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Vivre sa religion aujourd'hui : Le chemin de lumière et non le chemin de croix !
QUESTIONS DE L'HEURE
Publié dans Le Temps le 21 - 12 - 2009

En ces jours de début de la nouvelle année de l'Hégire (1431), le débat sur l'Islam est plus que d'actualité. Quelque part la " célèbre " dette chrétienne envers le judaïsme se fait au détriment de l'Islam. Et plus que jamais, ces jours-ci, en Occident et particulièrement en France, le questionnement sur l'identité nationale, aura vite fait d'établir l'amalgame avec l'Islam sur fond d'islamophobie, bien sûr.
Or, par un cruel retour des choses, la religion la plus tolérante celle qui sacralise les prophètes, ayant précédé Mohamed est diabolisée parce que de faux adeptes cherchent à la détourner de son message originel.
L'obscurantisme est un fait. L'intégrité, une réalité intangible.
Les objecteurs de conscience inventent de nouveaux piliers, recrutent parmi les âmes égarées. Ces gosses endoctrinés dans les écoles coraniques, au Pakistan vivent-ils la religion avec l'intériorité qui en fait un chemin de lumière ? Non, ils la vivent plutôt comme un chemin de croix. Et ils grandissent avec.
Malheureusement, les prédicateurs barbus des chaînes satellitaires n'en finissent pas de broder dans la fausse exégèse. Nos jeunes, pour la plupart, n'y adhèrent pas. Il n'empêche : il faut toujours les sensibiliser, quant aux poisons de l'outrance que distillent les prédicateurs.
Ceux-là mêmes qui promettent le paradis, mais en traversant au préalable, l'apocalypse !
Lorsqu'une petite fille, sur le chemin de son école, se fait asperger le visage avec du vitriol, par des talibans bien décidés à empêcher les femmes, à recevoir une éducation autre que celle qui les relègue au statut d'esclaves enterrées sous une " burqa " ça pose problème. Quand une femme se fait flageller au Soudan, parce qu'elle aurait eu " l'outrecuidance " de porter un pantalon, ce qui aurait eu l'heur de choquer les " éminences grises " qui ont pouvoir absolu de proclamer leurs " fatwa " à tout va, à coup de fouets et de condamnations à mort, ça pose problème.
Quand, au nom de l'Islam, on défigure l'image même de l'Islam, par des prédications, proprement hérétiques, lors même qu'elles se proclament du religieux, ça pose encore problème.
Ainsi certains prétendent s'exprimer au nom de l'islam, alors qu'ils ne font que contribuer, par leurs surenchères, à le diaboliser.
Résultat, on se retrouve aujourd'hui, avec une image tronquée de la religion islamique, à laquelle de surcroît, on prête désormais tous les maux de l'humanité. A cela s'ajoutent les prêches qui fleurissent comme des champignons, sur des chaînes satellitaires arabes, nées à l'issue de la première guerre du Golfe en 1991, et financés par des milliardaires musulmans, sous couvert de la nécessité de ré- islamiser les pays arabes, et de ramener sur le droit chemin, une jeunesse qui serait en perte de repères.

Manipulation médiatique
" Un raz de marée, nous confiera J.M, enseignant, qui préfère garder l'anonymat. Et tout cela a pris une tournure encore plus dramatique à mon sens, depuis les attentats de septembre 2001, qui ont fédéré une forme de psychose générale, engendrant une méfiance exacerbée, à l'encontre des musulmans. Ce qui induit une contre-réaction, qui a été exploitée, comme un filon intarissable, par toute une industrie audiovisuelle, Elle a trouvé là, un fonds de commerce très juteux, dirigé vers des pays, et des populations entières, lesquelles, à force d'être pointées du bout des doigts se sont mises à suivre en masse les directives et les discours " vindicatifs ", de prédicateurs patentés. Ainsi toute une jeune génération a été manipulée par le sourire, mielleux, d'un Amrou Khaled, assis sur des dividendes énormes, gérant trois chaînes satellitaires et un site web, et offrant une image, faussement moderne de l'Islam, lors même que le discours demeure obscurantiste et rétrograde".
A ce discours-là, fondamentalement " salafiste ", s'oppose un autre discours, qui occupe les devants de la scène sur les chaînes satellitaires occidentales, et notamment françaises, qui se sont données le mot sur fond de débats identitaires, pour stigmatiser, et sans avoir l'air d'y toucher, les musulmans et l'Islam, en les répertoriant en deux catégories : les " bons " et les " mauvais " musulmans .
Histoire de ne pas mélanger les genres, et en se tenant à une certaine éthique, mais les chemins de l'enfer étant pavés de bonnes intentions, n'a pu éviter les glissements de terrain, qui sont le résultat d'une frénésie à vouloir offrir une information- spectacle, en lieu et place de véritables analyses de la situation.

L'Islam intra-muros
Pour ce qui est de nos sociétés et de la manière dont l'Islam est vécu surtout par les jeunes, depuis que des chaînes comme " Iqraa ", " Al Rissala ", " Al nass ", " Al Sharjah ", " Al fajr ", et autres, ont pris le relais pour " éduquer " nos jeunes générations, aussi bien en Algérie, en Mauritanie, au Maroc, qu'en Tunisie, pour ne citer que la sphère maghrébine, le succès d'un Amrou Khaled, ou de ses pairs est indéniable. Celà démontre qu'il y a eu absence, à un certain moment, d'un espace public pour féconder le débat ; ce qui a permis (la nature ayant horreur du vide) l'intrusion de cette démagogie fondamentaliste, qui a fait des ravages. Le " matraquage " médiatique, sur la durée, engendre, c'est connu, une sorte d'hypnose collective, à laquelle il est difficile par la suite, d'opposer un " bémol ", sans se retrouver dans le box des accusés, pour " apostasie ".
Il faut donc faire œuvre de résistance, jusqu'à équilibrer la donne. Et c'est là un travail de très longue haleine...

