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Hommes battus : un fléau ?
Si Essayed fait de moins en moins d'émules
Publié dans Le Temps le 29 - 10 - 2008

Ces propos provoquent des réactions épidermiques en chaîne,une levée des boucliers de certains préférant occulter une tendance non seulement devenue réelle, mais prenant de l'ampleur voire se répandant comme une tache d'huile dans nos contrées ! Des hommes sont corrigés par leur épouse et le plus souvent en présence des enfants.
Evoquer ne serait-ce qu'en pensée pareille alternative quelques décennies auparavant était du domaine du strictement impensable, du quasi impossible, un sacrilège de lèse-majesté ; tellement la mainmise de l'Homme était totale, son hégémonie sur les siens sans partage. Il contrôlait tout, gérait tout, décidait de tout, et tout devait avoir au préalable son aval, son approbation.
Au passage, la distribution à la douce moitié ( ?) quand il en éprouvait l'envie de se défouler physiquement, de claques voire d'une véritable bastonnade était monnaie courante qu'aussi bien l'intéressée que ses proches parents prenaient avec résignation, philosophie sans s'en offusquer outre mesure. Cela entrait dans le quotidien, le vécu, les traditions ancestrales.

L'arroseur arrosé
Mais depuis peu, un tout petit sommet d'un iceberg, jusque-là profondément enfoui, pointe de plus en plus sa cime grandissante vers les cieux. Des femmes prenant le relais, se défoulant sur leur conjoint histoire de le remettre à sa place. Un retour de manivelle, un renversement de situation inattendu voire ahurissant.
Nous excluons bien évidemment de cette approche certaines pratiques déviationnistes et mutuellement consentantes entrant dans le cadre de rapports inspirés du sadomasochisme.

Genèse du phénomène
Comment pareils dépassements peuvent-ils avoir lieu ? Par quels mécanismes certaines douces créatures se seraient-elles converties en démentes guerrières ? L'homme battu, n'aurait-il pas « encouragé » la partenaire à le haïr, à le mépriser au point de passer à l'acte ? La honte de tout déballer en public ne serait-elle pas un facteur en faveur de la propagation de ce fléau ?
Des médecins approchés, quoique tenus par le secret médical et ne pouvant dévoiler l'identité des victimes, affirment que le phénomène est bien ancré dans le vécu de beaucoup de couples, et que plusieurs maris les approchent régulièrement pour le certificat médical initial(CMI) attestant des lésions, et jurant leurs grands Dieux que les tribunaux seraient saisis de l'affaire « cette fois- ci ». Et à chaque fois c'est le pardon, la sagesse, le qu'en dira-t-on, l'avenir des enfants, l'intervention avec fortes promesses des beaux parents, etc. de primer, de calmer l'orage dans l'attente de la prochaine et non loin inévitable correction essuyée par un époux croyant plus que jamais au père Noel, et le cycle de reprendre de plus belle...

Facteurs favorisants
Parmi les raisons essentielles de cet outrage, la personnalité du mari joue un rôle primordial. Un homme se laissant d'entrée de jeu mener par le bout du nez par la conjointe, fermant les yeux sur certains signes précurseurs en tolérant pour commencer une voix élevée, des remontrances en famille puis en public, des sorties sans autorisation, des retours au foyer tardifs, etc.
Ce faisant, il table sur le retour imminent à la raison de sa dulcinée ; erreur monumentale, car au fait elle ne faisait que le tester en grappillant, élargissant son espace vital au détriment du sien. De plus en fermant les yeux, en laissant courir, il ne réussit qu'à élargir la dichotomie, gagner des galons volet mépris, mésestime de la part de sa femme. Et l'inévitable de se produire fatalement : quelques insultes minutieusement choisies dans un vocabulaire allant crescendo, une bousculade en passant à proximité, une gifle, les ongles lacérant la figure, le torse avec une chemise partie en lambeaux,etc.
La peur du scandale aidant, notre bonhomme se calfeutre chez lui le temps que les excoriations se cicatrisent, dorloté au passage par la maîtresse des céans revenue ( ?) à de meilleurs sentiments avec plein de promesses et excuses mielleuses.
Certains, en se laissant de la sorte malmener rebutent quant aux frais à engager pour entamer une procédure de divorce dès les premiers signes annonciateurs du caractère acariâtre de l'épouse. Et puis, dans leur for intérieur, le risque de tomber sur un parti pire est toujours latent en dépit des apparences rassurantes que certaines excellent à adopter.
La situation se corse quand c'est elle qui travaille et fait vivre la maisonnée. Un mari refusant d'aller aux charbons, vivant à ses crochets, ne pourrait donc se rebeller au risque de voir les vivres coupées, les vannes définitivement fermées, taries. La dignité ? Foutaise, il y pensera un jour de pluie !
Cependant, une situation pathétique différente des cas évoqués précédemment est des plus choquantes : quand la maladie diminue physiquement le mari et que la bonne dame s'en donne à cœur joie lui faisant endurer en plus de sa pathologie invalidante, de son moral chancelant, les affres des corrections répétitives sans qu'il ne puisse s'en défendre, s'en dérober en prenant ses jambes à son cou...
Lutter contre cette nouvelle « mode » envahissante n'est guère une entreprise aisée. Le mutisme des victimes ne fait que compliquer la situation vis-à-vis d'un sujet considéré jusque -là comme tabou.
Lever les inhibitions, dénoncer, se rebiffer, en parler dans des dossiers TV aux heures de grandes écoutes et plus important, sensibiliser les petites fillettes mais également les petits garçons, dès leur prime jeunesse de ne point avoir recours à la violence, leur inculquer très tôt les vertus inaliénables du dialogue et du respect d'autrui.


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