s'élèvent pour appeler le Président de la République à user des compétences qui lui sont dévolues par la Constitution de 2014, laquelle semble avoir atteint ses limites, ou celles du plan dont les islamistes avaient été munis depuis leur arrivée de l'étranger en 2011, afin de s'accaparer le pouvoir, en dehors de toutes les normes de la démocratie moderne.
La Constitution a déjà foiré
En fait, la Constitution de 2014 contient la démocratie, mais aussi tous ses antidotes. C'est une Constitution qui préparait à une mainmise totale des islamistes sur l'Etat, avec comme garantie ultime la prise de pouvoir par « leurs » militaires, exactement à l'image de ce qui s'est passé au Soudan en 1988.
Seulement, les événements que l'Egypte a connus en 2013, et l'éviction de Mohamed Morsi, a fait capoter la totalité du plan du « printemps arabe ». Et les ennemis de ce printemps, chacun ayant ses raisons propres, n'ont pas tardé à épouser la nouvelle tendance égyptienne.
Aujourd'hui, on assiste à une propagande insolite de la part des cercles islamistes, laquelle repose sur une hostilité primitive à l'égard de toute solution à laquelle l'armée et l'appareil sécuritaire du pays sont mis à contribution. Bref, la démocratie des députés et autres chroniqueurs de la place, repose bel et bien sur l'Etat de droit et des institutions, mais sans la police et l'armée.
Pour camoufler cette bizarrerie, les députés islamistes s'emploient quotidiennement à justifier la vague de violences physiques et verbales dont d'autres députés sont les cibles tour à tour. L'ARP est devenue de ce fait l'image fidèle de la démocratie telle qu'imaginée par les représentants de l'islam politique en Tunisie. Au lieu de la Justice et de la Sécurité, cette démocratie se drape de l'immunité, laissant libre cours à tous les débordements que les médias et les réseaux sociaux reprennent en boucle.
La passivité du Président de la République, et ses déclarations enflammées ne suffisent plus à calmer les esprits. Pire encore, le chef de l'Etat lui-même a été la cible d'insultes que toutes les lois répriment sévèrement, mais sans suite.
Dans ce paysage volatile et inflammable, le député d'Ennahdha, l'ancien nationaliste arabe Belgacem Ben Hassen, déclare sur un plateau de la chaine pirate Zitouna, que Kaïs Saïed doit son élection aux voix d'Ennahdha, niant l'existence de tout conflit entre le parti islamiste et le chef de l'Etat, une démagogie qui tranche curieusement avec la réalité chaotique vécue à l'ARP, au gouvernement et à la Présidence de la République.
Le Président seul,
face à l'histoire ?
En présentant les choses sous cet angle, et avec cette simplicité, aucun député d'Ennahdha, ni d'El Karama, ni, encore, de Qalb Tounes n'a daigné évoquer, même de loin, une réalité toute autre, et qui est en train de s'imposer d'elle-même. C'est celle de la représentativité réelle d'Ennahdha, d'El Karama et de Qalb Tounes. La réalité telle qu'évoquée, noir sur blanc, dans le rapport de la Cour des Comptes. Ce qui ne manque pas de réduire cette campagne de violences partisanes à un simple mouvement de contestation et d'intimidation bien organisé, visant à saper les suites judiciaires de ce rapport, et que toutes les composantes de la scène politique attendent fébrilement. Selon cette logique, il ne reste plus qu'à admettre que la Cour des Comptes n'est qu'un bastion de la « contre-révolution », version Ennahdha, Qalb Tounes, El Karama, et bien d'autres parties épinglées par cette institution.
Quoi qu'il en soit, l'horizon se rétrécit devant l'impunité, la corruption et l'argent sale ayant servi à installer ces groupuscules au sein de l'ARP, voire ailleurs dans d'autres rouages de l'Etat, et qu'il est grand temps de purger. Le président de la République est devant un choix difficile : Ou bien, il ordonne clairement, et sans ambages, l'amorce de la purge en question, et d'en assumer la suite devant la société et ses institutions. Ou bien, il doit mettre en œuvre des décisions fermes et claires permettant, par d'autres moyens même extraconstitutionnels, dont lui seul détient le secret, d'engager un processus de retour à la normale, lequel ne peut être crédible sans la purge en question. La Constitution, jusqu'ici, n'a servi que comme un mesquin alibi à tous les manquements, les défaillances et les abus ayant mené à la réalité actuelle à l'ARP.
Quel que soit le choix du Président, le rôle de la Sécurité et de l'armée demeure vital. C'est à prendre ou à laisser. La situation ne s'accommode plus à aucune hésitation. Une vérité, la seule qui fait l'unanimité aussi bien dans la rue que dans les cercles politiques, les organisations nationales et le tissu associatif. Y manquer, c'est manquer le mouvement de l'histoire.
J.E.H.
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