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Pourquoi le français perd-il du terrain auprès de nos jeunes ?
Enseignement et culture générale
Publié dans Le Temps le 04 - 04 - 2007

Suite notre article du 30/03/2007 de Mohamed Sahbi Rammah, intitulé : « La langue de Molière perd vraiment du terrain », nous avons reçu la réaction de Hechmi Khalladi d'Ezzahra.
« En tant qu'enseignant j'étais marqué par cette belle langue. Tout en partageant l'opinion de l'auteur quant à la vraie cause de cette régression du français, qu'est l'abandon de la lecture au profit d'autres médias audio-visuels qui ont submergé nos jeunes, je voudrais, en tant qu'enseignant vivant le phénomène de tout près, essayer d'approfondir quelques points soulevés dans cet article en faisant quelques remarques sur l'attitude des élèves envers le livre, sur la réalité de l'apprentissage de la lecture dans nos écoles et proposer enfin quelques moyens pratiques pour remédier à ce problème.
A la maison, le livre a presque déserté la bibliothèque familiale. A l'école, il est couvert de poussière ou rongé par les rats dans des bibliothèques de plus en plus appauvries. Au sein des familles ou entre amis, on n'offre plus de livres à l'occasion d'un anniversaire ou d'une réussite. Un enfant à qui vous demandez de choisir entre un livre et un ballon choisira sans hésitation le ballon ! On ne voit plus des gens s'asseoir sur un banc public pour lire un bouquin ! Et dire que la langue de Molière rétrograde dans notre pays...
L'on constate, et non sans douleur, que ces dernières années, dans nos écoles, primaires et secondaires, la lecture a été négligée et l'on se contente d'un ou deux textes dits « longs » étudiés en classe en tant que lecture suivie ou des livres échangés dans le cadre de la bibliothèque de classe et qui, parfois, ne répondent pas à leur goût ni à leurs préoccupations. C'est d'ailleurs la seule activité de lecture prévue par les programmes officiels. C'est une activité scolaire, certes obligatoire, mais insuffisante, car le choix des titres proposés laisse parfois à désirer ; les uns sont au-delà, d'autres restent en deçà des objectifs escomptés.
Il faut donc que la lecture devienne une tradition, un exercice de plaisir et pas une obligation purement scolaire. Pour ce faire, il faut inciter nos enfants à la lecture dès leur bas âge, l'âge où on leur lit ou raconte de toutes petites histoires en les berçant. Des illustrés et des bandes dessinées leur sont présentés au fur et à mesure qu'ils grandissent. Adolescents, ils seront guidés vers des œuvres plus appropriées. Malheureusement, cette tâche est devenue très difficile pour la plupart des parents suite à la prédominance des autres médias (télévision et internet) qui occupent une grande place dans la vie des enfants. En effet, l'attitude de nos jeunes vis-à-vis de la lecture et du livre a subi des changements énormes sous l'influence médiatique : les séries télévisées et la navigation sur Internet sont très en vogue aujourd'hui. Par conséquent, le livre n'est plus le seul mode d'accès au savoir. Pour les enfants de 5 à 15 ans, la télévision demeure la plus grande source d'apprentissage et de divertissement ; pour les jeunes de plus de 15 ans, c'est surtout l'Internet (chat, jeux, blogs...).
Néanmoins, les écrans (télévision, ordinateur) ne doivent pas empêcher le contact (ô combien bénéfique !) avec le livre. En effet, un enfant peut s'adonner à une lecture interactive virtuelle, il peut être également entrainé à la lecture d'une œuvre littéraire (roman, nouvelles, pièce de théâtre...) après avoir vu son adoption à l'écran ou en découvrant des images ou des extraits de nouvelles publications sur Internet. A propos, permettez-moi cette petite anecdote : un jour, après avoir regardé sur une chaîne française la série de films adaptés des nouvelles de Guy de Maupassant, deux ou trois de mes élèves (certainement des oiseaux rares !) sont venus m'exprimer leur désir de lire ces nouvelles en me demandant où ils pourraient les acquérir, histoire de joindre l'utile à l'agréable, (le texte à l'image). En tant qu'enseignant, je ne saurai qu'encourager cette bonne initiative ! C'est que, de nos jours, tous les médias, quoique différents, sont complémentaires : on peut être en même temps lecteur, téléspectateur et internaute. Un jeune d'aujourd'hui ne peut être que tout à la fois. La culture est un carrefour où tous les moyens convergent. L'essentiel, c'est de ne pas privilégier un moyen sur l'autre : un enfant qui passe chaque jour des heures entières aux jeux vidéo n'a malheureusement pas de temps à consacrer à la lecture !
