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Le crime passionnel n'était pas parfait
Enigmes judiciaires
Publié dans Le Temps le 30 - 04 - 2007

La salle d'audience était comble et la chaleur suffocante tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Tribunal, en ce début du mois de mai.
Un service d'ordre commençait à un moment donné à empêcher l'accès à la salle n°13, où siégeait d'habitude la Chambre criminelle, et ceux qui ne pouvait y pénétrer, restaient sur les bancs de la salle des pas perdus, afin d'attendre la fin de l'audience.
Tout le monde était, en effet, curieux de connaître les tenants et les aboutissants de cette affaire où était impliqué un illustre médecin dans le meurtre de celui qu'il prétendit avoir surpris avec son épouse, en flagrant délit, au domicile conjugal. Celle-ci l'avait échappé belle, ayant été secourue à temps après que son époux eut également tiré sur elle, une fois l'amant abattu. Il voulait également lui faire subir le même sort. Cependant, une fois qu'elle fut hors de danger l'épouse en question allait faire des révélations qui changèrent le cours des choses.
Le mari qui prétendait avoir agi pour venger son honneur et accusait son épouse d'avoir bafoué ses droits et souillé sa dignité fut démenti par celle-ci qui donna une version différente des choses.
Le jour des faits, le mari fut arrêté chez lui après que le prétendu amant était transporté à la morgue et l'épouse infidèle grièvement blessée, à l'hôpital, cela avait tout l'air d'un crime passionnel, ayant eu lieu au domicile conjugal, d'autant que le mari ne cachait pas sa fierté d'avoir vengé son honneur.
Il n'y avait aucun témoin, la bonne ayant été autorisée par le mari, de prendre quelque jours de congé chez sa famille.
" Mon épouse savait que j'étais de garde à l'hôpital, mais me sentant un peu fatigué, je me suis fait remplacer pour rentrer me reposer chez moi.
C'est en rentrant que j'ai surpris ma femme, au salon avec son amant ".
Déclarait-il à l'enquête préliminaire, ajoutant que depuis quelque temps, il avait douté du comportement de sa femme qui rentrait tard et n'était plus aussi affectueuse à son égard comme elle l'était auparavant.
Entretemps, la femme fut hors de danger, à la grande surprise du mari incarcéré.
A sa déposition elle souligna que la victime était plutôt son ami et le jour du drame c'est lui qui l'avait invité à dîner.
" C'est moi qui ait servi le dîner et après le café, je me suis retirée pour aller me reposer dans ma chambre. Ils restaient au salon et mon mari ouvrit une bouteille de whisky et remplit le seau de glaçons qu'il sortit du réfrigérateur . Après je me suis endormie pour être réveillée bien après, par un coup de feu.
Ahurie de voir cet invité gisant dans une mare de sang. Je n'ai pas eu le temps de réaliser que mon mari tirait sur moi, et je me suis retrouvée plus tard sur un lit d'hôpital ", affirma-t-elle avec une voix chevrotante et entrecoupée, étant au bord des larmes.
Le mari dans tous ses états démentissait sa femme en la taxant de mauvaise foi.
A la confrontation, il faillit par deux fois la gifler tellement il s'était emporté et il fut rappelé à l'ordre par le juge d'instruction qui le somma de se contenir.
Devant le Tribunal, il persista dans ses déclarations et le président du Tribunal quelque peu stupéfait trouvait que les propos de cet homme étaient plutôt incohérents, mais demanda à son épouse qui assista en tant que témoin quel intérêt avait son mari à la tuer.
" Je ne vous cache pas, monsieur le président, répondit-elle, que cela faisait une bonne période que nos relations n'étaient plus les mêmes Il avait changé de caractère et de comportement et on se disputait de plus en plus, à un point tel que je lui ait demandé le divorce. Il a refusé, et je l'ai menacé de le faire de ma propre initiative. Cela ne l'arrangeait pas. La maison était en mon nom, ainsi qu'une maison de campagne et une ferme que j'ai héritée de mon père. C'est pour cela qu'il décida de me tuer. C'était la meilleure façon pour garder tout à lui ".
Le mari, sur le banc des accusés avait l'air affecté.
" Monsieur le président, je vous ai dit ce qu'il en était. Comment aurais-je pu tirer sur quelqu'un de sang froid après l'avoir invité à dîner. Cela ne s'est pas du tout passé de cette façon.
Et puis la victime n'était pas un ami. Je la connaissais à peine ".
- " Non monsieur le président, déclara l'épouse en éclatant en sanglot. C'est une mise en scène. Il a voulu m'éliminer en sacrifiant également son ami".
Il faut dire que l'enquête révéla que le mari avait des relations d'affaires avec la victime qui dirigeait une importante société commerciale.
Y avaient-ils des problèmes d'argent entre eux ?
Et si c'était un coup monté par le couple, pour éliminer un élément gênant. Mais l'épouse ira-t-elle jusqu'à sacrifier sa vie ?
D'ailleurs le mari l'avait atteint au bras alors que la victime a été atteinte en plein cœur. Mais n'est-ce pas faire des extrapolations à n'en plus finir en raisonnant de la sorte, alors qu'en matière pénale, il faut des faits tangibles.
C'était pour cette raison que le Tribunal avait conclu à l'homicide volontaire pour condamner le mari à une peine conséquente.
Cependant celui-ci n'avait pas cru opportun de porter plainte pour adultère contre son épouse.
Il n'intenta pas non plus une action en divorce.
Ce qui ajouta au mystère resté à jamais entier.


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