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"Notre objectif principal: améliorer l'image de la femme arabe"
Interview de Madame Leïla Ben Ali, Première Dame de Tunisie au Groupe de Presse "Arabies"
Publié dans Le Temps le 24 - 05 - 2009

Carthage-TAP - Les revues "Arabies" (en langue française), "Arabies Trend" (en anglais) et "Saneou Al Hadath" (en arabe), du groupe de presse émirati "Arabies" ont publié, dans leur numéro du mois de mai, une interview exclusive, que leur a accordée Mme Leïla Ben Ali, épouse du Président de la République.
Dans cette interview, Mme Leïla Ben Ali a, notamment, évoqué, la présidence par la Tunisie de l'Organisation de la femme arabe et les objectifs qu'elle aspire réaliser,
au ce mandat.
Cette interview, qui a fait la couverture de ces revues, avec les photos de Mme Leïla Ben Ali, a été consacrée aux changements des conditions de la femme tunisienne et à la consolidation de sa participation à la vie politique et aux divers autres domaines, ainsi qu'à la manière selon laquelle la femme arabe peut tirer profit de l'expérience tunisienne.
Dans une partie de cette interview à laquelle a été réservé un important espace agrémenté de photos de l'épouse du Chef de l'Etat, montrant les différents aspects de ses activités, Mme Leïla Ben Ali parle de la contribution de la société civile à l'amélioration de la condition de la femme, ainsi que de ses activités sociales et humanitaires.
Voici le texte intégral de cette interview :

Question: Que représente pour vous la présidence tunisienne de l'Organisation de la femme arabe ?
Réponse: La présidence de l'Organisation de la femme arabe (OFA) est d'abord l'expression de la considération des pays arabes envers la Tunisie comme pays pionnier en matière de promotion de la condition de la femme et de renforcement du système de ses droits.
Elle reflète, en même temps, la confiance en l'aptitude de la Tunisie à promouvoir la coopération pour une meilleure conception du statut de la femme arabe.
La Tunisie souhaite contribuer activement à la promotion du statut de la femme dans les sociétés arabes et, grâce à cette confiance, au renforcement de son rôle, que ce soit au sein de l'Organisation de la femme arabe ou à travers les organisations régionales et internationales.
Notre pays a participé aux différentes étapes de la fondation de cette organisation.
Il a été au premier rang des premiers pays arabes qui ont signé et ratifié la convention relative à sa création.
Il a présenté de nombreuses propositions et approches concernant ses programmes d'action et ses objectifs. Nous avons également contribué à la mise en place de mécanismes visant à accroître les capacités de l'organisation au service des causes de la femme arabe. La solidarité entre femmes arabes constitue l'un des principaux facteurs de la solidarité arabe, de manière générale.

Question: Quels sont les objectifs que vous voudriez atteindre durant votre mandat à la tête de l'Organisation? Quels sont les domaines sur lesquels vous comptez vous focaliser ?
Réponse: Depuis la création de l'Organisation, la présidence en a été assurée avec compétence et brio par les premières dames des pays arabes: leurs Majestés et
Altesses ont contribué à en jeter les bases et à en concrétiser les objectifs.
Nous nous emploierons à poursuivre cette œuvre afin que la femme arabe ait un statut équivalent à celui de l'homme dans la vie publique, pour le choix des politiques et en matière de concrétisation des aspirations des sociétés arabes à davantage de progrès.

Question: Quel est le programme que la Tunisie propose pour son mandat à la tête de l'Organisation ?
Réponse: L'établissement des programmes de la Tunisie, de 2009 à 2011, relève de la réunion du Conseil supérieur de l'Organisation, prévue en juin prochain, durant
laquelle nous ferons en sorte que Tunis soit la capitale de la femme arabe par excellence.
Nous nous efforcerons de mettre en valeur les principes de solidarité, de dialogue et de tolérance. Nous essaierons de finaliser les projets en cours et la mise en œuvre d'autres stratégies et de programmes propres à répondre aux aspirations de la femme arabe.
L'accent sera mis, en particulier, sur des activités à dimensions et contenus innovants qui accordent aux domaines économique, social, éducatif, culturel, médiatique et sportif toute l'importance qu'ils méritent.
Notre objectif principal est d'améliorer l'image de la femme arabe. Nous ferons l'effort nécessaire pour que la présidence tunisienne soit marquée par de nouvelles avancées.
Nous allons essayer d'étudier l'interdépendance et la complémentarité entre les différents aspects du développement durable et, surtout, mettre en valeur l'importance de la participation
de la femme arabe dans le processus du développement durable.
D'ailleurs, c'est le thème que j'ai choisi pour la prochaine rencontre du Conseil supérieur, en juin prochain. L'avenir de la planète se trouve dans le développement durable.

