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Efficace parade contre l'évangélisation : La Tunisie, terre de reconversion à l'Islam
RELIGIONS
Publié dans Le Temps le 28 - 12 - 2009


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Près de 3000 l'ont fait entre 2002 et 2007… Les raisons d'un choix… Et pourquoi la Tunisie précisément ?
Embrasser une autre religion que la sienne propre, ce n'est pas anodin. On ne se réveille pas du jour au lendemain, en ayant pris la décision, sans coup férir, d'abandonner sa foi en chemin, comme on se déleste d'un vieux bagage, sur un simple coup de tête, histoire de voir si cela cadrerait mieux avec notre humeur du moment.
C'est une décision autrement importante, née de la conjonction de plusieurs facteurs, lesquels auront sûrement contribué ensemble, à cette grande révolution intérieure qui a conduit à ce chamboulement.
Vécue par la famille, les proches, la société entière en somme, comme un véritable cataclysme, une conversion, quelle que soit sa nature, est toujours accueillie avec beaucoup d'hostilité. De colère aussi. Car on ne se défait pas de la religion de ses ancêtres impunément, sans encourir à toutes les foudres du ciel. Et il faut avoir beaucoup de cran pour pouvoir assumer cela et en gérer tous les contre - coups. Avec des dégâts collatéraux de part et d'autres, lesquels sont toujours tributaires de la manière avec laquelle était appréhendée la religion auparavant.
Un pavé dans la mare
Pour ce qui regarde l'entourage propre surtout. En fonction de cela, l'effet du pavé dans la mare, ressemblera à l'impact d'un obus sur une terre ferme, ou à des ronds dans l'eau lesquels, perdent de leur intensité au fur et à mesure. Mais ce n'est jamais facile. Et il faut se rendre à l'évidence : s'il n'y a pas eu, à un moment ou un autre, dans la vie d'un individu, quelque rupture, quelque faille majeure, ayant ouvert la porte à des interrogations, d'ordre métaphysiques, existentiels, ou autres, l'ayant poussé à tout remettre en question, il n'aurait jamais franchi le pas. Pour passer de “ l'autre côté “.
Alors même qu'une vaste campagne d'évangélisation en sourdine, est menée sur tous les fronts, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, pour ce qui regarde la sphère maghrébine, et qu'on entend parler de plus en plus de ces jeunes Tunisiens qui se convertissent au Christianisme à tout va, portent une croix, vont à l'église, et deviennent à leur tour des “missionnaires” mandatés pour prêcher la bonne parole, et ramener le plus grand nombre possible de “brebis égarées” sur le “droit chemin”, moyennant aide financière, soutien scolaire, qui va jusqu'à l'obtention d'une bourse d'études et d'un visa pour la France notamment, sous forme de promesses qui seront tenues ou pas, l'on constate, comme par un effet contraire, la recrudescence d'un autre phénomène, qui concerne des étrangers, catholiques dans la plupart des cas, qui choisissent la Tunisie pour se convertir à l'Islam.
Les raisons d'un choix…
Ils seraient 3000 à s'être convertis, entre 2000 et 2007. Et il paraît même qu'au mois de ramadan 2008, les demandes d'attestation de conversion à l'Islam, déposées auprès des autorités tunisiennes, ont connu une montée vertigineuse. Pourquoi l'Islam ? Et pourquoi la Tunisie ?
R. est un jeune trentenaire français, de confession catholique à l'origine, qui a déjà passé le cap depuis deux ans. Il s'est converti à l'Islam après avoir connu de très près, la famille, pratiquante, et adepte d'un Islam modéré, d'un ami avec lequel il avait fait ses études supérieures.