Cette activité dont les avantages sont énormes demeure sans doute fondamentale dans la formation de l'enfant. En effet, la lecture offre l'évasion, l'ouverture vers l'autre ; elle développe l'imagination et accroit la sensibilité et l'intelligence de l'enfant ; elle lui permet aussi de construire son bagage linguistique et développer ses facultés d'expression ; elle lui donne également l'occasion de former sa personnalité et favoriser la communication avec autrui. D'où l'importance accordée à la lecture dans toutes les sociétés civilisées du monde, malgré la présence (l'hégémonie même) d'autres moyens plus modernes.
Pour que le livre occupe toujours une place importante chez nos jeunes, il faut ancrer cette habitude de lecture, en famille d'abord, puis à l'école. Les familles où les parents lisent beaucoup donnent sans doute l'exemple à leurs enfants. Mais, il y a pas mal de familles où cette tradition n'existe pas. Alors, c'est le rôle de l'école d'inciter les élèves, dès les premières années de l'enseignement de base, à lire en leur proposant les moyens susceptibles de les motiver à la lecture. Là encore, les enseignants se heurtent à divers problèmes. Il m'arrive souvent de conseiller un nouveau livre à mes élèves. Voici les réactions : « Combien ça coûte ? De quoi parle-t-il ? Combien de pages comporte-t-il ? Y a-t-il des images dedans ? Ou simplement : « On n'a pas assez de temps pour lire ! » De telles réactions peuvent définir les véritables causes de cette aversion pour la lecture. On peut alors remarquer que le prix du livre souvent exorbitant est un grand souci pour la majorité des élèves, que le temps dont ils disposent suffit à peine à la préparation des devoirs et à l'accomplissement des programmes souvent trop chargés, et que pour certains le sujet et le volume du livre comptent beaucoup.
Devant cette réticence manifestée par nos jeunes à l'égard du livre, que doit faire l'école pour remédier à la situation ? A vrai dire, les solutions ne manquent pas. Il suffit de la bonne volonté. Certes il n'y a pas de recette magique en pédagogie, mais on peut profiter des expériences des autres qui ont fait leurs preuves, en matière de lecture.
D'abord, une réhabilitation de la bibliothèque de l'école est nécessaire. Dans plusieurs établissements, elle est peu fréquentée et mal gérée et elle est souvent employée en guise de permanence, sorte de garderie, abritant les élèves aux heures creuses. Il faut donc la moderniser en la dotant de nouveaux livres méticuleusement choisis par des gens compétents et puisés dans les meilleures maisons d'édition (surtout celles qui s'intéressent à la littérature de jeunesse). On peut y mettre un ordinateur à la disposition des élèves férus de livres électroniques.
Ensuite, on peut former des clubs de lecture au sein de chaque établissement(primaire et secondaire) où l'on peut organiser des concours , sorte de défi-lecture qui consiste à proposer aux élèves un questionnaire de lecture sur une œuvre qu'ils auront lue et à décerner des prix aux meilleurs lecteurs. On peut également constituer dans ces clubs des ateliers d'écriture sur un ensemble de livres traitant d'un même sujet (des romans de science-fiction, par exemple). Une telle expérience peut se faire à l'échelle locale ou même régionale, comme on en fait dans les compétitions sportives scolaires.
Enfin, on peut même penser à une nouvelle méthode tout à fait récente et qui a l'air de s'étendre dans plusieurs pays, c'est le « bookcrossing » qui consiste à faire circuler des livres déjà lus et dont on veut se débarrasser en les libérant dans la nature (sur le seuil d'une porte, sous un arbre, sur un banc public, dans un parking, partout...) pour qu'ils soient retrouvés et lus par d'autres qui les relâcheront à leur tour et ainsi de suite. Pourquoi ne pas sensibiliser nos élèves à cette nouvelle méthode qui peut se pratiquer au sein même de l'école ? Tout élève disposant de vieux livres jugés encombrants ou indésirables au foyer, peut les mettre à la disposition de ses camarades qui les liront et les repasseront à d'autres ; et ceux qui auront l'occasion de lire ces livres ramassés quelque part pourront y noter leurs commentaires avant de les céder à d'autres lecteurs éventuels. Tout cela peut se passer sous couvert d'anonymat, l'objectif étant de faire profiter au maximum d'élèves des plaisirs de la lecture, surtout ceux qui n'ont pas les moyens pour s'en procurer. Ce phénomène nouveau a sûrement des aspects positifs : il est aussi bien attractif que ludique et surtout économique et peut fonctionner comme un club « ambulant » où les livres circulent gratuitement et sans frontières et cela ne nuira jamais ni aux maisons d'édition ni aux librairies car les livres mis en circulation sont des livres déjà usés et abandonnés depuis longtemps dans la cave ou le grenier.
Tous ces moyens sont capables d'aboutir : c'est en forgeant qu'on devient forgeron ! Notre but n'étant pas de faire de nos élèves des lecteurs boulimiques ou de grands dévoreurs de bouquins, mais au moins les réconcilier avec le livre et créer en eux cette passion pour la lecture et, peu à peu, comme l'appétit vient en mangeant, l'expérience fera du livre leur meilleur ami ».


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