Question: Comment évaluez-vous l'évolution de la femme tunisienne ?
Réponse: Le chemin parcouru par la femme tunisienne sur la voie du progrès se caractérise par la continuité, l'amélioration permanente et l'aspiration à de meilleures
conditions de vie.
Le Code du statut personnel, promulgué en 1956 du temps du leader disparu Habib Bourguiba, fut la pierre angulaire de la promotion de la condition de la femme tunisienne dans tous les domaines et un des symboles forts du pari sur la femme et sur la promotion de ses droits.
Depuis le Changement du 7 novembre 1987, à la faveur des réformes introduites par le président Zine El-Abidine Ben Ali et des initiatives profondes et globales, une mutation qualitative s'est opérée.
Par la volonté du Président, le processus du Changement a fait des droits de la femme et de l'enrichissement de ses acquis, une dimension essentielle des droits de l'Homme.
Ces réformes économiques, politiques, sociales et culturelles ont consolidé les acquis de la famille tunisienne et conforté la position de la femme en tant que partenaire actif dans la société. La femme tunisienne a dépassé aujourd'hui le stade de la défense de ses droits et s'emploie à promouvoir ses acquis.

Question: Les progrès enregistrés dans plusieurs domaines, particulièrement dans celui de l'éducation, ont considérablement élevé le taux de participation de la femme. Pouvez-vous nous en parler ?
Réponse: La femme représente aujourd'hui 30% de la population active dont plus de 2.000 femmes d'affaires.
Elle est présente dans les corps de magistrature à hauteur de 33%, représente 31% du Barreau, constitue le tiers des enseignants universitaires ou encore 23% des hautes fonctions administratives. Son taux de présence au Parlement est de 23%, et de 20% au sein du corps diplomatique.
D'ailleurs, le Président Ben Ali affirme que la participation de la femme dans nos sociétés est impérative parce qu'elle est un facteur de progrès et de démocratisation. En Tunisie, depuis que la femme a accédé à l'éducation, l'enseignement et la formation, on constate que le pourcentage d'étudiantes dans l'enseignement supérieur a atteint des niveaux prometteurs: 60% de l'effectif estudiantin, 60% des diplômés des différentes autres filières. Chez nous, aujourd'hui, le taux de scolarisation est de 99%.

Question: Comment la femme arabe peut-elle tirer profit de l'expérience avant-gardiste de la Tunisie ?
Réponse: Le processus d'émancipation de la femme arabe doit tenir compte de la réalité sociale et des spécificités culturelles. En Tunisie, le Code du statut personnel constitue, en effet, une expérience avant-gardiste dont le temps a démontré qu'elle est le fruit d'une vision futuriste et lucide.
Si cette expérience doit être retenue, la manière dont on pourrait en tirer profit serait de l'adapter aux spécificités culturelles des sociétés arabes. N'oublions pas qu'en matière de promotion de la femme en Tunisie, l'approche adoptée a été conçue avec des termes tunisiens, arabo-islamiques, qui puisent aux sources de l'Ijtihad.
La Tunisie n'hésite jamais à soutenir tout ce qui pourrait renforcer les liens de fraternité et de solidarité entre les pays arabes.

Question: Quelle est la voie idéale pour une participation plus active de la société civile à la promotion de la condition de la femme ?
Réponse: Le tissu associatif est l'un des piliers de la société civile. Il fait partie des facteurs de développement, de progrès et de modernisation. Il représente un des mécanismes de renforcement de l'harmonie entre l'individu et la collectivité.
S'il est aujourd'hui souhaitable de consacrer le concept de partenariat entre les institutions de l'Etat et les associations, il est, a fortiori, impératif de croire à la nécessité de promouvoir l'entraide, la solidarité et la coopération entre les composantes de la société civile.
Il faut dynamiser le partenariat entre l'OFA, les Unions féminines et les Associations nationales pour approfondir la conscience des gens et développer leur vision. Le but
étant de favoriser le rôle de la femme à la réalisation du développement intégral et de faire front à certaines survivances du passé encore présentes dans nos sociétés
arabes.
Je suis persuadée que la présidence tunisienne de l'OFA sera, pour nous, une bonne opportunité pour l'instauration d'un réel partenariat avec un grand nombre d'organisations non gouvernementales oeuvrant dans le domaine de la promotion de la femme, afin de conférer davantage d'efficacité à l'action de l'Organisation.