“Mon ami m'a invité chez lui pour dîner, un soir de ramadan. Et je n'avais jamais vécu cela de l'intérieur. Bien sûr j'avais une petite idée comme tout le monde, et certainement des préjugés, sur la manière dont se passaient les choses. Mais je n'imaginais pas que je m'y retrouverais dans mon élément, comme un poisson dans l'eau. Ça a certainement été le déclic. Toute cette chaleur, cette convivialité, cette gentillesse que je n'avais connues nulle part, je les ai rencontrées chez cette famille qui m'a accueilli comme un fils. Et du fait que ça me manquait quelque part, ça m'est allé droit au cœur. J'ai donc décidé de suivre des cours à la mosquée de Paris, j'ai acheté des livres, une version traduite du Coran, et j'ai commencé à réfléchir sur la nécessité d'entreprendre un voyage, en pays d'Islam, histoire de mieux m'imprégner des valeurs fondatrices de cette religion. Mon ami est algérien, mais il m'a déconseillé de partir là-bas. Et puis pour vous dire la vérité, je m'étais déjà renseigné et on m'avait conseillé la Tunisie, parce que c'est un pays calme, tranquille, où je ne courrais aucun risque. Bref, je vous passe les détails, mais j'ai fini, après deux séjours de suite dans ce pays, par faire toutes les démarches nécessaires pour ma conversion. C'est chose faite maintenant. J'ai évidemment changé de nom, et je vous assure que depuis, même si ma famille me regarde d'un très mauvais œil (je me suis brouillé avec mes sœurs, et mon père ne me parle plus), je me sens heureux et serein. Maintenant, quand je viens à Tunis, j'ai mes rituels. Je vais à la Grande mosquée “Ezzitouna”, je ne manque pas de visiter le mausolée de “Sidi BouSaid El Béji”.
Musulman par amour
Si R. a vécu sa brouille avec sa famille, comme une étape attendue et nécessaire, et sans que cela ne sape en rien son moral, ni ne le fasse vaciller dans ses convictions, cela n'est pas le cas pour M. qui n'en dort pas la nuit.
Ayant également choisi la Tunisie pour sa conversion, lui, c'est pour des raisons de cœur qu'il a fait son choix. Il est tombé amoureux d'une jeune étudiante, venue passer ses vacances à Paris. Ça a été bref mais intense. Au point que M. a tranché très vite parce que la jeune fille a été claire : s'il veut passer aux choses sérieuses, il devra brûler les étapes. Et trancher.
“ Elle m'avais placé devant un dilemme, en me disant : “fais-le par amour pour moi sinon tu oublie. Pas question de laisser tomber ma famille pour me marier toute seule comme une orpheline”. Je n'étais pas d'accord, et je me suis disputé avec elle. J'étais convaincu de toute façon que la distance aidant, je finirais par l'oublier. Et l'affaire serait classée. L'affaire ne fut pas classée du tout car je l'aimais vraiment. Et j'ai fini par céder. C'est vrai, je suis musulman sur les papiers, mais à la vérité, moi qui suis fondamentalement laïc, j'ai vécu cela comme une trahison à mes propres convictions. J'aurais préféré qu'on me laisse le choix. Mais je n'en veux pas à ma femme, mais à ses parents qui étaient intransigeants. Aujourd'hui je fais face à un autre problème. Oui ou non je dois circoncire mon fils ? Enfin je me pose des questions, trop de questions, auxquelles je n'ai toujours pas trouvé de réponse. Peut-être que sur le plan spirituel, je suis encore en décalage par rapport à une religion, que je respecte, mais que je ne connais pas tout à fait bien. Je crois que du fait que j'ai un enfant maintenant, me fais considérer l'Islam sous un autre angle : celui de la transmission. Et c'est une responsabilité très lourde...”.
“Renégat”, ou “illuminé”
Pour S., qui a embrassé l'Islam voici quelque mois, pour épouser un Tunisien avec lequel elle a plus que des atomes, crochus, la raison de son choix n'est pas seulement d'ordre sentimental. Elle a étudié la langue arabe le laps de deux étés à Tunis, et elle avait déjà une idée derrière la tête à son arrivée. Parce qu'elle s'est beaucoup intéressée aux religions, et a lu énormément de livres, en anglais, qui traitent de ce sujet qui lui tient particulièrement à cœur.
S. est américaine. Et on lui a conseillé, dans le cercle de ses proches, de se méfier de son ami, qui chercherait peut-être à l'épouser, juste dans l'objectif de partir en Amérique. Sauf que justement il ne voulait pas partir du tout. Il était fils unique et tenait beaucoup à ses parents.
Alors, après quelques tâtonnements, et confidence pour confidence, les deux tourtereaux en on fait des gorgées chaudes de leur méfiances respectives. Car il s'est avéré qu'au fiancé en question, on lui avait demandé qu'il surveille ses propos, devant cette jeune américaine “trop gentille pour être catholique. Elle doit être en mission pour la CIA...”.
Dans tous les cas de figure, être considéré comme un “renégat”, ou pris pour un “illuminé”, c'est toujours un risque à prendre... ou à laisser. D'une rive à l'autre, dans un sens ou dans l'autre, jusqu'à trouver réponse à ses questionnements. Et ce n'est pas donné d'avance...


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