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Toute une histoire
Du Minitel au SMS et Internet en passant par le journal et la radio !
Publié dans Le Temps le 20 - 06 - 2009

La proclamation des résultats a commencé hier et chaque candidat devrait aujourd'hui avoir appris toutes ses notes par SMS. Il y a 20 ans seulement, personne n'imaginait qu'un jour on puisse utiliser une aussi merveilleuse révolution technologique pour savoir si l'on a réussi ou pas.
C'est aujourd'hui chose faite et tous les résultats des examens nationaux et des concours sont proclamés via le téléphone mobile. Sur internet, vous pouvez également connaître tous vos résultats avant même que les listes officielles ne soient affichées dans les établissements respectifs des candidats. En fait, la nouvelle pratique remplace une autre plus vieille mais qui n'était ni payante ni aussi généralisée.
Du journal au SMS
Autrefois et pour apprendre plus tôt que les autres ses résultats du baccalauréat, on avait ses antennes : c'est un parent inspecteur ou directeur de centre d'examen, un directeur régional de l'enseignement, un responsable au ministère, bref un piston quelconque qui obtient l'information en général une journée ou quelques heures avant sa diffusion par les voies autorisées. Les privilégiés de ce genre pouvaient rendre service à un ou deux camarades à l'occasion mais le nombre de ceux qui savaient avant l'heure s'ils étaient admis ou pas restait très limité de sorte qu'à la proclamation publique des résultats la majorité noire des candidats n'en savait rien. Il fut un temps aussi où les résultats n'étaient connus à l'avance que par le proviseur du lycée, dont le bureau était équipé d'un minitel sur lequel il recevait les noms des admis et des ajournés. Lui seul pouvait alors filtrer les informations en commençant bien évidemment par les " amis " et les " proches ". Avant le minitel, l'affichage dans les lycées et l'annonce par radio, on apprenait les résultats par le journal. C'était dans les années 60 et la pratique s'est maintenue jusqu'au milieu des années 70. C'était une aubaine pour les journaux dont c'était un jour de fête aussi. Le brevet et la " sixième " également s'annonçaient dans les quotidiens. Concernant l'envoi des SMS et l'utilisation de l'Internet, elles ne datent que de 5 ans tout au plus.
Suspense hitchcockien
A l'époque où les résultats étaient annoncés ou affichés dans les établissements scolaires, il fallait voir la tête des élèves et de leurs parents lorsqu'ils attendaient le verdict, pour réaliser l'importance de ce diplôme aux yeux de générations entières. Les élèves ne venaient presque jamais seuls en effet : pères, mères, oncles, cousins, amis, voisins, tout le quartier si vous voulez, pouvaient venir vivre ces moments terribles d'angoisse et de très fortes émotions. Certaines familles se déplaçaient tout entières d'une ville à une autre parce que les résultats parvenaient d'abord au centre d'examen où le candidat a passé l'écrit et c'était le plus souvent un lycée de la plus grande ville de la zone. Quand les résultats étaient annoncés au haut-parleur devant les établissements du secondaire, on mettait beaucoup de temps à régler le son et beaucoup de suspense dans la lecture des listes. A l'époque où l'on apprenait son résultat sur les ondes de la radio, il fallait passer des heures devant le poste parce qu'on procédait par gouvernorat, par ville et par séries d'examen. D'autre part, comme les listes étaient longues et ne parvenaient pas toutes en même temps, on programmait quelques intermèdes musicaux pour permettre à Adel Youssef et à bien d'autres animateurs de souffler. Le suspense était d'autant plus haletant, étouffant, mortel ! Les évanouissements, les crises de larmes, les cris de joie et les hurlements frustrés se vivaient en public et en direct. Toute la ville se trouvait devant les centres d'examen et l'ambiance qui régnait ne laissait personne indifférent. Ce n'était pas la journée du bachelier seul mais celle de toute une population et la radio de relayer les joies de la rue pendant les deux ou trois jours suivants en diffusant à longueur de journée des chansons qui célèbrent l'heureux événement. Dans les maisons, les fêtes s'organisaient le soir même de l'annonce des résultats et duraient plus qu'une nuit. On faisait à manger comme à l'occasion d'un grand mariage et l'on invitait tout le monde dans la famille et le voisinage. Des parents rentraient de l'étranger pour ne pas manquer les festivités. Le bac c'était quelque chose !
Dévaluation et démystification
Aujourd'hui, on continue de fêter la réussite du bachelier mais beaucoup plus discrètement. Cela concerne moins de gens : la petite famille, quelques parents et voisins dans la plupart des cas. Pour ce qui est de la festivité, ce ne sont plus les parents qui s'en chargent, mais l'enfant admis et ses copains et camarades transforment finalement la fête en une sorte de boum entre adolescents. Le lendemain, tout rentre dans l'ordre et l'on attend que les résultats soient affichés au lycée pour vérifier les notes, congratuler ou consoler ceux de ses camarades qu'on n'a pas pu rencontrer le premier jour. Cela se passe très souvent dans une ambiance plutôt froide et l'expression de la peine se fait très timide. Plus vraiment de torrents de larmes ni de syncopes, ni même de déception. Certains recalés font d'ailleurs tout pour ne laisser lire sur leurs visages aucune expression triste. Ils attendent le verdict au café en jouant une partie de cartes ou bien ne cherchent même pas à l'apprendre. Dédramatisé, désacralisé, démystifié, dévalué, le bac l'est depuis plusieurs années maintenant. Pourvu que le savoir et la culture gardent encore une place parmi les priorités de nos jeunes !
Badreddine BEN HENDA
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Et ceux qui passaient 4 Bac !
Après l'indépendance et jusqu'au début des années 1960, certains élèves tunisiens passaient le bac en quatre étapes. Il y avait encore le bac français en deux parties qu'il fallait réussir et le bac tunisien calqué sur le premier qui comportait également deux parties. Mais il ne suffisait pas de franchir l'obstacle de l'examen écrit, car les épreuves orales étaient tout aussi obligatoires. De sorte qu'à l'époque, l'élève passait quatre examens éprouvants et d'importance presque égale. Au terme de la première partie du bac, on décernait au candidat admis un diplôme attestant son succès, mais si le même élève réussissait à l'examen de la deuxième partie, il devait remettre à son administration le premier certificat pour recevoir en lieu et place le diplôme final de bachelier. Compliqué, n'est-ce pas ! Mais la formation de ceux qui obtenaient l'ancien bac était plus complète et meilleure que celle reçue par les élèves d'aujourd'hui. Il en est de même pour tous les diplômes d'autrefois vous diront les nostalgiques persuadés que de nos jours, l'école publique ne forme ni des têtes bien faites ni des têtes bien pleines, et enseigne des programmes sans têtes ni queues!


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