Question: Vous êtes connue pour votre engagement associatif et humanitaire. Vous consacrez beaucoup de votre temps à l'association Basma, que vous avez créée et
que vous présidez. Quels sont ses projets en cours ?
Réponse: Basma vient de fêter son neuvième anniversaire. C'est un organisme à vocation caritative dont le but est de promouvoir l'emploi pour les personnes handicapées et aider ces dernières à une meilleure intégration sociale.
Nous avons multiplié les initiatives favorisant le recrutement des personnes handicapées dans les secteurs public et privé.
Nous encourageons et aidons ceux et celles qui souhaitent monter leur propre entreprise.
Nous avons fait construire un centre dans un environnement agréable, à
proximité de la mer - qui sera bientôt inauguré - pour accueillir les personnes handicapées de tout âge, de toute catégorie sociale et souffrant de tout type de handicap.
Nous mettons à leur disposition des activités diverses comme des ateliers protégés, des clubs artistiques, une piscine, des salles de réunion, une bibliothèque, des terrains de sports, des aires de jeux, un parcours de santé et surtout une structure importante de formation: ateliers d'apprentissage, formation en sciences de l'informatique, arts et métiers de la broderie, menuiserie, théâtre, musique.

Question: Que pensez-vous du système des quotas sur le développement de la participation politique de la femme arabe ?
Réponse: La discrimination positive alimente la controverse dans la plupart des pays du monde, même si l'objectif est l'amélioration du taux de participation de la femme à la vie publique. Certains estiment que le système des quotas constitue une démarche non démocratique et qu'il va à l'encontre du principe d'égalité des
chances.
Dans tous les cas, la participation politique de la femme reste un besoin dicté par les impératifs du développement intégral auquel aspirent nos sociétés. Ce développement ne se réalisera pas tant que la femme n'y est pas partie prenante et qu'il n'existe pas d'égalité effective, en termes de droits et de devoirs, entre hommes et femmes.
Je pense que le système des quotas constitue l'un des facteurs - et non l'unique - devant contribuer à permettre à la femme arabe d'assumer ses responsabilités dans le
renforcement du processus de progrès. Dans un avenir proche, la Tunisie n'aura plus besoin d'avoir recours au principe de quotas, car la femme tunisienne a prouvé sa
compétence.

Question: Que pouvez-vous dire de la prise en charge des catégories de femmes ayant des besoins spécifiques, et du rôle de la Tunisie dans ce domaine ?
Réponse: Notre vision de la femme ayant des besoins spécifiques ne relève pas du fait qu'elle constitue une catégorie sociale à part, mais de notre conviction profonde qu'elle fait partie intégrante de la société. Ses ambitions et ses attentes ne diffèrent en rien de celles des femmes, de manière générale.
Ce concept a évolué en Tunisie et va au-delà du handicap fonctionnel pour s'étendre à la protection des adolescents, de la femme rurale, de la femme émigrée, de la femme ayant la garde de son enfant, de la femme détenue, enceinte ou allaitant.
Ce rôle d'encadrement et de prise en charge est dévolu aux diverses institutions de la société, en premier lieu aux associations féminines, dont l'OFA, qui œuvrent pour
son insertion dans la vie économique, politique et culturelle.
Nous espérons réaliser la mise en place d'une stratégie commune destinée à intégrer les femmes ayant des besoins spécifiques. Cette stratégie s'attache à concrétiser les
programmes d'insertion sociale en termes de soutien, de prévention et de sensibilisation. Cette stratégie s'attachera à concrétiser les programmes d'insertion
sociale en matière de soutien, de prévention, de sensibilisation, de protection et d'assistance.

Question: Que peut faire l'OFA pour soutenir la femme palestinienne ?
Réponse: Autant les agressions et les violations flagrantes des droits de l'Homme que subit le peuple palestinien – dont la majeure partie des victimes se comptent parmi les vieillards, les enfants et les femmes –suscitent nos sentiments de réprobation et de colère, autant il nous commande de prendre des dispositions pour assurer la protection de ce peuple et lui donner les moyens de sauvegarder ses institutions éducatives et culturelles ainsi que de préserver son patrimoine civilisationnel et historique.
Je saisis cette occasion pour réitérer les sentiments de considération à la femme palestinienne pour sa résistance et sa lutte historique et héroïque pour la protection de son identité et de son territoire, malgré la sauvagerie de l'agression.
L'OFA, depuis sa création, demeure et restera le soutien irréductible à la cause palestinienne en général et à la femme l'enfant et la famille palestinienne en particulier. Cette question restera au coeur de notre action et figurera en permanence à l'ordre du jour.
Nous nous emploierons dans ce contexte à mettre en pratique ce que nous avions proposé et ce à quoi nous avions appelé : la mise en place d'une instance arabe en charge de tout ce qui pourrait contribuer à protéger la femme et les enfants de Palestine, à soutenir leur résistance dans les territoires occupés, à faire connaître – au plan international et auprès des organisations des droits de l'homme – leur juste cause et à défendre leur droit à la liberté et à l'autodétermination.
Les drames et les épreuves endurés par le peuple palestinien confirment l'impérative nécessité de la solidarité et de l'action commune, selon une méthodologie pratique opérationnelle.
Nous ferons en sorte que l'Organisation de la femme arabe soit pleinement partie prenante pour la réaffirmation des droits de l'homme, la pérennité au développement et une vie libre et digne en Palestine.


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