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Un travail de « pros » et bien réseauté
La mendicité des enfants refait surface en ce mois
Publié dans Le Temps le 05 - 09 - 2008

A longueur de journée, pendant le mois de Ramadan, les rues, les gares, les cafés, les mosquées, les marchés et même les intersections sont envahis par une multitude de mendiants (enfants en bas âge, femmes, vieillards) qui sont là à guetter les passants pour demander l'aumône.
Ils sont tellement nombreux en ce mois de jeûne qu'on n'arrive pas à distinguer qui a vraiment besoin d'aide et qui n'en a pas besoin, surtout que certains d'entre eux usent d'astuces pour se faire prendre de débiles mentaux ou d'handicapés afin d'apitoyer les gens de leur sort. Est-ce la pauvreté qui crée tout ce monde de mendiants qui font de cette pratique leur seul moyen de subsistance ou bien est-ce que la mendicité est devenue pour certains un « métier » qui rapporte gros ?
La mendicité qui semble avoir sensiblement diminué dans nos contrées suite aux programmes de développement et d'aide aux familles pauvres des zones dites d'ombre, refait subitement surface pendant les grandes occasions (Ramadan, les deux Aïds, les vacances scolaires...) au point de devenir un phénomène social récurrent. Et dire que cela se passe dans un pays où l'on se vante d'avoir mis fin à toutes les poches de pauvreté et d'avoir atteint presque 100% de scolarisation. Quand on voit cette multitude de petits enfants (filles et garçons) en âge de scolarité réduits à la mendicité sillonnant les rues de la capitale ou des grandes villes pour supplier piétons et automobilistes de leur donner quelques sous, cela montre qu'il s'agit d'une activité bien organisée et que derrière ces petits mendiants il y a certainement un chef qui dirige les opérations, tant qu'il s'agit d'une « entreprise » lucrative. En effet, il arrive que ces petits mendiants travaillent pour le compte de parents oisifs ou d'autres profiteurs sans scrupule qui exploitent ces petits enfants innocents du matin au soir pour se faire emplir les poches en leur accordant en fin de journée une part très infime du profit. ? Pourtant, il y a des familles nécessiteuses mais n'osent pas envoyer leurs enfants sur les trottoirs tendre leurs mains aux passants pour demander la charité ! Il y a également des mères pauvres et veuves qui refusent de mendier et sont obligées de travailler n'importe quoi pour subvenir aux besoins de leurs familles nombreuses sans jamais être tentées par cette mendicité humiliante et déshonorante.
Souvent, ces jeunes mendiants, travaillant sous la menace de leurs « employeurs », sont exposés à des problèmes de toutes sortes en raison de leurs courses interminables à travers les rues en quête de gens charitables (fatigue physique, risque d'insolation, risque d'accident de circulation, actes d'intimidation et de maltraitance...). A les voir courir après les gens ou s'accrocher aux voitures arrêtées aux feux, il y a lieu de se demander si ces petits malheureux savent qu'ils ont des droits, les Droits de l'Enfant, qui les prémunissent contre toute sorte d'exploitation et de servitude ! La plupart du temps, la mendicité pratiquée par ces enfants en bas âge n'est pas faite pour subvenir à des besoins urgents en nourriture ; (on n'a pas besoin de mendier toute la journée pour gagner le prix d'un repas !), mais il s'agit bel et bien d'une « profession » où ces mendiants veulent recevoir leur « revenu » en argent liquide. Pour arriver à leur but, ces mendiants (homme à la force de l'âge simulant un handicap physique ou une jeune femme en haillons portant au dos un bébé) tiennent le même langage : ils vous diront toujours qu'ils viennent de quitter l'hôpital et qu'ils sont à court d'argent pour acheter des médicaments ou qu'ils veulent rentrer au bled mais n'ont pas de quoi payer le billet de transport. Mais dès qu'on se propose de leur venir en aide en voulant leur acheter ces médicaments ou ce billet, ils refusent pour la simple raison qu'ils préfèrent des pièces sonnantes et trébuchantes ! Ces mendiants professionnels adoptent des méthodes diverses pour ne pas se faire reconnaître par une éventuelle connaissance rencontrée par hasard parmi la foule des gens ! Ils déguisent leurs apparences, leur voix, leurs gestes ; ils changent constamment de lieux ; tantôt ils s'installent en groupe, tantôt individuellement selon l'importance des lieux et les jours de la semaine, histoire de ne pas trop attirer l'attention des autorités!
A part cette forme de mendicité, on assiste depuis quelques temps à une autre forme plutôt masquée qui prend de l'ampleur chez nous. Cette pratique a pour cible les clients des cafés et des restaurants. La procédure est la même chez tous ces mendiants (ou plutôt ces jeunes déguisés en mendiants !) qui font irruption dans ces locaux et déposent effrontément sur les tables des clients un objet de rien de tout (un porte-clés ou un stylo de qualité médiocre) et procèdent ensuite à ramasser l'argent des clients mis dans l'embarras qui payent souvent à contrecœur. D'autres aussi se trouvent constamment dans les carrefours pour proposer ces petits livrets de versets coraniques aux automobilistes. Ceux qui s'adonnent à cette forme de mendicité sont pourtant des jeunes valides et bien portants physiquement qui auraient choisi ce moyen pour gagner leur vie, faute de mieux ! S'il n'existe pas de loi interdisant l'exercice de la mendicité, sous toutes ses formes, les agents municipaux ou ceux de la garde nationale doivent pourtant, pour des raisons de sécurité, prendre les mesures nécessaires pour arrêter ce phénomène, au moins dans les lieux les plus fréquentés par ces mendiants (surtout sur la voie publique et dans les moyens de transport) dont la plupart sont mineurs et qui apostrophent tout le monde sans distinction, même les touristes qu'ils n'arrêtent pas d'importuner par leurs supplications, leur but étant de réaliser à tout prix leur gain quotidien !
Quand la mendicité se propage d'une manière flagrante et que des jeunes en font leur gagne-pain, cela devient un fléau qu'il faut combattre. Faire la sourde oreille, c'est encourager ces gens à persévérer dans l'oisiveté et goûter au plaisir de ne rien faire alors que la plupart de ces mendiants, au lieu de vivre en parasites, sont capables de gagner leur vie à la sueur de leur front !


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