L'Islam que nous aimons
Nos grands-parents et mêmes nos arrières grand- parents ont vécu paisiblement leur religion, avec sérénité et conviction, sans en rajouter, la piété dans le cœur comme un éternel printemps, accomplissant leurs cinq prières quotidiennes, respectant tous les préceptes de leur religion, tranquillement et sans se forcer, sans faire de vagues non plus. Et c'est ainsi qu'ils l'ont transmise aux générations qui sont venues après eux, naturellement et en douceur, comme un chemin de lumière, et non comme un chemin de croix. C'est ainsi qu'en on a héritée.
Bien sûr qu'il dût y avoir des dépassements, des interprétations douteuses, mais ça demeurait des exceptions, pas des mouvements de masse. Et s'ils étaient récupérés, c'était surtout à l'époque, et dans le contexte de la colonisation, dans un objectif bien précis : unir toutes les forces au service de la cause nationale, afin de se libérer du joug de l'occupant.
Les époques ont changé, et on n'en n'est plus là. Heureusement. Mais la vision qu'on a de l'Islam, semble s'être édulcorée quelque peu. C'est ainsi qu'on se retrouve aujourd'hui face à de vieux réflexes séculaires, mâtinés d'un orientalisme qui n'a rien d'exotique et rien de séducteur. Plutôt racoleur, emprunté à des canaux de diffusion satellitaire, lesquels instillent, insidieusement, au goutte à goutte, une sorte de poison auquel il est difficile de trouver un antidote, une fois le virus attrapé.
Entre rejet et acceptation, la foi en est ébranlée. Peut-être pas dans ses fondements mais dans la manière de l'appréhender, superficiellement, en collant littéralement au texte religieux, jusqu'à oublier que c'est la spiritualité qui prime en matière de religion, et certainement pas la forme, et l'habit dont on l'affuble.
Une forme qui a des retombées qui n'ont rien de positif, puisqu'elles induisent une forme d'aliénation qui peut être très dangereuse, parce qu'elle est sujette à manipulation. Dans ce cas-là, il vaut mieux pêcher par légèreté, en attendant d'intégrer une maturité qui ne peut venir qu'avec le temps, et suite à un cheminement toujours personnel, plutôt que de s'accrocher à un discours, qui suinte la haine et le ressentiment, dans ses plis et replis, en donnant de la religion, une image, qui ferait fuir le saint des saints, et sème dans les cœurs, plutôt que la paix, un trouble, une anxiété et une peur, qui n'ont plus rien à voir avec l'Amour. Ni l'amour de la religion, ni celui de son prochain.
Intra-muros il est vrai, il y a, depuis quelque temps, une certaine prise de conscience du risque de laisser à d'autres, le soin d'éduquer la jeunesse en matière de religion. Car, et abstraction faite de la crainte de l'asservissement pur et dur de l'Islam, par une idéologie guerrière ou politique, qui peut faire des ravages, il y a le fait, indéniable que la religion de nos ancêtres, qui apporte la quiétude et la paix dans l'âme et dans le cœur, a été esquivée en faveur d'une manière d'appréhender la religion, rétrograde et revêche, sur fond de " burqa " et tutti quanti, ou d'atours vaporeux et soyeux, lesquels déshabillent plutôt qu'ils ne cachent, ce qui est considéré comme un affront à la pudeur, par des " exégètes " à la petite semaine, qui ont en fait un fond de commerce.

Les mots pour le dire
Sauf qu'il y a discours et discours. Et qu'en la matière il faut doser. Parce qu'il arrive bien souvent, que sous nos latitudes justement, à entendre la manière dont on parle de la religion pour mieux l'expliquer à la masse, l'on n'éprouve plus qu'une seule envie : se boucher les oreilles, ou s'arracher les cheveux On s'adresse à nous. Comme on s'adresserait à un peuple de débiles, à qui on fait miroiter le paradis, de la même manière avec laquelle on s'y prend, pour appâter un enfant avec une friandise.
Lorsqu'on nous décrit ce paradis, comme une infinité de châteaux, lambrissés d'or, aux murs émeraudes, qui accueilleront les croyants, avec des serviteurs et des " houri ", le récepteur, si tant est qu'il n'est pas heureux sur terre , n'a plus qu'une seule logique: se faire hara-kiri en accomplissant quelque exploit, histoire de monter au ciel en martyr pour gagner son paradis.
Et la piété dans tout cela ? L'Amour dans tout cela ? Le cœur de la spiritualité dans tout cela ? L'Islam tel que nous l'aimons dans tout cela ? Perdus sans espoir de retour. Parce que ceux qui en parlent, à force de vouloir bien faire, en cherchant à vulgariser le discours, et de le simplifier, pour atteindre le plus grand nombre, y sont allés avec leurs gros sabots en semant l'essentiel en chemin. Résultat : ils ont raté leur cible.


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