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La poésie du réel
Semaine du cinéma iranien
Publié dans Le Temps le 08 - 02 - 2010

La semaine du cinéma iranien qu'abrite la maison de la culture Ibn Rachiq jusqu'au 7 février, présente des films de production récente réalisés par des cinéastes moins connus mondialement mais qui représentent un cinéma actif et productif.
En moins de 20 ans, le cinéma iranien s'est imposé dans tous les festivals internationaux grâce notamment à des réalisateurs comme Abbas Kiarostami, Mohsen Makhmalbaf, Amir Naderi ou Dariush Mehrjui. Ils proposent un cinéma original, avec ses codes, ses références, son esthétique propre et qui est devenu un moyen d'expression essentiel capable de s'exporter. Qu'est-ce qui fascine tant dans les films iraniens ?
C'est sans doute, la manière sans équivoque avec laquelle les cinéastes appréhendent le réel en faisant part des préoccupations de la société sans recourir ni aux métaphores, ni aux symboles encore, sur le plan de la forme, à une mise en scène spectaculaire avec des effets de style complexes et compliqués.
Le cinéma iranien est un cinéma réaliste aux antipodes du cinéma américain. Un cinéma bouleversant par sa poésie et sa profondeur. Cette tendance réaliste, qui trouve son inspiration dans l'école italienne de l'après deuxième guerre, caractérise la majorité des cinéastes dont les œuvres sont souvent des révélations heureuses.
Sur l'histoire proprement dite du cinéma iranien, les manuels nous apprennent que les premières créations sont apparues dès le début du 20ème siècle sous forme de films documentaires. Ce n'est qu'à partir de 1930 qu'ont été réalisés les premiers longs métrages de fiction, tout d'abord, muets (Abi et Rachi Hadji Aga) puis dès 1933, parlants (la fille de Lor de A. Sepenta).
Le cinéma iranien se développe par la suite considérablement s'aventurant souvent avec bonheur dans de multiples genres cinématographiques : policiers, ruraux, sociaux, mélodramatiques et autres… Au cœur de ce développement, sont nées deux écoles appelées respectivement, « Djahelisme» et « Gharonnisme ».
Produisant jusqu'à 90 films par an, le cinéma iranien totalise plus de 2000 films dont une cinquantaine ont récolté des succès considérables dans les festivals internationaux grâce au talent de cinéastes dont beaucoup sont formés dans des écoles de beaux-arts parmi lesquels : Abbas Kiarostami, Amir Naderi, Massoud Kimiavi etc.
Le succès hors frontières arrive avec « Le Coureur » de Amir Nader (1985). Primé dans de nombreux festivals internationaux, le film fait le tour du monde. D'autres lui emboîtent le pas, mais c'est « Le goût de la cerise » de Abbas Kiarostami couronné de la Palme d'or au festival de Cannes 1997 qui fait entrer le cinéma iranien dans le panthéon du 7ème art.
Portés par cette vague, quelques jeunes cinéastes connaissent une ascension fulgurante. Tels : Bahman Ghobadi qui, avec son premier long métrage «Un temps pour l'ivresse des chevaux », obtient le prix de la Caméra d'or au festival de Cannes en 2000 ou Samira Makhmalbaf qui, à peine âgée de 18 ans, réalise « La Pomme » (1998) et «Le tableau noir » (2000).
Cette année, la semaine du cinéma iranien nous donne à voir de films intéressants à l'instar de « La Nuit » de Rassoul Sadr Amali. Cette œuvre réalisée en 2007 en langue perse, sous titrée en arabe, traite d'un thème à la fois, social et humain : le transfert d'un récidiviste dans une prison. Un agent de la police est chargé de conduire un dangereux prisonnier un jour d'hiver d'un froid rigoureux. Les conditions météorologiques sont si difficiles que le policier décide, à la tombée du jour, de passer la nuit avec le prisonnier dans une petite ville à l'Est de l'Iran.
Cet argument climatique va rapprocher les deux hommes dont l'hostilité va se transformer progressivement en apprentissage de l'amitié. Une idée intéressante portée par un scénario riche qui fait place à la poésie en mettant en œuvre les éléments naturels qui sont plus forts que l'autorité représentée par l'officier de police et la violence que symbolise le criminel. Ni l'un, ni l'autre ne pourront surmonter ou alors très difficilement, les obstacles créés par la nature. Il ne s'agit pas de fatalisme mais plutôt, d'une réflexion subtile sur la fragilité de l'homme qui, quelle que soit sa puissance, doit faire preuve non pas de résignation mais d'humilité. Le dernier tremblement de terre en Haiti et les cyclones en Polynésie nous montrent la vulnérabilité de l'être humain face à une nature déchaînée.
« La Nuit » est certes longue mais les deux hommes s'en sortent lorsqu'ils prennent conscience l'un et l'autre de la valeur de la vie qui ne tient à presque rien.
La force du cinéma iranien est dans sa capacité à mettre en jeu la nature comme personnage principal tout en créant une ambiance poétique voire mystique.


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