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Quand la pluie tombe , certains masques tombent aussi
Climat
Publié dans Le Temps le 15 - 01 - 2009

En criminologie, on dit que le crime parfait n'existe pas et qu'à un moment ou à un autre de son forfait, le criminel commet une erreur même légère qui le dénoncerait. Ce n'est pas tout à fait de crime qu'il s'agira ici, même si ça y ressemble, mais des petits et des grands projets urbains dont l'exécution n'est jamais parfaite et qui trahissent, à la première intempérie sérieuse ou même mineure,
mille défectuosités et mille failles qui remettent en question le travail et la probité de toute l'équipe qui les a conçus et celle qui les a construits ! Et les langues après cela de se délier pour accuser les ingénieurs, les entrepreneurs et l'administration qui les avait chargés des projets en question, de malversations, de corruption, de détournements de fonds etc.
Les dernières précipitations ont permis de comprendre pour la énième fois que les grands travaux ce n'est pas notre fort en Tunisie ! Que rares sont chez nous les réalisations urbanistiques qui ne laissent apparaître au bout de quelques mois leurs faiblesses et lacunes. A un stade de l'exécution, quelque chose n'a pas tourné rond ; alors sciemment ou sans s'en apercevoir on n'a fait durant la phase suivante que colmater les brèches laissées au cours de la précédente. Cela fait des décennies que les Tunisois constatent après une pluie battante comme celle tombée ces derniers jours que leur capitale n'est pas aussi prémunie contre les fortes précipitations qu'elle n'en donne l'air.

Tunis navigable !
Mardi, les métros en provenance de Ben Arous ou d'El Mourouj ne pouvaient transporter leurs passagers jusqu'à la station de Barcelone et s'arrêtaient tous à celle de l'Hôpital Habib Thameur. Cela dura des heures pendant la matinée retardant ainsi l'arrivée à l'heure au travail d'un grand nombre d'employés et d'élèves. C'est que le tunnel qui passait sous le pont de Bab Alioua était inondé et les rails complètement submergés. La voie n'était plus fonctionnelle ni pour aller en direction de Tunis ni vers sa banlieue sud.
Les intempéries font certes des dégâts partout dans le monde ; récemment la vague de froid qui a sévi en France et dans d'autres contrées occidentales entraîna des coupures de courant fréquentes, la dégradation de certaines routes, plusieurs accidents, une perturbation dans les horaires des trains et des avions. Mais là il s'agit de verglas, de fortes chutes de neiges, de rafales de vent qui dépassent les 100 kilomètres à l'heure, de grandes crues. Tandis que chez nous, une demi-heure de pluie torrentielle fait tomber tous les masques qui dissimulent les imperfections laissées au cours de la réalisation des projets urbains récents. Ce sont alors des murs qui trahissent leurs lézardes cachées sous le revêtement richement décoré, ou des canalisations qui montrent leurs limites, des installations électriques qui s'avèrent erronées, des pylônes et des poteaux qui ne tiennent plus sur leurs « pieds », des trottoirs qui perdent en quelques minutes le carrelage qu'on a mis des semaines à poser, des regards qui se bouchent et d'autres qui vomissent des millions de mètres cubes d'eaux usées à l'heure. Certains passages se transforment en canaux navigables, les quartiers populaires en lacs puis en vastes bourbiers et toute la ville s'immobilise à cause d'une pluie inhabituelle.

Incapacité de prévoir !
On découvre à la faveur de telles précipitations que les constructions et les voies les plus anciennes sont celles qui résistent le mieux aux effets du mauvais temps et de l'humidité. Elles font leurs preuves aussi en temps de canicule. On peut vérifier de visu que leurs concepteurs ont pensé à presque tout et au premier chef à la longévité du projet ! Aujourd'hui, les tunnels, les voies ferrées, les routes, les immeubles, les ponts se dégradent trop vite pour des réalisations qui ont coûté un budget fou au contribuable et qui étaient à la base conçues pour durer ! Les leçons du passé ne semblent pas être retenues par exemple concernant la voie ferrée du métro : la même ligne vers Ben Arous a déjà subi les mêmes dégâts ces dernières années ; qu'a-t-on fait pour les prévenir après ? Et pour les tunnels qu'elle traverse, n'a-t-on jamais prévu les obturations qui peuvent survenir dans la canalisation des eaux de pluie notamment si les canaux utilisés sont de capacité limitée.
On raccommode chaque année, non, chaque saison ; parce que l'été les fortes chaleurs ont aussi des effets désastreux sur nos projets fragiles et éphémères : le bitume se liquéfie à 40 degrés pour se transformer en glu dans laquelle s'empêtrent les piétons, les conduites souterraines se mettent à dégager copieusement leurs effluves putrides et d'étranges miasmes se propagent dans l'air suite aux négligences fréquentes des éboueurs, les maisons qu'on croyait conditionnées s'avèrent de véritables fours en béton armé. Les réfrigérateurs et les appareils de climatisation tombent en panne chaque jour ou presque. Bref, dès qu'un changement climatique imprévu se produit, rien ne marche plus comme il devait en principe le faire.
Et c'est là où réside le mal, à notre avis ! Dans cette inaptitude à prévoir, et peut-être aussi dans le refus obstiné de voir plus loin que le bout de son nez !


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