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La production laitière déréglée par l'alimentation animale
Dossier: La valse des prix et ses incidences
Publié dans Le Temps le 31 - 03 - 2008

Talon d'Achille du secteur laitier, l'alimentation animale subit les contres-coups de la conjoncture céréalière.
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Il est nécessaire de vulgariser les résultats de la recherche sur les aliments du bétail en Tunisie. Le gland des chênes-lièges, la fèverole, le tournesol, le grignon d'olives et les raquettes de cactus constituent des composants intéressants pour le concentré.
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Témoignage : Abdelmagid Ben Gayess, éleveur à Menzel Bourguiba
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« il est nécessaire de rationaliser l'élevage »
1.
Le prix du quintal de son destiné aux éleveurs est passé, la semaine dernière, de 14d800 à 22d300 ; en même temps, celui de l'orge est passé de 26d950 à 33d950. Donc, des augmentations respectives de 50% et de 25 % se sont ajoutées à celles opérées durant les douze derniers mois et ont fait monter en flèche les prix des constituants du concentré. Ainsi, le quintal du concentré oscille entre 52d et 57 dinars. Une telle courbe de prix a influé sur les capacités des éleveurs ovins et, surtout, bovins à faire face aux besoins vitaux de leur bétail. Surtout que la majorité des éleveurs achètent ces produits sur le marché. Ils ne les produisent pas par leurs propres moyens. Pire encore, la production locale en son et en orge est très limitée. Ces composants sont importés de l'étranger contre des devises fortes. Du coup, c'est toute la production laitière qui est déréglée à cause du problème de l'alimentation animale. Car un bétail mal nourri ne peut pas donner suffisamment de lait. Et ce n'est surtout pas le concentré d'entretien faible en protéines et en vitamines qui peut aider à faire ressortir le secteur laitier de la crise dans laquelle il est actuellement plongé et il ne risque pas d'en ressortir tant que des solutions rationnelles n'ont pas été adoptées.

Elevage hors-sol
Apparemment, aussi bien les élevages ovins que bovins souffrent du problème de l'alimentation animale. Les professionnels admettent que la législation en vigueur encourage à l'acquisition du bétail (génisses et brebis) mais lui reprochent qu'elle n'a pas pensé à l'alimentation de ce bétail : « cette législation a été faite sur mesure pour les petits éleveurs afin de lutter contre l'exode rural. Ainsi, il est possible d'obtenir des encouragements pour acquérir une vingtaine de brebis ou cinq vaches. De tels petits élevages sont exercés hors-sol. Les concernés sont de petits paysans qui ont des lopins de superficie inférieure à cinq hectares. Ils leur permettent d'avoir des revenus quotidiens à travers la vente du lait. Une vache produit quotidiennement autour de 20 litres de lait. C'était rentable pour les éleveurs lorsque le prix du concentré était abordable. Mais, aujourd'hui, les hausses successives des prix des composants (son, orge, maïs) ne permettent plus aux éleveurs de fournir suffisamment d'aliments à leur bétail. Car le prix du lait n'est pas indexé sur le prix du concentré. Or, un kilo de concentré, bien équilibré énergétiquement et bien fourni en protéines et en vitamines, donne près de 2 litres de lait. Mais, les revenus des éleveurs ne leur permettent plus de s'approvisionner de la même manière en concentré. Du coup, l'éleveur diminue les rations et la production laitière s'en ressent systématiquement ».

Production en baisse
Les professionnels affirment que les statistiques sur la production laitière en 2007 sont controversées. Quelques études avancent une augmentation de 3 %. D'autres penchent plutôt pour une diminution de 3%. Une chose est certaine, selon toutes les études, c'est que la rentabilité a baissé et les bénéfices des éleveurs ont sensiblement diminué. Les raisons avancées pour justifier ce constat sont, d'une part, le déséquilibre entre l'augmentation des cours du concentré et celui du lait et, d'autre part, la structure principalement -hors-sol- de l'élevage en Tunisie. Cette structure laisse les éleveurs à la merci des fluctuations du marché mondial des dérivés céréaliers du moment qu'ils ne disposent pas de superficies suffisantes permettant de produire leurs propres composants du concentré. Donc, le secteur laitier est en train de payer les frais de sa dépendance en matière d'alimentation animale. Sa production fluctuante en est la conséquence. D'ailleurs, les observateurs constatent que le secteur vit encore les séquelles de la crise de l'automne dernier. Les stocks de lait actuellement en vente sur les étalages sont produits une dizaine de jours plutôt. Pourtant, le délai de stockage technique nécessite de conserver le produit emballé dix jours avant de l'écouler sur le marché. Ainsi, il est clair que le secteur traîne, encore, des problèmes divers. Les professionnels et les structures se concertent pour trouver les solutions adéquates.
Mourad SELLAMI

Témoignage : Abdelmagid Ben Gayess, éleveur à Menzel Bourguiba
« il est nécessaire de rationaliser l'élevage »
Du côté des éleveurs, on est conscient du problème. Ainsi, cet éleveur de 49 ans, vétérinaire de son état, pense : « il y a divers substituants possibles à l'orge et au son. Les recherches ont permis d'aboutir à de tels résultats. Ainsi, dans le Nord-Ouest, les éleveurs peuvent utiliser les glands de chênes lièges. Dans la région de Béjà, où le sol est riche en humus, la culture du tournesol est indiquée et c'est un composant intéressant pour le concentré. Au Centre et au Sud, les raquettes de cactus sont utilisables ainsi que le grignon d'olive. Donc, les solutions de substitution existent. Encore, faut-il vulgariser ces concepts et initier les éleveurs aux techniques de mélange. C'est l'unique moyen de se débarrasser de la dépendance »
M.S.

Les chiffres
* Le prix du quintal de son destiné aux éleveurs est passé, la semaine dernière, de 14d800 à 22d300
* Celui de l'orge est passé de 26d950 à 33d950.
* Des augmentations respectives de 50% et de 25 % se sont ajoutées à celles opérées durant les douze derniers mois et ont fait monter en flèche les prix des constituants du concentré.
* Le quintal du concentré oscille entre 52d et 57 dinars


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